Des travaux de réfection du stationnement sont amorcés au Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan, mais ces manoeuvres ne régleront pas les problèmes de manque d’espaces à court terme, selon le syndicat.

Centre fiscal: le covoiturage comme solution

SHAWINIGAN — Les travaux de pavage qui s’amorcent au Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan s’ajouteront aux problèmes de stationnement que rencontrent déjà les employés depuis plusieurs mois. La Ville de Shawinigan leur propose de laisser leur véhicule au Centre Gervais auto et de là, s’organiser en covoiturage pour se rendre au travail. Une suggestion qui n’enthousiasme guère le syndicat.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a avancé cette piste mardi matin, dans le cadre de la visite du député de Saint-Maurice - Champlain, François-Philippe Champagne, au DigiHub. Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités a notamment été interrogé sur la date à laquelle il comptait rencontrer les employés pour préciser l’échéancier des travaux annoncés à l’immeuble, en avril 2017.

La Ville de Shawinigan possède un très vaste terrain à l’arrière du centre, au bout des rues Jean-Duchesne et Georges-Bornais. Pourrait-elle le vendre à Services publics et Approvisionnement Canada, propriétaire de l’immeuble fédéral, pour lui permettre d’agrandir son stationnement?

M. Angers reconnaît avoir discuté de cette possibilité avec la direction locale. Le maire précise que le ministère responsable n’a encore formulé aucune demande pour acquérir ce terrain.

«Je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit un problème de stationnement», fait-il remarquer. «On considère que le covoiturage peut être une solution gagnante. Il y a des terrains disponibles, il y a des opportunités. Mais je pense que nous avons convenu de prendre les dispositions nécessaires pour encourager plutôt les gens à utiliser le transport en commun ou faire du covoiturage. Des actions vont se prendre à court terme et l’ajout de stationnement deviendra plus ou moins nécessaire. Dans l’éventualité où ça le deviendrait, nous aurions des terrains disponibles pour le gouvernement du Canada.»

«On parle d’environ 1200 places de stationnement et les effectifs vont monter à 1500 ou 1600», estime le maire. «Il n’y a pas une grosse différence et si on travaille sur d’autres mesures proposées, je pense que ces 1200 places seraient suffisantes.»

Normand Pelletier, conseiller syndical à l’Alliance de la fonction publique du Canada, fait la moue en commentant cette proposition. Il sait que le stationnement du Centre Gervais auto serait identifié comme rendez-vous des employés qui pourraient ensuite s’organiser, entre eux, pour se rendre à leur lieu de travail dans le secteur Shawinigan-Sud. M. Angers confirme que cette proposition se retrouve sur la table.

«C’est la super idée brillante qu’ils ont trouvée», ironise M. Pelletier. «C’est pas fort. À Jonquière, on a instauré un système d’autobus. Les gens se stationnent à un endroit et un autobus les amène au centre fiscal. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est un investissement de la Ville. À Shawinigan, on dit aux gens de se stationner à l’aréna et de se débrouiller!»

M. Pelletier fait remarquer que ces fonctionnaires travaillent à des horaires variables, pour faciliter la conciliation travail-famille. Dans son esprit, le covoiturage devient plus difficile à appliquer, surtout en considérant les situations d’urgence où il faut quitter le bureau pour s’occuper d’un enfant, par exemple.

«Je trouve que ça n’a aucun sens», insiste le représentant syndical. «Comme d’habitude, Services publics et Approvisionnement Canada balaie ça sous le tapis, ne prend pas ses responsabilités. On se pense à Toronto, où il passe un métro ou un autobus aux trois minutes.»

M. Pelletier s’insurge également contre la perception selon laquelle le nombre de stationnements disponibles suffise à la demande.

«Il faudrait que le maire aille voir à 8 h 30 le matin», suggère-t-il. «Il verrait du monde virer de bord parce qu’il n’y a plus de stationnement.»

Champagne en attente

Pendant ce temps, M. Champagne ne peut toujours confirmer aucune date de rencontre avec les employés du Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan. Il rappelle qu’il veut réunir, à la même tribune, Revenu Canada et Services publics et Approvisionnement Canada afin de répondre à toutes les questions.

À la fin août, le député de Saint-Maurice - Champlain reconnaissait qu’il fallait démontrer plus de transparence dans les échéanciers concernant la première phase des travaux de réfection de 12 millions $ annoncée en avril 2017. Le syndicat dénonce le secret entourant ce projet.

Le 10 septembre avait d’abord été avancé comme date possible de rencontre avec les employés, mais l’événement a été annulé. Depuis, l’attente perdure.

«C’est le dossier numéro un que j’ai en tête», assure M. Champagne. «Il y avait un conflit d’horaire la dernière fois et on est en train de régler ça. Je pense que nous aurons la chance de rencontrer les gens du centre fiscal prochainement.»

En attendant, le ministre demeure rassurant.

«La pérennité du centre fiscal est là», souligne-t-il. «On parle maintenant d’amélioration, mais nous avons ajouté des postes permanents de travail, ce qui a ramené certaines questions sur la réalisation des travaux, sur les échéanciers.»