L'évêque de Nicolet, Mgr André Gazaille.

Vers la création d'un Festival de l'Église nicolétaine

Un rapport sur l'état de l'Église dans le diocèse de Nicolet révèle, sans surprise, une situation difficile autant du point de vue financier que des ressources pastorales.
Pour secouer la torpeur des paroissiens et améliorer la collecte de fonds, ses auteurs recommandent la création d'un projet rassembleur, un Festival de l'Église nicolétaine inspiré de La nuit des églises en France. Le projet a été reçu positivement par l'évêque, Mgr Gazaille, mais il ne verra toutefois pas le jour cette année compte tenu du travail que représente sa mise sur pied.
«On peut dire que c'est le projet le plus visible qui a été retenu, mais il y en a d'autres», a commenté Luc Benoît du service des communications du diocèse. Un des principaux constats, c'est que les gens ne savent pas ce qui se passe dans leur paroisse. Il faut développer une culture des communications. Le festival est la réponse la plus visible au problème d'une Église invisible», résume-t-il.
«L'idée, c'est d'unir les forces, renchérit Claude Larose, économe du diocèse. Chacun fait une collecte de fonds mais parce que nous ne sommes pas unis, ça se sait juste localement. Mais si on fait un festival, les médias vont mieux nous suivre et en mettant en commun l'argent disponible pour la publicité, on pourra en faire plus. Avec un festival, on peut créer des moments forts de prière, de ressourcement, d'activités-bénéfices. Tout cela sur une même période, environ une dizaine de jours.»
Comme on s'en doutait, ce ne sont pas que les finances qui sont mal en point dans le diocèse de Nicolet. Loin s'en faut. Les prêtres vieillissent, les bénévoles aussi et la relève se fait rare. Le diocèse compte actuellement 34 prêtres dont l'âge moyen est de 63 ans, ainsi que 29 agents de pastorale d'âge moyen de 55 ans. Selon les prévisions, en 2030, il ne restera... qu'un évêque et deux prêtres! «Ça veut dire qu'il va falloir voir les choses différemment et réorganiser les services», admet M. Benoît.
La charge de travail augmente déjà constamment pour les prêtres et les agents de pastorale qui restent. Quant aux paroissiens, beaucoup regardent ailleurs. Comme partout au Québec, on fait face dans le diocèse de Nicolet au désintéressement et à l'ignorance des nouvelles générations. Il faut maintenant préparer les enfants et les parents aux sacrements et parfois même les grands-parents! Un impact direct de la déconfessionnalisation du système éducatif, note-t-on.
On assiste aussi à l'apparition de nouvelles pratiques touchant le mariage et les funérailles, autre cause de la baisse des revenus qui, au mieux, stagnent ou fondent comme neige au soleil. On baptise moins, (mais encore beaucoup) et on se marie moins. Les premières communions ont fondu de 40 % et les confirmations de près de 60 %! Or, le sacrement de confirmation est essentiel pour se marier religieusement ou pour être parrain ou marraine.
«Il y a des gens qui ne savent pas du tout ce qu'est la confirmation, déplore M. Benoît. Il faut aussi expliquer que ce n'est pas qu'une question légale mais aussi un surcroît de vie avec le Seigneur.»
On comprend que les paroissiens recherchent alors des leaders forts et réclament que leur évêque et leurs prêtres soient plus près d'eux, et de leur fabrique qu'elle les tienne davantage au courant des besoins.
Rappelons que c'est au printemps 2011, avant son départ à la retraite, que Mgr Raymond St-Gelais avait formé un Comité d'étude sur le financement des paroisses. À son arrivée la même année, son successeur, Mgr André Gazaille, avait maintenu le mandat du comité et attendait un portrait de la situation financière des fabriques, les résultats de la consultation menée auprès de la base et enfin, des propositions de pistes à explorer «pour assurer financièrement la mission de l'Église.»
Les travaux ont débuté le 22 août 2011 avec l'acheminement d'un sondage aux 63 fabriques du diocèse. 70 % d'entre elles ont répondu ce qui représente 92 % en terme de population. «Je suis très heureux de ce taux de réponse», souligne Claude Larose. Le rapport final a été remis à Mgr Gazaille le 11 juin dernier. Depuis, les conclusions ont été présentées aux fabriques. C'est aussi à ces dernières qu'il reviendra d'entamer une réflexion sur l'avenir des églises. En 10 ans, on est passé de 85 fabriques à 26 d'ici l'été prochain
À ce sujet, M. Larose souligne que chaque immeuble dispose de son carnet santé et qu'on n'envisage aucune fermeture d'église pour l'instant. «On ne dit pas qu'il n'y en aura pas mais le processus de création de nouvelles paroisses a été mené surtout pour bien servir la mission de l'Église. On dit aussi qu'il faut s'interroger sur la santé de l'immeuble et qu'avant d'investir de l'argent, il faut savoir ce qu'on fera avec. Cela dit, on sait quels immeubles vont coûter plus cher que d'autres. Mais on n'a pas fait l'exercice pour dire quelle église on fermera ou non. Ça revient aux fabriques qui ont un guide pratique pour les aider.»
Par ailleurs, l'économe note que depuis la vague de réparations importantes qui ont eu lieu dans les églises patrimoniales ces dernières années, grâce au fonds du Patrimoine religieux, il ne reste qu'un seul gros dossier à régler, soit celui de l'église de Saint-Christophe d'Arthabaska, qui sera rénovée en 2014.