Voilà à quoi pourrait ressembler le site du Grand Séminaire de Nicolet une fois le dézonage complété.

Vente du Grand Séminaire: des citoyens s'opposent au changement de zonage

Alors que le Grand Séminaire de Nicolet veut se débarrasser de son zonage institutionnel pour permettre une vente éventuelle de ses actifs à des fins de développement résidentiel et commercial, des voix s'élèvent déjà pour s'y opposer parmi la population.
<p>L'un des opposants, Jacques Morand, prenant la parole sous l'oeil intéressé du supérieur du Grand Séminaire de Nicolet, M. l'abbé Florent Pariseau.</p>
<p>Après le questionnement du citoyen Louis Caron, le consultant dans le dossier, Jean-Guy Doucet, a tenu à apporter des précisions.</p>
«On a un joyau. C'est le poumon de la ville. Sept des huit citoyens de la rue de Monseigneur-Panet, nous voterons contre», a clairement laissé entendre l'un d'eux, Jacques Morand, lors de la soirée de consultation publique concernant le projet de règlement pour le changement de zonage. Mais il s'est dit prêt à discuter avec le supérieur du Grand Séminaire, M. l'abbé Florent Pariseau, qui était présent à la rencontre.
Si la modification vise à autoriser l'arrivée de commerces de services sur le boulevard Louis-Fréchette, elle ouvre la porte à la construction d'habitations unifamiliales et multifamiliales. Selon ce que Le Nouvelliste a appris, des investissements potentiels de dix millions de dollars se dessinent à l'horizon si la demande pour changer le zonage n'est pas rejetée.
D'entrée de jeu, Jacques Morand a fait remarquer au maire Alain Drouin qu'on allait «enlever 100 pieds de la pinède». «S'il y a de la construction, il y aura obligatoirement de l'abattage», a admis le premier magistrat.
Pour sa part, le consultant dans le dossier, Jean-Guy Doucet, a reconnu «qu'il faut en couper quelques-uns», faisant bondir M. Morand qui parle plutôt d'une centaine de pins. «On va en garder le maximum. Mais la plupart des pins sont à maturité et ils devront être abattus», a renchéri M. Doucet.
De son côté, un autre citoyen, Louis Caron, a demandé au maire Drouin «où est l'urgence de développer la Ville au plan domiciliaire?». «Vous désavantagez qui? Vous privez la Ville d'une richesse en reniant la zone institutionnelle», a-t-il affirmé.
Or, le maire de Nicolet a répondu avoir regardé le dossier par la lorgnette de la gestion. «Ce terrain a une valeur sentimentale, sociale, historique et financière. On a regardé la possibilité d'en devenir propriétaire et de le conserver en parc. Mais on n'a pas les moyens de faire ça. Et pour les propriétaires actuels, c'est la même affaire», a expliqué celui qui a déjà eu l'idée d'y installer l'hôtel de ville, la MRC et la bibliothèque.
Celui-ci a fait le parallèle avec tout propriétaire qui doit vendre sa maison pour des questions financières. «Ce n'est pas dans l'urgence de vendre ou pas vendre. J'ai fait un deuil du terrain comme maire. Et la Ville ne pourrait pas dire au propriétaire qu'on barre le chemin alors qu'on n'a pas les moyens de nos ambitions», a ajouté M. Drouin tout en précisant que la démarche est à l'avantage du propriétaire, soit l'évêché.
Par ailleurs, Jean-Guy Doucet a expliqué aux opposants que la bâtisse de 60 000 pieds carrés n'abrite plus que huit prêtres. La majorité des locaux sont vacants ou peu utilisés. Seule une petite superficie à l'arrière est louée à deux organismes de service.
Le Grand Séminaire de Nicolet a été construit en 1952 sur un vaste terrain de 65 000 mètres carrés dont la façade longe l'artère stratégique du boulevard Louis-Fréchette. Dans les années 60-70, l'établissement recevait 65 jeunes séminaristes alors qu'une dizaine de prêtres enseignants y résidaient.
Une opposante a expliqué au maire que «c'est un choix qu'on a fait de s'installer avec un parc privé en avant». «Ce sont les nouveaux arrivants qui vont avoir la plus belle vue», a-t-elle poursuivi.
Or, une analyse sommaire des marchés commercial et résidentiel de Nicolet et des environs confirme que le site offre un excellent potentiel de développement. Dans un document obtenu par Le Nouvelliste, on évoque la situation stratégique du bâtiment principal, «en excellent état», et sa configuration interne qui le rendent très attrayant pour une conversion en bureaux et locaux de services.
On y voit finalement une occasion de renforcer le pôle centre-ville et consolider les activités économiques du boulevard Louis-Fréchette.
Normalement, le règlement modifiant le zonage institutionnel devrait être adopté à la séance publique du 10 mars prochain. Il s'en suivra un échéancier permettant la tenue d'un registre.