Les tablettes se sont vidées, dimanche, à l'Épicerie Les Becquets alors que les propriétaires ont mis la clé sous la porte.

Triste journée à Saint-Pierre-les-Becquets

Les citoyens de Saint-Pierre-les-Becquets n'avaient pas le goût de sourire, dimanche. C'est avec beaucoup d'émotion, d'accolades et de tristesse que la seule épicerie du village a connu ses derniers moments de vie.
<p>L'Épicerie Les Becquets a fermé ses portes dimanche.</p>
Depuis 17 h, dimanche, l'Épicerie Les Becquets est définitivement fermée. Les propriétaires ont liquidé la marchandise au cours du week-end en saluant une dernière fois les clients.
«C'est difficile. À chaque client, surtout ceux de qui on était proche, on s'est fait un dernier câlin... le coeur gros. Les gens ont beaucoup de peine. On avait beaucoup de clients fidèles et on entretenait un bon lien avec eux. Il y en a qui venaient ici, qui n'allaient jamais ailleurs et ils sont très désappointés. Le problème, c'est qu'il n'y en avait pas assez», mentionnait la copropriétaire de l'épicerie Les Becquets, Diane Martinet, peu de temps avant de mettre la clé sous la porte dimanche.
Des employés de l'entreprise, maintenant sans emploi, étaient également découragés de la situation. Bien qu'ils aient été informés, il y a déjà quelques semaines, du destin du marché d'alimentation, ce sont les derniers jours qui ont été les plus difficiles.
«On l'a appris d'avance et ça fait deux semaines qu'on vit dans les émotions. On le voyait venir, on s'en attendait, mais ça donne un choc quand même. [...] Ça nous touche, mais on n'a pas le choix. J'ai travaillé jeudi et vendredi. C'est là qu'on a fait nos accolades, même si on va se revoir», racontait Ginette Paris.
«Il y a même des gens qui pleuraient tandis que d'autres ne réalisaient pas encore ce qui se passait, avant de voir les tablettes vides», a-t-elle ajouté.
La situation soulève également des interrogations auprès des citoyens, qui devront se tourner vers d'autres lieux pour faire leurs achats.
«Après l'épicerie, c'est la caisse populaire qui est en danger maintenant. Si les gens vont faire leur épicerie à l'extérieur, ils risquent également de faire pareil avec leurs transactions bancaires. Il va falloir commencer à y penser sérieusement aussi avant que la caisse y passe. Déjà qu'on perd beaucoup avec l'épicerie», soulignait Lucie Dufresne.
Toutes les raisons étaient bonnes, dimanche, de se rendre une dernière fois à l'Épicerie Les Becquets; nostalgie, émotions, ou encore, les bons rabais. «On est ici parce qu'on a vu l'article dans Le Nouvelliste. Nous sommes de l'extérieur. On a décidé d'arrêter en passant pour profiter des aubaines. On trouve la situation quand même plate pour les habitants», affirmait Louis Lafleur.
D'autres ont été surpris par la vente de fermeture. «Je n'étais pas au courant et je suis très surprise! J'avais l'impression que ça fonctionnait très bien», disait Louise Martel, une dame de Gentilly qui arrêtait quelques fois faire des emplettes dans le commerce.
Il n'y a pas que les citoyens qui seront touchés par la disparition du marché d'alimentation. Les propriétaires de chalet devront, eux aussi, subir les contrecoups. «On a un chalet ici, on est bien déçu. C'était super proche et tellement pratique. On ne pourra plus miser sur la proximité et la facilité, il va falloir tout prévoir d'avance», confirmait une fidèle cliente.