Sainte-Perpétue agit en mode prévention en vue du Festival du cochon de cette année.

Présence policière accrue au Festival du cochon

Force est de constater que le doute soulevé par Georges Laraque sur le traitement réservé aux animaux lors du Festival du cochon de Sainte-Perpétue n'est pas demeuré lettre morte. Alors que des dizaines de bénévoles s'activaient mercredi à mettre les bouchées doubles pour visser les derniers boulons des installations qui accueilleront jusqu'à dimanche près de 35 000 personnes, la menace de manifestation planait toujours sur le site.
<p> Michel Jutras, directeur général du Festival.</p>
<p>Samuel Beauchemin, directeur des communications.</p>
Dès l'entrée du village, par la route 259, sous la pancarte souhaitant la bienvenue aux visiteurs, on peut voir un panneau signalant une «présence policière accrue». Sur le site même des activités, plusieurs enseignes, accrochées à des endroits stratégiques, informent les festivaliers que «les manifestations sont interdites» tout au long du festival.
L'organisation justifie cet affichage - une première en 37 ans d'existence - par son désir de prévenir au lieu de guérir et, du même coup, s'assure que tous savent maintenant à quoi s'en tenir.
«C'est de la prévention. Il y a tellement de choses qui se disent sur les médias sociaux que c'est difficile pour nous d'évaluer ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Considérant que le festival se déroule sur un terrain privé, il n'y a pas de manifestants admis ici», souligne le directeur des communications Samuel Beauchemin.
Malgré cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de l'événement, les forces de sécurité n'ont pas été augmentées. Outre l'affichage, aucune mesure particulière n'a été mise sur pied pour intensifier le niveau d'ordre et de paix sociale. M. Beauchemin soutient du même souffle que la sécurité a toujours été soigneusement pensée au Festival du cochon, «avec des effectifs aux bons endroits selon l'achalandage prévu».
«On aime être prêts, renchérit Michel Jutras, directeur général de l'événement. La sécurité est importante pour nous. Comme plusieurs pétitions circulent, on a préféré avertir les gens en affichant clairement les règles. C'est une première pour nous. On a toujours reçu des appels de gens qui n'aiment pas qu'on fasse des activités avec les animaux, mais une controverse de cette ampleur, c'est une première.»
Selon l'organisation, la population perpétuenne est rangée massivement derrière son festival. «Vous pouvez sonder n'importe qui à Sainte-Perpétue, tout le monde nous appuie. Le Festival du cochon, c'est le festival de tout le monde. Alors lorsqu'il y a une attaque envers la municipalité, les gens se mettent en mode défensif pour préserver l'image de leur festival», assure M. Beauchemin.
Certes, les quelques commerçants qui ont pignon sur rue profitent des retombées économiques engendrées par un événement de cette envergure, évaluées à 4 millions $ localement. Copropriétaire du Marché Richelieu, René Roy estime que son chiffre d'affaires double quasiment durant les festivités. «C'est important pour nous le festival. La controverse a failli dégénérer, mais au bout du compte ça nous a fait une bonne publicité.»
Même son de cloche de la part de la propriétaire du Casse-croûte du rang Saint-Joseph. «C'est exagéré, c'est charrier un peu. Si on ferme les festivals où il y a des animaux, tous vont y passer un par un», souligne Sylvie Lampron en retenant un brin d'exaspération.
Pourtant, il semble que le message de Georges Laraque et autres défenseurs des droits des animaux ait trouvé une oreille attentive auprès de certains Perpétuens. Rose-Marie Lemaire se montre très critique quant au sort réservé aux cochons de Sainte-Perpétue et tend à appuyer les propos de l'ex-hockeyeur.
«Il a peut-être raison. Je ne suis pas en désaccord avec lui. Laissez-moi vous dire que lorsqu'ils mettent le cochon dans le baril, ils le blessent. On dit qu'il n'y a rien de mal là-dedans, peut-être pour nous autres, mais nous autres on n'est pas le cochon.»
Quant à l'instigateur de cette polémique, Georges Laraque, il affirme qu'il n'a pas l'intention d'assister aux festivités, d'autant plus qu'il ne croit pas qu'une manifestation à Sainte-Perpétue aurait l'effet escompté. «Mon but a toujours été de renseigner et non d'encourager la violence. Organiser une manifestation serait à mon avis dangereux pour la sécurité des gens.»
Le Festival du cochon se déroule jusqu'au 3 août prochain. Les amateurs de gastronomie porcine auront le loisir d'y entendre divers artistes provenant de tous les horizons, tels Alexandre Barrette et Éric Masson ce soir, Éric Lapointe demain, Marc Dupré et les Gueules de bois samedi, ainsi que les BB et PA Lemay dimanche. Ces spectacles s'ajoutent aux activités générales qui font la renommée de Sainte-Perpétue, entre autres le défi extrême de sangliers demain, la course nationale du cochon graissé samedi et la course aux cochons familiale dimanche après-midi.
Notons enfin que le Festival du cochon de Sainte-Perpétue a bénéficié d'une subvention de 25 000 $ provenant du ministère du Tourisme du Québec. Son budget total avoisine le million de dollars.