Les Abénakis veulent participer à la vie économique

«On ne veut pas seulement revendiquer, on veut participer à la vie économique».
Cette déclaration du conseiller d'Odanak, Alexis Wawanoloath, résume bien cette volonté des Abénakis d'être considérés par les promoteurs des divers projets dans la région.
Et le Grand Conseil de la nation Waban-Aki (GCNWA) n'est pas sans remarquer «qu'il y a beaucoup de développement au parc industriel de Bécancour, sur notre territoire ancestral». «On veut que les compagnies viennent nous voir», plaide le directeur général du Conseilde bande de Wôlinak, Dave Bernard.
Même si le dialogue est ouvert avec les dirigeants d'IFFCO, le directeur général du Grand Conseil, Denys Bernard, signale que parmi les 2500 travailleurs du parc industriel, «il n'y a pas un Abénakis alors qu'on est à six kilomètres».
«Il faut qu'on devienne un incontournable et qu'on soit pris au sérieux», soutient-il tout en évoquant des démarches officielles auprès des ministres Blanchet et Zakaïb.
C'est avec en poche une offre de services techniques déjà convoitée ailleurs au Québec que Denys Bernard va rencontrer jeudi le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, «de qui on a toujours eu une bonne écoute».
Mais pour sa part, Dave Bernard ne peut s'empêcher de déplorer que les Abénakis ne soient pas représentés au sein du comité du Fonds de diversification économique de 200 millions de dollars. «C'est un petit irritant», a-t-il laissé échapper.
Par ailleurs, des portes ouvertes viennent d'avoir lieu à Wôlinak et Odanak pour le projet d'oléoduc de TransCanada. «On n'a pas officiellement donné notre appui», a toutefois précisé Denys Bernard qui veutd'abord connaître les impacts sur l'utilisation traditionnelle du territoire.
Car si les Abénakis ne se disent pas «contre le développement», ils tiennent à être consultés «en obtenant les vraies réponses» et à ce que des projets tels que, par exemple, le gaz de schiste soient «évalués et encadrés».
De toute évidence, les deux bandes abénakises veulent tourner la page à l'époque de la mauvaise presse et des chicanes. «On est rendu ailleurs que là. On est rendu au 21e siècle et on veut être proactif», affirme Denys Bernard.
À travers cette aspiration historique à l'autonomie et ces luttes de longue haleine autour des statuts autochtones, comme se plaît à signaler le chef du Conseil de bande de Wôlinak, Denis Landry, il y a cette vie communautaire dont les problématiques sociales ne sont pas différentes du reste du Centre-du-Québec.
«Ça va quand même bien, on a une offre de services préventifs et un plan de services à l'enfance et à la famille», soutient le directeur des services sociaux, David Cadieux.
Déjà favorisées par une localisation géographique semi-urbaine et donc moins isolée, les communautés de Wôlinak et d'Odanak se donnent finalement les moyens pour minimiser les problèmes sociaux: aide aux devoirs, patinoire, maison de jeunes et bibliothèque, pour ne nommer que ceux-là.
Revaloriser le sentiment d'appartenance et l'identité communautaire, créer des relations communautaires saines et harmonieuses, augmenter l'espace des jeunes au sein de la communauté, diminuer la dépendance à l'alcool et aux drogues, appuyer le développement des familles et valoriser le rôle parental: voilà autant d'objectifs spécifiques en matière de services sociaux.