La copropriétaire de l'Épicerie Les Becquets, Diane Martinet.

La seule épicerie de Saint-Pierre-les-Becquets ferme ses portes

Après avoir pris la relève de la Coopérative de solidarité alimentaire des Seigneuries il y a deux ans et demi, les propriétaires de l'Épicerie Les Becquets ont récemment dû se résigner à fermer leur commerce, qui constituait la seule épicerie de la petite localité du Centre-du-Québec.
Yves Tousignant
Bien qu'elle se soit montrée peu bavarde lorsque Le Nouvelliste l'a jointe au téléphone en fin de journée jeudi, l'une des propriétaires, Diane Martinet, a indiqué que le faible achalandage constitue la raison de cette fermeture.
«Ce n'est pas compliqué, ce n'était pas rentable. Nous avons persévéré car on pensait que ça le deviendrait à un moment donné, mais ça n'a pas levé. Les ventes n'étaient pas au rendez-vous. On avait des clients fidèles, mais pas assez. On présume que les gens allaient faire leur épicerie ailleurs, car on ne les voyait pas. Si le monde avait embarqué, on aurait pu être capable», a-t-elle mentionné avant d'ajouter qu'elle sort quelque peu échaudée de cette aventure.
Rappelons que les propriétaires avaient investi plus de 400 000 $ afin de relancer l'épicerie après l'échec de la Coopérative de solidarité alimentaire des Seigneuries en juin 2011. La coopérative avait elle aussi dû cesser ses opérations pour des raisons similaires après avoir pris la relève de l'épicerie J.N. Mayrand, qui avait fermé après 38 ans en 2009.
Bien que le commerce soit déjà officiellement fermé, les propriétaires ouvriront leurs portes samedi et dimanche, de 9 h à 17 h, afin de liquider la marchandise, et ce, à des prix réduits.
Le maire de Saint-Pierre-les-Becquets, Yves Tousignant, est très déçu que sa localité se retrouve sans épicerie. Natif de l'endroit et lui-même fils d'épicier, il se dit nostalgique de l'époque où Saint-Pierre-les-Becquets comptait quatre épiceries et une boulangerie.
«C'est une très mauvaise nouvelle, surtout en ce début d'année. Un village en forme, un village dynamique doit avoir une épicerie, une école primaire, un bureau de poste et une église. Mais je n'en veux pas aux propriétaires. En affaires, ça prend un bon chiffre d'affaires et un encouragement local. Même s'ils ont envoyé des avis à la population, ça n'a pas marché. Il y a moins de fidélité du côté des consommateurs qu'anciennement», a fait remarquer le premier magistrat élu en novembre dernier.
Conscient que les deux récents échecs indiquent que les chances sont minces qu'un épicier vienne s'installer prochainement dans son village, le maire voit tout de même mal ce dernier sans endroit où acheter de la nourriture.
Dans cette optique, il a approché les dirigeants de la Coopérative agricole régionale de Parisville, qui ont une succursale à Saint-Pierre-les-Becquets, afin de sonder leur intérêt à ajouter un volet alimentaire à leur établissement, qui compte déjà une station-service et une quincaillerie.
«Ils avaient déjà un peu de dépannage avec des produits laitiers. Le directeur général a bien accueilli cette suggestion. C'est certain qu'il n'y aura pas une épicerie comme celle qui vient de fermer, mais il pourrait au moins y avoir un dépanneur. À court terme, ça nous prend une solution», a laissé tomber le maire.