La Résidence L'Amour des Aînés à Saint-Wenceslas, une résidence de 15 chambres pour personnes âgées autonomes et semi-autonomes légères, doit fermer ses portes après presque 15 ans d'existence.

La résidence L'amour des aînés forcée de fermer ses portes

La Résidence L'Amour des Aînés de Saint-Wenceslas, une résidence pour personnes âgées autonomes et semi-autonomes légères, se voit contrainte de fermer ses portes.
En confirmant la nouvelle au Nouvelliste, hier, la propriétaire des lieux, Colette Turner, a indiqué qu'elle avait réuni les résidents et les membres de leur famille, la veille au matin, pour leur annoncer cette bien triste nouvelle et leur expliquer dans quelle situation financière elle se trouvait.
«Depuis qu'ils savent qu'ils doivent partir, des résident(e)s pleurent. Ils sont malheureux de quitter leur village. La majorité était des vieux résidents de Saint-Wenceslas. C'est l'endroit où ils voulaient mourir car on leur donnait vraiment de très bons services, très personnalisés, et on insistait beaucoup sur le côté valorisation des personnes âgées. On leur permettait de mourir dans la dignité», de dire Mme Turner, manifestement très attristée par ces événements et amère envers le gouvernement.
Mme Turner devra partir elle aussi à très court terme, peut-être même en fin de semaine. «Je ne sais même pas où je m'en vais. Je perds tout et je tombe sur l'aide sociale», a-t-elle confié, des sanglots dans la voix.
Mme Turner, qui a déjà tenu dans le passé deux autres maisons d'hébergement à Nicolet et à Trois-Rivières-Ouest, occupait elle-même une chambre au sous-sol de la maison où quelque 300 000 $ avait été investis par les premiers propriétaires de l'Amour des Aînés, en 1996, et où elle-même avait ajouté pour 60 000 $ de rénovations entre les années 2005 et 2008.
«Lorsque je les ai réunis en présence de leurs familles et des gens du CLSC, mardi matin, je leur ai annoncé que la résidence fermait ses portes parce que je n'étais pas capable de trouver d'autres locataires pour occuper les chambres libres et que j'étais acculée à la faillite parce que le gouvernement avait saisi mon argent et que je n'en avais plus pour acheter l'épicerie», a relaté Mme Turner, elle-même propriétaire de cette maison de chambres depuis le 1er août 2003.
Les choses allaient pourtant relativement bien jusqu'à il y a un an. Selon Mme Turner, les 15 chambres, 7 au rez-de-chaussée et 8 à l'étage, étaient toutes occupées en mars 2010. Or, entre le mois de mars et la fin de décembre 2010, cinq des résidents sont décédés sans que la propriétaire ne puisse trouver à louer les chambres devenues ainsi vacantes.
Les revenus ont commencé à manquer de sorte que la propriétaire s'est trouvée incapable, au cours des sept derniers mois, de payer les déductions à la source (DAS) sur les payes des sept employées, toutes à temps plein (35 heures par semaine).
Mme Turner dit avoir écrit au ministère du Revenu pour demander un délai et tenter de prendre entente. Ce fut sans succès.
Elle avait aussi fait une demande pour que les sept chambres du rez-de-chaussée soient converties en ressources intermédiaires (RI). Elle en a obtenu deux. Sa situation financière s'est détériorée au point, a-t-elle signalé, que Revenu Québec a saisi l'argent qu'elle avait dans ses comptes à la Caisse populaire de Saint-Wenceslas.
Dès mardi, soit le jour même de l'annonce, les premiers résidents ont commencé à quitter les lieux, en ambulance ou en véhicule de transport adapté, en route vers des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la région.
Une autre fera de même aujourd'hui. Et les derniers seront transportés au plus tard demain, a indiqué Mme Turner, dans des résidences privées de Précieux-Sang, Saint-Célestin, Saint-Léonard-d'Aston et Sainte-Eulalie.
Quant aux sept employées, deux cuisinières et cinq préposées, elles devront maintenant se mettre à la recherche d'un nouvel emploi.
La Résidence L'Amour des Aînés, située en plein coeur du village de Saint-Wenceslas, en face de l'église, avait accueilli ses premiers résidents le 30 août 1996.