Dans l’ordre habituel, on retrouve Linda Proulx, Francine Baril, Sylvie Gagné, François Melançon et Isabelle Bombardier.

La pauvreté: «Une loterie qui ne fait que des perdants»

Nicolet — C’est sous le thème des jeux de loterie que le Collectif de lutte contre la pauvreté du Centre-du-Québec a lancé, lundi, sa cinquième campagne de cartes de Noël. Illustrées par l’artiste Mathilde Cinq-Mars, celles-ci exposent le portrait de quatre personnages en situation de pauvreté .

Ainsi, Michel, le personnage qui reçoit des prestations d’aide sociale, est «Perdant à tous les mois», Malaïka, qui travaille à temps plein toute l’année, n’a «Pas de célébration», alors que Suzanne, jeune retraitée, tourne «La roue de l’infortune» et que la famille Tremblay-Diaz ne peut s’offrir «Rien d’Extra». 

Selon les organisateurs, la référence à la loterie rappelle l’implacable réalité selon laquelle «la pauvreté n’est pas un choix» et que pour l’éliminer, ce n’est pas de chance que le Québec a besoin, mais de volonté politique. 

«On est loin de la simplicité volontaire qu’on a idéalisée. Les causes de la pauvreté plongent ses racines au coeur des logiques capitalistes et des idéologies néolibérales qui caractérisent nos sociétés occidentales», précise le coresponsable du Collectif, François Melançon.

«La pauvreté est comme un gratteux sans lot gagnant», renchérit Linda Proulx, du Regroupement de défense des droits sociaux de Nicolet. Témoin de situations de pauvreté, cet organisme participe à la campagne, tout comme les corporations de développement communautaire de Nicolet-Yamaska et de la MRC de Bécancour, le Centre d’action bénévole, la Ressource aide alimentaire et le diocèse de Nicolet. 

Ces organisations distribueront au cours des prochains jours les quatre sortes de cartes auprès de leurs membres et de la population en général, incitant les citoyens à les expédier au député Donald Martel.

«C’est une façon de rappeler la nature politique des enjeux de la pauvreté alors que le gouvernement tarde toujours, avec plus de deux ans de retard, à publier une nouvelle politique d’action gouvernementale en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale qui pourrait faire une différence significative», a-t-on fait savoir.

Une personne sur dix ne peut couvrir ses besoins de base que sont notamment l’alimentation, le logement et l’habillement, «une réalité indécente», dénonce M. Melançon.