L’un des propriétaires, Jean-Claude Parr, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, l’autre propriétaire, Steve Garceau, et le directeur, François Pépin, procédant à la première pelletée de terre du Complexe équestre.

Jean-Guy Dubois sort enfin sa pelle

BÉCANCOUR — «Je suis vraiment fier de cette première pelletée de terre, une vraie, par des gens de chez nous». Voilà comment le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a souligné le début des travaux de construction du Complexe équestre de Bécancour qui verra le jour sur une partie du terrain de golf de Gentilly au coût de 11 millions de dollars.

Si la première phase devrait être complétée d’ici le 5 septembre prochain, la seconde, qui comprend la construction des manèges extérieurs, devrait être finalisée d’ici le 1er juillet 2019.

«C’est le plus beau projet au Québec, qui réunit deux mondes, le classique et le western. Ce sera viable, ayant déjà une douzaine de réservations en 2019», affirme le directeur actuel, François Pépin. Car celui-ci entend laisser sa place peu à peu à l’ancienne directrice des opérations au Parc équestre olympique de Bromont, Martine Fortin, tout en restant gestionnaire.

Selon lui, les retombées économiques du Complexe équestre de Bécancour seront de l’ordre de 7 à 10 millions de dollars. On y retrouvera des stalles pour chevaux, des manèges et des estrades intérieures et extérieures, des aires de jeux, une piscine et un stationnement.

Par ailleurs, M. Pépin a expliqué que ce projet d’envergure sera destiné à l’entraînement et aux compétitions régionales, provinciales, nationales et même internationales. Accueillant sept bâtiments, le centre comprendra, entre autres, toutes les installations nécessaires pour l’accueil et l’hébergement des chevaux.

Ce sont ainsi deux manèges intérieurs avec des estrades pour les compétitions, un manège extérieur, trois manèges de réchauffement et un pour le dressage qui seront érigés. À cela s’ajoute un parcours d’équitation d’une longueur de sept kilomètres avec des obstacles et des jeux d’habileté.

Déjà, le chantier était en marche au moment de la cérémonie organisée en présence des membres du conseil municipal, du député fédéral Louis Plamondon, de son homologue provincial Donald Martel et de ses deux adversaires en vue des prochaines élections, Marie-Claude Durand, du PLQ, et Lucie Allard, du PQ. Pourtant annoncée dans la convocation de presse, la ministre régionale Julie Boulet était absente.

«C’est une nécessité pour le monde équestre. C’est un site qui va attirer des compétitions de l’étranger et permettre aux jeunes de la région de compétitionner», croit la présidente de Cheval Québec, Nicole Duplessis.

Impatient d’utiliser sa fameuse pelle, le maire Dubois ne s’attendait pas à l’utiliser pour un projet issu localement, après tous ces milliards d’investissements annoncés de l’extérieur qui n’ont jamais abouti. «On a eu beaucoup de licornes à Bécancour. C’est merveilleux ce qui se passe aujourd’hui (vendredi) comme exemple de développement endogène», a-t-il déclaré, tout en évoquant ces promoteurs qui convoitaient des tranches du Fonds de diversification économique créé à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire.

D’ailleurs, le premier magistrat a rappelé comment la fin de Gentilly-2 en 2012 fut marquante. «Cela a changé beaucoup de choses. On a refaçonné notre système économique», a-t-il confié.


« Je suis vraiment fier de cette première pelletée de terre »
Jean-Guy Dubois

Lors de la première annonce du Complexe équestre, celui-ci avouait qu’un tel projet venait «redonner l’espoir et réparer une cicatrice». «Et il y a 151 personnes qui ont perdu 980 000 $», avait-il soulevé par rapport à la faillite de la coopérative propriétaire du club de golf, découlant de la décision du gouvernement péquiste de renoncer à la réfection des installations nucléaires.

C’est que la situation financière du club de golf était devenue intenable sans la vente du vaste bâtiment adjacent. En 2008, la location du vaste entrepôt à Hydro-Québec, en prévision de la remise à neuf de Gentilly-2, était tombée à point. L’entente de 15 ans, renouvelable aux cinq ans, représentait des revenus totaux de 1,5 million $. Mais l’abandon du projet par le gouvernement Marois sera venu compromettre la contribution annuelle de 108 000 $ de la société d’État.

C’est donc Steve Garceau et Jean-Claude Parr qui avaient sauvé le club de golf Gentilly en s’en portant acquéreurs au début de 2016. C’est le même groupe de promoteurs qui est derrière le projet du Complexe équestre de Bécancour, après avoir mis la main sur le Mont-Bénilde et le Resto-Bar la Marina, à Sainte-Angèle-de-Laval, devenu Ô Quai des Brasseurs.

«Dans la dernière année, quelque 200 millions de dollars ont été investis à Bécancour et dans les deux dernières années, on a accueilli Airex, PureSphera, Shift», s’est plu à rapporter le maire Dubois.

À son avis, le projet du Complexe équestre cadre bien dans le décor naturel de Bécancour. Ce dernier a décrit la politique municipale comme un moyen de changer le monde avec, pour objectif, «l’indice de bonheur de nos citoyens».

«Et ce qui se passe avec l’aluminium, c’est peut-être un indice qu’on devrait le transformer chez nous au lieu de l’exporter», a-t-il conclu.