IFFCO passe en mode construction

Décidément, les bonnes nouvelles se succèdent cette semaine dans le parc industriel de Bécancour. Après l'annonce d'une usine de liquéfaction de gaz naturel de 570 millions de dollars, voilà qu'IFFCO passe en mode construction avec la confirmation, demain, d'un premier contrat pour la mise en chantier de son usine d'engrais au coût de 1,2 milliard de dollars.
S'échelonnant jusqu'en 2017, les travaux, qui devraient débuter cet été, vont nécessiter l'embauche de 1000 à 1500 travailleurs. Les installations seront érigées sur les anciens terrains de Norsk Hydro.
FFCO Canada est un consortium d'entreprises qui inclut Investissement Québec et La Coop fédérée. L'usine aurait un coût d'exploitation annuel de 270 millions de dollars en plus de générer 250 emplois directs et 500 indirects ou induits. La Coop fédérée a négocié avec IFFCO Canada l'achat de 500 000 tonnes par année d'urée pour une distribution exclusive en Amérique du Nord.
En janvier dernier, le BAPE s'était prononcé en faveur du projet. Au terme de son analyse, la commission d'enquête concluait que le projet répond à un besoin et que la proposition déposée par IFFCO Canada est acceptable d'un point de vue écologique, social et économique.
Du point de vue écologique, juger le projet acceptable peut paraître paradoxal. L'usine empiéterait sur des milieux humides, elle figurerait parmi les quinze installations les plus émettrices de GES au Québec et elle contribuerait à accentuer la dégradation de la qualité de l'air. Cependant, diverses actions portent la commission d'enquête à croire que le projet se traduirait en un gain pour l'environnement.
La venue du projet a été, pour le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, l'occasion de renforcer l'application de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables ainsi que de travailler avec la Société du parc industriel et portuaire et la MRC de Bécancour au développement d'un plan de gestion de la plaine inondable sur le territoire de la Société.
Il s'agit d'une première au Québec pour un parc industriel. Les compensations écologiques prévues dans ce plan incluraient les pertes passées et futures inhérentes au développement du parc.
Il appert essentiel pour la commission d'enquête que ce projet ne remette pas en question l'atteinte de l'objectif gouvernemental actuel de réduire les GES de 20 % sous le seuil de 1990. Une fois l'usine en exploitation, l'urée qui y serait produite permettrait d'abaisser de 30 % les émissions de GES du berceau à l'entrepôt par rapport à la situation actuelle, soit son importation au Québec.
Du point de vue social et économique, on souligne que les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont été éprouvées ces dernières années par de nombreuses fermetures d'usines et mises à pied. Les collectivités locales et la communauté d'affaires se sont montrées favorables au projet. Elles voient d'un bon oeil la création d'emplois de qualité et la diversification des opportunités d'affaires.
Un comité interministériel a accompagné IFFCO Canada dans ses démarches administratives et réglementaires. Les entreprises du parc industriel et portuaire de Bécancour travaillent pour une gestion efficace des risques technologiques et IFFCO Canada compte participer activement aux travaux du comité mixte municipalité-industries, ce qui contribuerait à améliorer la communication du risque aux citoyens.