Le député Donald Martel.

Fermetures de caisses: Donald Martel dépose une pétition

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a déposé hier, à l'Assemblée nationale, une pétition demandant au ministère des Finances et de l'Économie de modifier la Loi sur les coopératives de services financiers.
Cette pétition fait suite à la fermeture de trois centres de services de Desjardins au Centre-du-Québec, soit les caisses de Sainte-Angèle, de Bécancour et de Précieux-Sang.
La pétition signée par 448 personnes demande que toute fermeture de centres de services qui étaient auparavant des caisses autonomes, soit autorisée selon la procédure suivante: le projet de fermeture doit d'abord être soumis aux membres pour information en assemblée générale.
Après un délai de 30 jours, une assemblée extraordinaire doit être convoquée pour recevoir le rapport de consultation et décider par vote du projet de fermeture. Les signataires demandent également que la caisse populaire issue de la fusion respecte obligatoirement un délai de 10 ans avant de présenter en assemblée générale un projet de fermeture d'un centre de services créé à la suite d'une fusion.
Lorsqu'on demande au député caquiste s'il est entièrement d'accord avec le contenu de cette pétition dont il s'est fait le porteur, il répond qu'il y met un petit bémol.
«Je peux comprendre que les caisses populaires veulent diminuer leurs frais d'administration pour être plus compétitives, admet-il. Mais là où je suis d'accord avec les pétitionnaires, c'est quand ils disent qu'accepter de se fusionner avec une caisse n'implique pas par le fait même de transférer au conseil d'administration le pouvoir de fermer le point de service.»
Le député voudrait que la loi soit plus claire. «La loi dit que le conseil d'administration peut prendre des décisions au sujet des affaires courantes. Fermer un point de services, ce n'est pas une "affaire courante'". Le problème, c'est que la loi en question a été faite pour ouvrir des caisses populaires, pas les fermer. Je pense qu'on est dû pour revoir la loi, justement pour mieux planifier les fermetures. Ça reste tout de même un mouvement coopératif. Encore une fois, je comprends la caisse de vouloir réduire ses frais d'administration. La coalition la première, comme parti politique, dit que l'État doit réduire ses frais. Mais je ne peux dire ça au nom de la CAQ et tenir un autre discours comme député. Mais c'est vrai que ce n'est pas ce à quoi on s'attend comme membre d'un mouvement coopératif. Si on veut donner un pouvoir à un conseil d'administration, qu'on le donne clairement dans la loi. Là, ce n'est pas clair. Par ailleurs, je trouve qu'il y a trop de belles vertus dans le mouvement coopératif Desjardins pour diviser les Québécois là-dessus.»
Pour sa part, Nicole Racine, porte-parole du groupe de protestataires, s'est dite heureuse que M. Martel ait déposé la pétition. Pour la suite des choses, toutefois, le groupe serait en réflexion à savoir s'il élargit ses actions ou s'il lâche prise.
«On s'attaque à un gros morceau, convient Mme Racine. Pour la pétition, il n'y a pas eu le nombre de signatures escompté. Nous avons réalisé que nous n'étions pas des gens de communication. Peut-être que le titre de la pétition était mauvais. C'est compliqué à expliquer aux gens. Ça ne se dit pas en une phrase. Mais on est contents que M. Martel fasse le dépôt. Pour la suite, on ne sait pas. Petit train va loin.»
Mme Racine ajoute que le groupe reprend courage lorsque la question de la fermeture d'un centre de services des caisses refait surface dans l'actualité, comme ce fut le cas récemment à Montréal. Elle reconnaît que la venue prochaine d'une campagne électorale serait un bon moment pour apostropher candidats et députés sortants sur la question, mais qu'encore là, il faut des gens disponibles pour mener la bataille.