La pinède du Grand Séminaire de Nicolet sera conservée dans le nouveau projet de changement de zonage.

Entente autour du Grand Séminaire de Nicolet

Fraîchement revenu de vacances, le maire de Nicolet, Alain Drouin, ne pouvait espérer meilleur dénouement dans le dossier du changement de zonage du Grand Séminaire de Nicolet. En effet, une entente est intervenue à la satisfaction des opposants qui ont obtenu la protection de la pinède dans la nouvelle version du projet de règlement.
<p>Le porte-parole des opposants, Jacques Morand, s'est dit satisfait de l'entente.</p>
«On s'est bien entendu», a lancé lundi soir le porte-parole du regroupement des citoyens de la sauvegarde du parc du Grand Séminaire, Jacques Morand, lors de la séance régulière du conseil municipal.
Alors que l'institution veut se débarrasser de son zonage institutionnel pour permettre une vente éventuelle de ses actifs à des fins de développement résidentiel et commercial, des voix s'étaient élevés pour s'y opposer parmi les citoyens de la rue de Monseigneur-Panet.
Si la modification vise à autoriser l'arrivée de commerces de services sur le boulevard Louis-Fréchette, elle ouvre la porte à la construction d'habitations unifamiliales et multifamiliales.
Des investissements potentiels de dix millions de dollars se dessinent à l'horizon si la demande pour changer le zonage n'est pas rejetée dans une éventuelle tenue de registre qui, toutefois, s'avère maintenant peu probable. Même que le tout sera vraisemblablement entériné définitivement à la prochaine assemblée d'avril.
«On aurait aimé que la Ville garde le Grand Séminaire, ce joyau. Mais on ne voulait pas de confrontation inutile, on a collaboré de bonne foi même si ce fut très ardu. Merci à la corporation du Grand Séminaire», a lancé M. Morand, remerciant du même coup le supérieur, l'abbé Florent Pariseau, et le conseiller Stéphane Biron.
Celui-ci insiste d'ailleurs pour que les promoteurs aient un plan de match, entre autres, au niveau de l'aménagement paysager.
«On aimerait conserver les arbres sur les terrains présents dans la cour du Grand Séminaire au lieu de les couper et d'y planter des petits poteaux», a néanmoins soutenu M. Morand, déplorant le fait que «certains vont avoir des maisons en avant de chez eux».
Dans la nouvelle mouture du projet de règlement, la Ville entend «resserrer les critères architecturaux et obliger de planter des arbres».
«Nous avons les mêmes intérêts que vous. On ne fera pas exprès pour les abattre», a soutenu le maire Alain Drouin, se disant «très content de ce résultat-là, de cette entente, de cette ouverture-là, de cet engagement citoyen». Des éloges partagés par son conseiller Stéphane Biron qui a salué les citoyens concernés «pour s'occuper des affaires de la municipalité».
Une autre citoyenne a exprimé sa préoccupation par rapport à futur bassin de rétention d'eau découlant de ce projet. Elle veut s'assurer qu'un système d'aération soit prévu afin d'éviter les mauvaises odeurs ou, encore, les moustiques.
La bâtisse de 60 000 pieds carrés n'abrite plus que huit prêtres. La majorité des locaux sont vacants ou peu utilisés. Seule une petite superficie à l'arrière est louée à deux organismes de service.
Le Grand Séminaire de Nicolet a été construit en 1952 sur un vaste terrain de 65 000 mètres carrés dont la façade longe l'artère stratégique du boulevard Louis-Fréchette. Dans les années 60-70, l'établissement recevait 65 jeunes séminaristes alors qu'une dizaine de prêtres enseignants y résidaient.
Or, une analyse sommaire des marchés commercial et résidentiel de Nicolet et des environs confirme que le site offre un excellent potentiel de développement. Dans un document de travail, on évoque la situation stratégique du bâtiment principal, «en excellent état», et sa configuration interne qui le rendent très attrayant pour une conversion en bureaux et locaux de services.
On y voit finalement une occasion de renforcer le pôle centre-ville et consolider les activités économiques du boulevard Louis-Fréchette.
Un «nouvel» hôtel de ville
Lundi soir, le conseil municipal a également adopté une résolution approuvant un projet de rénovation, de réaménagement et d'agrandissement de l'hôtel de ville qui, ironiquement, a failli se retrouver au Grand Séminaire, dans un ancien scénario.
Évalués à 1,2 million de dollars, les travaux pourraient toutefois être payés à plus de 50 % par le programme d'infrastructures Québec-Municipalités.
Selon l'administration Drouin, c'est un projet «qui est sur la table à dessin depuis quelque temps». Vieux de 30 ans, le bâtiment s'enfonce dans le sol en plus d'afficher des anomalies au plan de la climatisation et du chauffage. Et l'agrandissement permettrait de rapatrier le personnel du Service des loisirs.
«On est rendu à faire ce travail-là», conclut celui qui a aussi annoncé une étude sur le stationnement au centre-ville.