La présence d'amiante dans la résidence Marie-Reine-des-Coeurs (à l'arrière-plan), qui deviendra le centre administratif du campus de l'UQTR à Drummondville, ne freinera pas l'évolution du projet.

De l'amiante dans les murs

De l'amiante a été découvert dans les murs et dans les conduites de distribution d'eau de la résidence Marie-Reine-des-Coeurs, anciennement occupée par la congrégation des pères Montfortains et qui, à terme, deviendra le coeur administratif du projet de campus de l'UQTR en territoire drummondvillois. Récemment acquis par la Ville de Drummondville, ce bâtiment sera reconverti par l'Université en bureaux administratifs et en chambres pour étudiants. C'est une firme d'ingénierie mandatée conjointement par l'UQTR et par la Ville qui a conclu à la présence du minerai à texture fibreuse dans l'enceinte du couvent érigé en 1951.
Si la présence de cette composante cancérigène ne mettrait pas de plomb dans l'aile du projet, d'importants dépassements de coûts devront être envisagés si l'UQTR souhaite réaménager l'intérieur de l'édifice. Les frais seront alors imputés à l'Université, qui sera locataire des locaux selon les modalités d'un bail emphytéotique signé par lesdeux partis.
«Pour le moment, ce bâtiment n'est véritablement pas un enjeu. Si des améliorations locatives doivent être faites par l'UQTR, c'est elle qui prendra en charge tous les frais inhérents à ces améliorations. Par exemple, s'il faut faire tomber un mur et qu'on doit travailler avec de l'amiante, c'est l'UQTR qui fera les travaux, y compris la décontamination du site», souligne Sébastien Lépine, directeur de cabinet du maire de Drummondville Alexandre Cusson.
Ainsi, la présence d'amiante dans l'ancien couvent ne modifie en rien la participation financière de la Ville de Drummondville, et ce, même si elle sera propriétaire à part entière des infrastructures. «Une chose est sûre, l'amiante n'est définitivement pas un enjeu pour faire accélérer ou retarder le projet. Du moment où tous les partis savent qu'il y a de l'amiante et qu'ils continuent à aller de l'avant, c'est dire qu'il n'y a pas de problème», conclut M. Lépine.
Un son de cloche qui fait écho à la volonté de l'UQTR de faire cheminer ce projet de développement régional malgré ce petit caillou logé dans sa chaussure. La vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, assure que l'amiante ne bouleverse pas la progression du projet.
«L'amiante est dangereux lorsqu'il est volatil. Lorsqu'il est encapsulé dans les murs, comme c'est ici le cas, il n'y a aucun danger. Donc, si on ne change pas la vocation du bâtiment, c'est-à-dire qu'on garde les petites cellules d'hébergement des frères, on n'a pas à désamianter.»
Initialement, l'UQTR songeait à installer des classes dans la maison Marie-Reine-des-Coeurs, mais comme la présence d'amiante l'aurait obligée à décontaminer l'ensemble du bâtiment, cette option a rapidement été rejetée.
«Comme nous avons choisi d'utiliser le bâtiment tel quel, on ne fera pas de travaux, on ne changera pas un mur de place. Le message qu'il faut rappeler c'est que le projet du campus de l'UQTR à Drummondville nous permettra d'offrir des services de proximité partout au Centre-du-Québec, donc d'occuper notre territoire. C'est un projet très mobilisateur et porteur d'avenir pour l'Université», souligne avec enthousiasme Mme Giguère.
Mené de front par l'UQTR et par la Ville de Drummondville, ce projet se développera en trois phrases distinctes. D'emblée, la Ville de Drummondville construira à ses frais un bâtiment pouvant accueillir des salles de classes et des locaux destinés aux activités pédagogiques des 1600 étudiants envisagés.
Pour répondre aux besoins de sa clientèle, l'UQTR pourrait, dans un deuxième temps, procéder à un agrandissement du nouveau bâtiment. Par la suite, la bâtisse située à l'arrière de la nouvelle construction, l'actuel couvent des frères Montfortains, sera reconvertie en bureaux administratifs et en chambres locatives pour étudiants.
L'ouverture du nouveau campus devrait avoir lieu en septembre 2015, voire, selon le président du conseil d'administration de l'UQTR, Yves Tousignant, en janvier 2016.