L'entente entre Québec et Alcoa sur les tarifs d'électricité soulage les employés ainsi que les élus et intervenants économiques de Bécancour.

Bécancour respire un peu mieux

Les quelque 1000 employés de l'Aluminerie de Bécancour en plus des milliers de travailleurs indirects chez les centaines de sous-traitants de la région respirent mieux aujourd'hui avec l'entente intervenue entre le gouvernement du Québec et le groupe Alcoa sur les tarifs d'électricité.
«C'est une excellente nouvelle et une grande satisfaction de notre part», a lancé le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ), Jean-Guy Doucet.
Déjà, à la mi-octobre, celui-ci avait profité du passage de la ministre Élaine Zakaïb pour lancer un premier cri d'alarme. Une hausse du tarif d'électricité en 2015 se serait traduite par une charge additionnelle de 100 millions $ par année pour l'A.B.I.
Appréhendant la fermeture des trois alumineries Alcoa au Québec dès janvier de l'an prochain, les cinq chambres de commerce concernées s'étaient ensuite mobilisées pour inviter le gouvernement et la multinationale Alcoa à s'asseoir sans tarder pour l'identification d'une solution viable et satisfaisante pour les deux parties dans le dossier des tarifs d'électricité. Et leur stratégie visait le maintien des opérations impliquant 2700 fournisseurs québécois et la pérennité des 3000 emplois directs générés par les usines de Baie-Comeau, Deschambault et Bécancour.
Dans une lettre adressée à la première ministre Pauline Marois, le président Doucet avait indiqué que la fermeture de l'Aluminerie de Bécancour serait catastrophique après celle de la centrale nucléaire Gentilly-2.
«Il fallait veiller à ce que cette grande entreprise sur le territoire reste en bonne santé. La première ministre s'était engagée à s'en occuper personnellement. On a alors modéré notre action. Elle a tenu promesse», a-t-il souligné, mardi, en entrevue.
Même s'il ne cache pas que le gouvernement péquiste va recevoir «une bonne note» avec cette nouvelle, à la veille du déclenchement des élections, M. Doucet n'y voit pas nécessairement un lien. «Ça négociait et on serait arrivé à une entente d'une manière ou d'une autre», croit-il.
D'ailleurs, le ministre régional Yves-François Blanchet affirme que «cela n'a rien à voir avec les élections». «C'est une excellente nouvelle, les négociations se déroulaient à un haut niveau et il n'était pas question que les alumineries s'en aillent», a-t-il fait savoir.
Pour sa part, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, dit se réjouir pour les travailleurs de Bécancour. «Cela aurait pu être réglé avant, mais l'important, c'est que ça se règle. Tant mieux», a-t-il commenté
Par contre, il n'est pas prêt à accorder pour autant une note au gouvernement. «Les dirigeants d'Alcoa sentaient qu'ils n'étaient pas pris au sérieux dans leur demande», soutient M. Martel.
Pour le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, il s'agit «du plus beau 25 février que je puisse imaginer». «Ça n'avait pas l'air de nous fatiguer, mais c'était fatigant», admet-il.
Le premier magistrat parle d'abord des 1000 emplois qui sont ainsi sauvegardés à l'A.B.I., sans compter toute la sous-traitance. «Et il y a la taxation, car c'est 20 % du budget, soit quatre millions de dollars», a-t-il ajouté.
C'est sans compter la contribution annuelle de 300 000 dollars pour 25 ans de la géante de l'aluminium pour le développement durable et les retombées de la Fondation Alcoa dans le milieu.
«On avait le choix de faire un show de boucane, ce à quoi on a résisté, ou faire une vigile intelligente alors que les négociations allaient bon train», confie M. Dubois.
Ce dernier se disait de plus en plus confiant pour un dénouement heureux avec les propos rassurants de la première ministre, de la ministre des Ressources naturelles et du ministre régional. Et selon lui, les avantages tarifaires consentis à FerroAtlántica s'avéraient prometteurs pour les alumineries.
«Je préférais que ça se règle de beaucoup avant les élections. C'est l'allégresse», a-t-il conclu.