Louise Ayotte, directrice général du Centre d’intervention et dépendance Adrienne-Roy, accompagnée du président du conseil d’administration de l’organisme, Guy Marcouiller et de l’un des pionniers de ce service, Bernard Carpentier.

Centre d’intervention en dépendances Adrienne-Roy: vers l’intégration d’un service de soir

Shawinigan — Si tout se déroule comme prévu, le Centre d’intervention en dépendances Adrienne-Roy de Shawinigan ouvrira un service de soir d’ici un an. La direction a exprimé cette volonté jeudi après-midi, dans le cadre d’une conférence d’information qui visait à présenter quelques nouveautés de ce service méconnu, qui existe pourtant depuis 1958.

Le président du conseil d’administration, Guy Marcouiller, a vendu la mèche pendant son allocution.

«On aimerait devenir un centre de soir», exprime-t-il. «Nous avons commencé à faire des revendications. Les gens qui consomment et qui ont le goût de regarder le Canadien, le Super Bowl, écouter un film, assister à une conférence, jouer à des jeux, verront que nous sommes équipés pour recevoir le monde. Nous travaillons là-dessus pour que ça puisse se réaliser.»

Le défi consiste à trouver les fonds pour l’embauche d’un quatrième intervenant pour ce quart de travail et idéalement, un animateur. Actuellement, le Centre d’intervention en dépendances Adrienne-Roy ouvre ses portes le jour, du lundi au vendredi.

«Nous aimerions permettre aux gens de vivre autre chose», explique Louise Ayotte, directrice générale de l’organisme. «S’ils veulent briser leur isolement, sortir de leur appartement, ils ne doivent pas aller voir leur revendeur de drogue ou au bar. Ils pourraient passer par ici. On veut qu’une autre lumière s’allume en dedans. S’ils vivent quelque chose de particulier, ils pourront ainsi en parler directement à un intervenant.»

La direction a déjà commencé à organiser le milieu de vie du centre vers cette prochaine étape.

«Les gens ne consomment pas de 8 h 30 à 16 h 30, au contraire!», fait remarquer Mme Ayotte. «Beaucoup vont consommer le soir, après avoir vécu des choses dans leur journée, des rencontres difficiles, des frustrations, des déceptions. S’ils sont seuls quand ils reviennent chez eux, ils vont aller s’acheter de la bière au dépanneur ou ils consommeront autre chose. C’est pourquoi nous voulons être là à ce moment. Si ça se réalise, on ouvrirait sept jours sur sept, le jour et le soir.»

Mission

Le Centre d’intervention en dépendances Adrienne-Roy aide les personnes aux prises avec des problèmes de consommation d’alcool, de drogues, de médicaments. Il apporte aussi un soutien aux gens prisonniers du jeu ou de la cyberdépendance, un phénomène particulièrement observé chez les 15-25 ans et qui est souvent lié à un problème de consommation, observe Mme Ayotte. Sans posséder de statistiques précises, la directrice générale constate que les dépendances aux drogues demeurent les interventions les plus fréquentes.

En 2018-2019, pas moins de 771 entrevues ont été réalisées auprès de plus de 400 personnes différentes, résume-t-elle. L’activité a doublé en l’espace d’une seule année.

«Il y a plusieurs facteurs en cause», explique Mme Ayotte. «Nous avons fait beaucoup de travail de partenariat. Nous travaillons maintenant avec l’aide juridique, les services de probation, les agents de surveillance communautaire, la Direction de la protection de la jeunesse. Tous les services qui peuvent intervenir sur un plan ou l’autre dans les difficultés des gens sont sollicités. Avant, nous étions surtout référencés par Service Québec et Domrémy.»

«Nous sommes un maillon d’une chaîne, comme tous les organismes qui viennent en aide aux gens en difficulté», image Mme Ayotte. «Il ne faut pas briser cette chaîne. Il faut travailler en partenariat et non en silo.»

Le centre offre de nombreux services pour aider la personne dépendante à atteindre l’autonomie, notamment des entrevues de couple et de famille, des ateliers de formation et de croissance personnelle, une ligne d’écoute téléphonique, un suivi externe incluant la thérapie, l’insertion en emploi ou en formation, une aire de vie sans consommation et plusieurs activités qui visent la promotion de la santé et la prévention de la toxicomanie. En moyenne, les personnes sont prises en charge pendant environ un an, mais il n’existe pas de période minimale ou maximale.

En présence de plusieurs élus ou représentants politiques jeudi après-midi, la direction du Centre d’intervention en dépendance Adrienne-Roy a annoncé un changement de dénomination, puisque le service était autrement connu simplement sous l’appellation de Centre Adrienne-Roy. Les dirigeants ont aussi présenté une nouvelle image et de nouveaux outils de communication, dont le premier site Internet de leur histoire (www.centreadrienneroy.org).

Bernard Carpentier, un pionnier dans la création du service, s’était également déplacé pour communiquer toute la fierté qui l’habite en constatant l’évolution du centre depuis plus de soixante ans.