Le CIUSSS-MCQ a révoqué le financement de l’organisme Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie/Mékinac.

Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie/Mékinac: financement révoqué

Shawinigan — La survie du Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie/Mékinac est plus que jamais compromise alors que le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec vient de révoquer le financement et la reconnaissance de l’organisme. Le principal bailleur de fonds de l’organisme lui coupe donc les vivres, après que les exigences formulées pour améliorer son fonctionnement et sa gestion n’aient pas été rencontrées. Toutefois, la direction générale ne baisse pas les bras et indique se placer en mode solution.

On se souviendra que le Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie/Mékinac faisait l’objet d’un suivi particulier depuis un peu plus d’un an de la part du CIUSSS, après que des lacunes aient été soulevées au sein de l’organisme, allant de la gestion quotidienne au service rendu aux usagers. Onze mesures de redressement avaient été demandées de la part du CIUSSS, qui avait retenu les versements du financement de l’organisme pendant près de six mois. En décembre, huit de ces onze mesures avaient été remplies, permettant le retour d’une partie du financement. Or, l’organisme avait jusqu’au 31 janvier pour se conformer à toutes les exigences du CIUSSS ce qui, visiblement, n’a pas été fait. Il semble que la réponse apportée aux besoins du milieu ait notamment été très difficile à évaluer selon les critères établis par le CIUSSS.

Le financement était accordé dans le cadre de la Convention de soutien en regard de la mission globale des organismes communautaires en santé et services sociaux, de même que la Convention dans le cadre du financement des activités spécifiques d’implantation du réseau Sentinelles en prévention du suicide, explique la porte-parole du CIUSSS-MCQ, Valérie Provencher. «Après étude du dossier, il a été décidé que l’organisme ne répond plus aux critères. Le financement est révoqué et le CIUSSS ne s’associe plus avec cet organisme et ne fera plus référence non plus à l’organisme», indique Mme Provencher. 

Le financement du Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie/Mékinac s’élevait à plus de 160 000 $ par année, ce qui en faisait sa principale source de financement et qui met aujourd’hui en péril sa survie. «L’organisme demeure autonome dans sa gestion et dispose de 30 jours pour appeler de la décision», précise Valérie Provencher.

La seule personne encore inscrite comme administratrice au Registre des entreprises, Pierrette Lampron, a affirmé vendredi au Nouvelliste qu’elle avait démissionné la semaine dernière. Rappelons qu’entre décembre et janvier, quatre des cinq membres du conseil d’administration avaient démissionné. Il ne resterait donc plus aucun administrateur au sein de l’organisme.

La directrice générale de l’organisme, Denise Rivard, n’a pas retourné les appels du Nouvelliste. En entrevue à l’Hebdo du Saint-Maurice, elle confirme avoir l’intention de se prévaloir de son droit d’appel de cette décision. «Nos services vont continuer. À l’heure actuelle, des bénévoles ont formé un comité qui se réunira la semaine prochaine pour apporter des idées. Nous allons faire un plan d’action pour déterminer quels moyens nous pouvons prendre pour continuer», a-t-elle indiqué à l’Hebdo, invitant la population à une assemblée générale spéciale le lundi 19 février à 19 h directement à l’organisme au 2553, avenue Georges à Shawinigan.

Services

Le CIUSSS-MCQ compte faire un suivi serré sur les services qui seront donnés en prévention du suicide au Centre-de-la-Mauricie et dans Mékinac. «De notre côté, nous tenons à rappeler à la clientèle qu’elle peut en tout temps contacter la ligne 1-866-APPELLE où un intervenant est au bout du fil. Il existe aussi des services avec la ligne 811 au niveau du suivi psycho-social», mentionne Valérie Provencher.

Le CIUSSS souligne par ailleurs envisager différents scénarios si les régions du Centre-de-la-Mauricie et de Mékinac devaient ne plus avoir de services en prévention du suicide sur le territoire. Car outre la ligne téléphonique qui demeure accessible, des services de suivis en postvention de même que d’implantation du réseau de sentinelles, pour ne nommer que ceux-là, font partie de la mission de l’organisme. 

L’un des scénarios envisagés serait de donner la responsabilité au Centre de prévention suicide-Accalmie de Trois-Rivières d’assurer la couverture de ce territoire. Si cette option devait s’avérer, ce serait au CIUSSS-MCQ d’en faire la demande à l’organisme trifluvien. Aucune demande n’a toutefois été formulée en ce sens à l’heure actuelle.