Patrice Larin, directeur général du Centre de prévention suicide-Accalmie.
Patrice Larin, directeur général du Centre de prévention suicide-Accalmie.

Centre de prévention suicide-Accalmie: au front pour sauver des vies

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — En période de crise comme on vit présentement avec la pandémie de COVID-19, tout peut devenir rapidement un facteur de déstabilisation pour chaque personne. Au Centre de prévention suicide-Accalmie, la ligne de front est prête à répondre à la demande si des gens devaient avoir besoin d’aide dans les prochains jours. Considérés comme essentiels, les services de prévention du suicide peuvent compter sur tout près d’une vingtaine d’intervenants dans la région, en poste 24 heures par jour.

Étonnamment, les appels n’ont pas augmenté au courant des derniers jours sur la ligne 1-866-APPELLE, note le directeur général du CPS-Accalmie, Patrice Larin. Mieux, ils ont même connu une baisse.

«C’est difficile à expliquer parce qu’on n’a jamais connu une telle situation sociale, mais je pense qu’il arrive un phénomène de normalisation. Le degré d’anxiété et de détresse augmente dans la population, et d’une certaine façon ça rejoint ce que les gens en détresse vivent. Et les élans de solidarité qui se mettent en place, le fait qu’on se soucie plus de son voisin, qu’on porte davantage attention à ce que les gens vivent peut expliquer ça», considère Patrice Larin.

Ce dernier ne se berce pas d’illusions pour autant: l’annonce de la fermeture de toutes les entreprises non essentielles lundi, et la mise au chômage simultanée de milliers de personnes, entraîneront forcément une hausse de la demande à ses services dans les prochains jours.

«Tout devient un facteur de déstabilisation. Le confinement prolongé en est un, mais également la perte d’un emploi, donc la perte d’une partie de son identité, de son appartenance. Heureusement, le gouvernement met en place des mesures pour aider les travailleurs et assouplit les règles en place. On vit une crise ultra importante, mais on sent aussi que les autorités n’abandonnent pas la population», mentionne M. Larin.

Dans un contexte où des gens perdent leur travail, où les mesures gouvernementales se resserrent de jour en jour et où le décompte des cas de COVID-19 continue d’être revu à la hausse, Patrice Larin croit qu’il est plus que jamais important de se concentrer sur ce que nous pouvons contrôler. «On a du contrôle sur le fait de contribuer à diminuer la propagation du virus. En respectant les consignes gouvernementales, en se gouvernant en conséquence, on contribue à l’effort collectif pour que ça se termine le plus vite possible. Pourquoi ne pas utiliser ce temps pour des plaisirs délaissés? Lire un livre qu’on voulait lire depuis longtemps, peinturer la pièce qu’on voulait peinturer, bref se tenir occupé», suggère Patrice Larin.

L’activité physique demeure également un bon moyen de diminuer la tension, rappelle-t-il. «Au fond, c’est de se demander: qu’est-ce qui me fait du bien ou qui m’a déjà fait du bien et que je peux refaire», ajoute-t-il.

Patrice Larin se rassure que l’attitude du gouvernement Legault et sa gestion quasi exemplaire de la crise deviennent à elles seules des facteurs de protection. «Le gouvernement nous donne un bon coup de main. L’information et la transparence à travers tout ça, ce sont des facteurs de protection. C’est important, en ce moment, de faire confiance au gouvernement, de croire que nos élus considèrent la population, qu’ils agissent pour le bien-être collectif, et non pas de tomber dans les théories du complot ou les fausses informations», est d’avis le directeur général du CPS-Accalmie.

En plus de continuer d’offrir les services d’écoute téléphonique, d’hébergement en fonction des règles de distanciation sociale de même que les services de première ligne, et ce, tant à Trois-Rivières qu’à Shawinigan, Mékinac et La Tuque, le Centre de prévention suicide-Accalmie est aussi en préparation de la post-crise.

«C’était déjà dans notre ligne de conduite de se rapprocher de la population depuis les derniers mois, et c’est dans ce sens-là qu’on travaille aussi. On planifie l’après-crise, on s’inscrit dans le développement et la planification, car oui, il y aura un «après». Ça nous aide à garder le cap et à se projeter dans du positif», conclut le directeur général.

Si vous ressentez de la détresse, ou si vous vous inquiétez pour un proche, n’hésitez pas à composer le 1-866-APPELLE.