La découverte d’importantes fissures dans des murs du centre communautaire de Louiseville a forcé ses locataires à quitter prestement les lieux en septembre.

Centre communautaire: les organismes pensent à un plan B

LOUISEVILLE — Les organismes qui logent au centre communautaire de Louiseville réfléchissent à la possibilité de s’établir ailleurs si les délais pour la réintégration des lieux, si réintégration il y a, sont trop longs.

Il y a un mois, les 17 organismes locataires du centre communautaire ont dû évacuer les lieux d’urgence et trouver un logis temporaire, la bâtisse présentant des signes de faiblesse inquiétants. La Ville de Louiseville demande l’avis d’experts pour évaluer la situation, mais les délais associés à de telles démarches pourraient bien inciter les locataires à s’établir dans une autre bâtisse.

Nadia Cardin est la coordonnatrice de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Maskinongé.

Selon elle, les organismes ne pourront attendre longtemps avant de savoir s’ils peuvent revenir au centre communautaire louisevillois. Tout le monde souhaite être fixé d’ici janvier. C’est la raison pour laquelle les organismes évaluent différentes possibilités, dont celle d’acheter une bâtisse existante ou faire construire un centre pour tous les organismes.

«Si ça prend deux ans pour rénover ou reconstruire, des organismes disent qu’ils ne peuvent pas attendre. Il y a une volonté du milieu de se réorganiser pour être sûr qu’il n’y a pas d’interruption de qualité de service à la population et il y a une volonté de regrouper les organismes qui n’étaient pas au centre communautaire. On parle d’un nouveau centre avec un espace pour un café, un jardin. Tout est sur la table dans nos réflexions. Et l’objectif est de garder un lieu commun.»

Un enjeu majeur pour ces organismes communautaires concernant leur emplacement est le coût du loyer.

Selon Mme Cardin, certains organismes payaient 300 $ par mois pour un local chauffé et éclairé au centre communautaire. Le tarif du marché commercial tourne autour de 800 $ ou même de 1000 $.

«La majorité des organismes fonctionne avec un budget moyen de 130 000 $ ou de 140 000 $ par année, estime-t-elle. Moins ça coûte cher en location, plus tu investis dans les services.»

Simon Allaire a rencontré Nadia Cardin lundi matin. Le député de Maskinongé sait que des expertises sur un tel bâtiment nécessitent un certain temps, mais un délai de quelques mois est trop long, selon lui.

«Dans certains cas, ça augmente les dépenses des organismes et ça les met à risque dans les services qu’ils offrent. La perspective d’avoir des résultats est presque d’un an. Il faut trouver une solution permanente avant ça. Mon rôle est de les aider et je ne vois pas de frein à lever du financement pour un plan A ou B du moment que cela devient une priorité», raconte le député caquiste, en mentionnant qu’il serait une bonne idée d’observer ce qui se fait ailleurs au Québec et dans le monde afin d’avoir le meilleur projet.

La MRC de Maskinongé a aussi été approchée par le secteur communautaire.

Des 17 organismes locataires du centre communautaire, 14 desservent la population de toute la MRC dont l’administration semble prête à évaluer le dossier dans le but d’une possible participation.

«C’est une situation préoccupante et complexe, reconnaît Jean-Frédéric Bourassa, coordonnateur du service de développement économique et du territoire de la MRC de Maskinongé. Ces organismes ont des besoins différents et doivent demeurer près de leur clientèle. Quand on peut aider à trouver des endroits potentiels pour leur relocalisation, on regarde toutes les options. On a quelques pistes en ce moment.»

Pas question d’investir seule

Selon Yvon Deshaies, il faudra patienter quelques mois avant de connaître l’état exact de la bâtisse et les recommandations des spécialistes.

Le maire de la Ville de Louiseville semble avoir déjà fait son lit concernant les investissements qui pourraient être requis, lui qui est au courant que 14 des 17 locataires du centre communautaire de Louiseville sont des organismes couvrant la MRC de Maskinongé.

«Si les travaux coûtent 50 000 $, on devrait réparer. Mais si c’est trop cher, on devrait démolir la bâtisse. On loue nos locaux environ 350 $ par mois. Les loyers ne sont pas élevés, car il faut aider les organismes communautaires qui vivent avec quelques dizaines de milliers de dollars par année. Mais ça ne couvre pas les frais du centre communautaire. L’entretien nous coûte 60 000 $ par année. C’est un sou de taxe. Je n’ai rien contre la bâtisse, on va s’aider. Mais si on arrive avec un gros prix, je fais quoi? On emprunte? On remonte les taxes des citoyens? Je pense qu’on peut faire un centre communautaire régional.»

Si la facture est élevée, Louiseville va demander l’aide de la MRC et des gouvernements, affirme le maire qui a déjà commencé à sensibiliser ses collègues de la MRC à cet effet.