Le centre communautaire fait encore jaser à Louiseville.

Centre communautaire de Louiseville: deux pétitions pour garder la bâtisse

Louiseville — Deux citoyens de Louiseville font circuler une pétition pour amener le conseil à suspendre sa décision de démolir le centre communautaire. Mais à écouter les commentaires d’Yvon Deshaies, le conseil ne changera pas d’idée.

Lors de la dernière séance du conseil, Nicole Larose avait manifesté son opposition à la démolition du centre communautaire et avait laissé entendre qu’une pétition serait lancée, ce qui a été fait il y a quelques jours.

«L’ingénieur engagé par la Ville a dit que la partie avant est sécuritaire et en bon état. Notre volonté est que le conseil conserve la partie avant de l’édifice et la partie arrière dans le but d’installer le boulodrome», déclare Mme Larose, qui souhaite récolter 1500 signatures.

Michel Neveu a lancé une pétition en format papier et en ligne. Il demande l’abandon du projet de démolition de la bâtisse, le chauffage des lieux pour traverser l’hiver, la réalisation d’une deuxième expertise concernant son état et une consultation publique pour la suite de ce dossier.

«J’ai appris que la partie avant est en bon état. J’espère obtenir 2000 signatures pour avoir une force de frappe. On espère que la pétition pourra ébranler le conseil», déclare M. Neveu, qui déposera sa pétition, tout comme Mme Larose, lors de la séance du conseil du mois d’octobre.

Les vœux de Mme Larose et de M. Neveu risquent fort de ne pas être exaucés si on se fie aux propos du maire Deshaies. La Ville va faire démolir le centre communautaire.

«Je réagis très bien face aux pétitions. On est dans une démocratie, les gens ont le droit de contester. Mais c’est nous qui gérons la Ville et le conseil ne change pas d’idée. C’est nous autres qui avons les expertises. Peu importe le nombre de signatures, on ne change pas d’idée. Les gens n’étaient pas là pour étudier les rapports de l’ingénieur.»

M. Deshaies affirme que le conseil est unanime sur la question, même Françoise Hogue Plante. La conseillère avait fait une sortie dans l’édition du 14 septembre du Nouvelliste. Elle désirait que la Ville obtienne un deuxième avis concernant l’état de la bâtisse du centre communautaire et conserve la partie avant de l’édifice.

Le sujet de la démolition du centre communautaire a été brièvement ramené lors de la séance de travail des élus tenue lundi. Selon M. Deshaies, personne ne s’est opposé à la démolition.

«Tout le monde était présent. Si les gens veulent virer de bord, ils ont le droit, mais personne n’a parlé. On a passé au sujet suivant», rapporte le maire.

Conserver la partie avant de la bâtisse est une mauvaise idée, même si elle est encore en état, opine Yvon Deshaies. Les coûts reliés à la démolition de la partie arrière, à la réparation de la partie avant, à l’installation d’un système de chauffage et au retrait de l’amiante sont trop importants.

«On mettrait 2,5 ou trois millions de dollars pour arranger une vieille bâtisse. Bâtir une salle communautaire, c’est environ trois à quatre millions de dollars. On va travailler pour trouver des subventions. Il y a des subventions pour des bâtisses neuves. Ça prend une salle communautaire à Louiseville. Le projet sera monté d’ici un an ou deux et après, on va cogner aux portes.»

«Mon bout de chemin est fait»

Si le conseil de Louiseville garde le cap vers la démolition du centre communautaire, Françoise Hogue Plante demeure aussi sur ses positions. La conseillère croit toujours que la Ville devrait tenter de préserver la partie avant du centre communautaire et elle a même signé une pétition à cette fin.

Mme Hogue Plante confirme ne pas avoir manifesté son opposition à la démolition de cette bâtisse lorsque le sujet a été abordé lors de la séance de travail des élus de lundi. Selon la conseillère, une telle manifestation aurait été inutile, car tout le reste du conseil est pour la démolition.

«Ça ne valait pas la peine. Je suis seule dans mon coin. Mais je suis capable de vivre avec ça. Je suis capable de travailler avec les gens au conseil. Je ne suis pas en mauvais terme avec eux. J’ai dit mon idée dans Le Nouvelliste (du 14 septembre). J’assume ma déclaration. Mais je ne peux pas faire plus. Mon bout de chemin est fait.»

Mme Hogue Plante a signé la pétition lancée par Nicole Larose, comme prévu. Elle souhaite toujours que le mouvement populaire prenne le dossier pour convaincre le conseil de demander un deuxième avis sur l’avenir du centre communautaire et de conserver sa partie avant.

«J’ai une parole. Je ne change pas d’idée comme je change de chemise. Le centre communautaire aurait mérité qu’on essaie de le garder.»

La conseillère ne s’attend pas à avoir gain de cause, mais elle croit que la population doit tenter sa chance. 

«Les payeurs de taxes ont le droit de parler. La première personne à qui on doit rendre des comptes, c’est le citoyen. C’est la job d’un conseiller. Ça vaut la peine des fois d’écouter le monde. J’appuie les citoyens dans leurs démarches. Peut-être que ça ne donnera rien, mais on ne pourra pas dire qu’on n’aura pas essayé. Les citoyens jugeront par eux-mêmes.»