Le niveau de l’eau à la mi-juillet chez un riverain.
Le niveau de l’eau à la mi-juillet chez un riverain.

Centrale de La Tuque: le niveau d’eau en amont de l’installation sera modifié

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Hydro-Québec a fait savoir que le niveau d’eau en amont avait finalement été rehaussé pour le reste de la saison estivale 2019. Cette décision a été prise à la lumière des résultats d’une visite sur le terrain le 20 juillet dernier et d’une révision des apports d’eau naturels anticipés. Le niveau d’eau en amont de la centrale reste toutefois en deçà de celui des années précédentes. Plus d’eau, mais pas encore assez aux yeux des riverains.

Il faut dire que plusieurs plaisanciers s’étaient indignés du niveau de l’eau à la mi-juillet alors que leurs embarcations étaient condamnées à rester accrochées au quai, qui lui est ancré dans le sable.

Hydro-Québec avait alors fait savoir que des travaux devaient être effectués sur l’évacuateur de crues et que le niveau avait été abaissé pour des raisons de sécurité.

«Jusqu’à ce que ces travaux soient terminés, nous devons conserver une marge de manœuvre sécuritaire pour nous prémunir contre une hausse subite du niveau d’eau. Nous sommes conscients des impacts pour les utilisateurs, mais notre approche est fondée sur la sécurité tant de l’aménagement que du public. Le niveau d’eau en amont sera rehaussé quand les travaux seront terminés. D’autres travaux encore plus urgents, qui mobilisent les équipes en place, doivent être réalisés avant l’automne 2019. Les travaux sur l’évacuateur suivront», a indiqué la société d’État.

Hydro-Québec a également souligné que les apports d’eau en été sont moins importants qu’au printemps et à l’automne, car ils résultent principalement de la pluie.

«Durant une même journée, le niveau d’eau fluctue de quelques centimètres en fonction de la production d’énergie. Tout en respectant en tout temps ses cotes d’exploitation, Hydro-Québec porte une attention particulière à la situation et demeure sensible aux impacts occasionnés. Dans ce contexte, nous invitons les riverains à demeurer en contact avec nous», souligne la société d’État

Après la hausse du niveau de l’eau, le quai de ce riverain n’est toujours pas utilisable.

Sur le terrain, Le Nouvelliste a effectivement pu constater un niveau à la hausse, mais ce ne sera pas assez pour certains riverains qui ne peuvent toujours pas mettre leurs embarcations à l’eau.

Au Club nautique Latuquois, le président estime que cette révision à la hausse est certes la bienvenue, mais qu’il en faudrait encore un peu plus pour satisfaire l’ensemble des plaisanciers. C’est bien, mais pas assez.

«C’est certain que quand ils vont dans le sens de la population, on est satisfait, c’est-à-dire que là ils ont augmenté le niveau. À savoir si ce sera suffisant pour les plaisanciers… ça reste à voir […] C’est vrai que l’eau était un peu plus haute, mais on ne connaît pas les barèmes. Il y a un peu plus d’eau, mais pas encore pour être à quai dans certains cas», note le président du Club nautique Latuquois, Yannick Issa.

Ce dernier aimerait avoir des communications plus directes avec la société d’État.

«On n’a pas de barrage autour de nos maisons, leur maximum et leur minimum on ne sait pas c’est quoi. S’ils pouvaient nous l’indiquer avec plus de transparence, ça nous aiderait. On voudrait savoir quand c’est au niveau maximum, et quand c’est au niveau minimum. On pourrait savoir à quoi s’attendre», insiste M. Issa.

Des riverains avaient également dénoncé la présence de poissons morts. À ce sujet, Hydro-Québec s’est défendue d’être responsable.

«Plusieurs autres facteurs que l’abaissement du niveau d’eau peuvent être responsables de la mortalité des poissons, notamment la chaleur, les sédiments, l’oxygène dissous, la navigation, la pêche, etc. Rappelons que l’abaissement du niveau de l’eau a été réalisé dans le respect des cotes d’exploitation. Les modifications du niveau d’eau en amont sont de l’ordre de quelques centimètres et se font sur des périodes de huit à douze heures, ce qui permet aux poissons de réagir et de s’adapter aux niveaux», a indiqué Élisabeth Gladu, conseillère – Relations avec le milieu Mauricie et Centre-du-Québec.