Dix ans après la disparition de Cédrika Provencher, la directrice générale du Réseau Enfant Retour, Pina Arcamone, estime que le Québec est mieux outillé.

Cédrika: 10 ans plus tard, le Québec a appris

La disparition de Cédrika Provencher aura fait couler beaucoup d'encre au Québec depuis les 10 dernières années, mais qu'on le veuille ou non, il est désormais question d'un avant et d'un après Cédrika. C'est du moins ce qu'estime la directrice générale de Réseau Enfant Retour, Pina Arcamone, qui constate que cette tragique histoire aura permis au Québec d'être mieux outillé en ce qui concerne les cas de disparition.
Malgré l'ampleur du drame qu'a vécu la famille Provencher et à la lumière de plus de 10 ans d'enquête, la disparition de la jeune trifluvienne aura toutefois été constructive à plusieurs niveaux, notamment en ce qui a trait à une meilleure formation policière et à l'arrivée des médias sociaux. 
«Cédrika est devenue notre symbole provincial de l'urgence à intervenir dans les cas de disparition au lieu de laisser planer la possibilité d'une fugue pendant plusieurs jours. En plus, ça rappelle à tous que les enfants sont vulnérables et qu'il faut mieux les outiller pour les protéger», estime Mme Arcamone.
Mais si la disparition de Cédrika avait lieu en 2017, les techniques de recherche utilisées auraient-elles été les mêmes? Difficile à dire, mais une chose est certaine,10 ans plus tard, bien des choses auraient été différentes. 
«En 2007, les réseaux de télévision diffusaient en direct sur leur chaîne en continu, mais aujourd'hui avec les réseaux sociaux, les photos circulent à une vitesse folle. Avec les appareils mobiles, il est maintenant possible de recevoir des informations en temps réel, donc plus l'information est diffusée rapidement, plus on a de chance de retrouver l'enfant en vie. De plus, plusieurs parents sont plus enclins à dénoncer par le biais des réseaux sociaux», précise la directrice générale du Réseau Enfant Retour.
Si cette technologie révolutionne la manière de diffuser l'information, il faut toutefois comprendre qu'elle peut aussi avoir son lot d'inconvénients. 
«Les informations sont tellement partagées rapidement, et ce, partout à travers le monde, qu'il peut parfois devenir difficile pour les policiers d'effectuer le tri parmi toutes ces informations. Il y a aussi beaucoup de personnes mal intentionnées sur les réseaux sociaux, donc on doit encore plus redoubler de prudence», précise Pina Arcamone. 
Difficile donc de répondre à cette question, mais Cédrika Provencher aura sans aucun doute permis aux Québécois d'apprendre de ce triste événement. «Elle a permis d'éveiller les consciences puisque plusieurs tenaient la notion de sécurité pour acquise, mais ils ont finalement pris conscience que ce genre d'événement peut malheureusement se produire près de chez nous», avoue-t-elle.
Le Réseau Enfant Retour s'est d'ailleurs donné comme mission au fil des ans de protéger les enfants, par le biais d'outils et de conseils. En plus d'un programme de formation dans les écoles, de la documentation est offerte gratuitement sur le site de l'organisme pour mieux outiller les enfants. 
Même si plusieurs cas d'enlèvements de nature criminelle ont été médiatisés au cours des 20 dernières années au Québec, dont ceux de Julie Surprenant et de Julie Boisvenu, rien ne laisse toutefois croire que ce genre de crime soit en hausse au Québec.
 «Au Canada, on compte environ 45 000 disparitions par année,  mais en ce qui concerne les enlèvements de nature criminelle, ça représente moins de 1 % des cas. Le fait qu'on en parle abondamment dans les médias peut laisser croire au public que ça arrive énormément,
mais ce n'est pas le cas. Par contre, il est évident qu'un enfant disparu est un enfant disparu de trop et on ne souhaite pas que ça arrive», conclut la directrice générale de Réseau Enfant Retour, Pina Arcamone.