Près de 200 personnes ont répondu à l'appel d'Henri Provencher pour assister à la première du spectacle équestre Excalibur. On voit ici le grand-père de Cédrika en compagnie de Franck Innocenti, du Théâtre d'art équestre.

Cédrika Provencher: le travail continue, sept ans plus tard

C'est aujourd'hui le triste septième anniversaire de la disparition de Cédrika Provencher, la fillette de neuf ans enlevée en 2007 à Trois-Rivières. C'est en son honneur que la Journée mondiale de prévention des enlèvements d'enfants, instaurée il y a trois ans, se tient le 31 juillet, jour de son enlèvement. Près de 200 personnes se sont déplacées mercredi soir à la première du spectacle équestre Excalibur au Théâtre Beauvallon afin d'amasser des fonds pour la fondation portant son nom qui vise à sensibiliser la population.
«C'est important pour moi le 31 juillet. C'est ma petite-fille. Ça va toujours rester pris dans ma gorge, je n'avalerai jamais ça. C'est quelque chose que tu ne peux pas accepter. Mais ça me motive d'une façon incroyable. Je voudrais décrocher l'énergie de tout le monde.»
Bien qu'il affiche calme et sérénité à travers l'épreuve, l'émotion reste toujours vive lorsqu'on discute un peu avec Henri Provencher, le grand-père de la jeune fille. «Chacun vit ça à sa façon. Je ne peux pas demander aux autres de vivre ça comme moi.»
Pour Franck Innocenti, président du Théâtre d'art équestre, il était tout à fait normal de contribuer à amasser des fonds pour la fondation. «J'ai moi-même des enfants, donc ça me touche, et en plus nous sommes dans une école remplie de jeunes. Nous avons pris le minimum que coûte le spectacle et tout le reste va à la Fondation. On n'aurait pas pu annuler.»
Est-ce que l'appui de la population est encore le même aujourd'hui? «Je ne sens que ça.» Sept ans plus tard, Henri Provencher affirme qu'il reçoit encore des informations nouvelles concernant l'enlèvement de sa petite-fille, ce qu'il considère comme encourageant pour son coeur de grand-père. «Je veux juste empêcher que ça arrive à d'autres. C'est tellement l'enfer que tu ne souhaites pas ça à ton pire ennemi. J'ai décidé de prendre le malheur qui accable ma famille et d'essayer d'en faire quelque chose de positif.»
Journée mondiale de prévention des enlèvements d'enfants
Qu'est-ce qu'on peut souhaiter à Henri Provencher, président de la fondation pour la journée d'aujourd'hui? «J'aimerais qu'il y ait une marée humaine.» Dès 14 h, au parc portuaire de Trois-Rivières, se dérouleront des activités visant à sensibiliser la population aux enlèvements d'enfants, notamment une démonstration avec l'escouade canine Sauvetage Mauricie K9. Des spécialistes en synergologie et en sécurité et statistiques seront sur place et il y aura également de l'animation pour les enfants.
«C'est une journée sérieuse, mais je souhaite l'aborder de façon familiale».
À 20 h, une messe aura lieu au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, suivie de la procession aux flambeaux dans les jardins du sanctuaire ainsi que la formation d'une chaîne humaine démontrant la solidarité de toute la population.
La Fondation Cédrika Provencher profitera de la journée pour présenter sa mission et ses projets au parc portuaire. Elle invite la population à écouter la chanson «Au ciel ou à la vie» composée et offerte par Lynda Lemay.
Henri Provencher fait une grande distinction entre les recherches de Cédrika Provencher et la fondation qui porte son nom, qui travaille à protéger tous les enfants et à sécuriser les milieux les plus fréquentés par ceux-ci. Sa mission se résume par «Prévenir, agir, accueillir».
«J'essaie de créer un mouvement. Ce n'est pas pour mon plaisir ou pour bien paraître. C'est par conviction. J'ai 68 ans, je ne sais pas combien de temps je vais tenir encore, mais c'est encourageant de voir que d'autres embarquent avec nous.»
Il conclut en confiant que lorsqu'il est fatigué et qu'il a le goût d'aller se cacher, quelque chose le force à continuer. «Des fois j'ai l'impression que j'ai une petite-fille qui me pousse dans le dos pour que les choses changent.»