De gauche à droite: Marc Dontigny, président du conseil d’administration de la Maison Carpe Diem, Jean Poliquin, président de la Fondation, Nicole Poirier, directrice et François R. Beauchesne, architecte du projet.

Carpe Diem veut s'agrandir

Trois-Rivières — La Maison Carpe Diem Centre de ressources Alzheimer a l’intention de construire une toute nouvelle maison adjacente à l’ancien presbytère où sont situés présentement ses services. Le nombre de places passerait de 14 à 32 et le bâtiment compterait trois étages et un rez-de-chaussée.

Il s’agit d’un projet de quelque 3,5 millions $, précise la directrice générale et fondatrice de la Maison Carpe Diem, Nicole Poirier. L’organisme de Trois-Rivières est donc à la recherche de soutien financier et lancera sous peu une campagne de financement. Le projet a été annoncé par Mme Poirier vendredi dans le cadre du dîner-bénéfice annuel de l’organisme. Cette dernière a lancé un appel aux élus, tant municipaux que provinciaux, en précisant que la Ville de Trois-Rivières avait récemment voté en faveur d’un soutien de 160 000 $. Cet appui de la Ville ainsi que l’ensemble du projet sont conditionnels à un feu vert de la part de la Société d’habitation du Québec qui est attendu avec impatience.

Carpe Diem a fait l’acquisition du terrain adjacent à l’ancien presbytère le 30 décembre dernier.

C’est à l’architecte François R. Beauchesne que ce projet très particulier a été confié.

Rappelons que dans la philosophie de Carpe Diem, on tient notamment à ce que la nouvelle résidence d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ressemble à une maison et que l’ambiance, tant intérieure qu’extérieure, soit celle d’une maison privée.

L’architecte indique que ses plans sont, pour l’instant, préliminaires et «en évolution.» L’apparence extérieure ne doit en aucun cas ressembler à une institution, précise-t-il et doit aussi respecter l’architecture du secteur autour de l’église Saint-Sacrement.

Parmi les avenues qu’il envisage, il y a la toiture en pente, un grand avant-toit et de grandes galeries de même que des briques d’argile en guise de revêtement.

Voici de quoi pourrait avoir l’air (à gauche) le nouveau bâtiment selon l’architecte François R. Beauchamp.

L’extérieur serait divisé en plusieurs secteurs contenant notamment des jardins. Une des galeries permettra de manger et même de cuisiner à l’extérieur. La cuisine sera l’élément central de la maison par où il faudra inévitablement passer pour entrer et sortir. Cela permettra au personnel de garder un œil sur les résidents sans qu’ils se sentent observés et sans qu’il faille verrouiller les portes, explique Mme Poirier.

Dans cette maison, pas de longs corridors. Les chambres seront regroupées par cinq, tout au plus. Les bureaux du personnel seront dispersés à même le milieu de vie. Il n’y aura donc pas de secteur administratif.

L’ancien presbytère, où logent présentement 14 personnes, servira pour les formations et pour recevoir des stagiaires de l’extérieur puisque la méthode de Nicole Poirier suscite de l’intérêt en France et en Chine.

Le bâtiment servira aussi de centre de jour et contiendra des locaux pour accueillir les familles.

«Notre projet est issu de 30 ans de réflexion sur la manière d’accompagner de façon différente les personnes qui vivent avec la maladie d’Alzheimer. La nouvelle maison sera conçue à partir des besoins de ces personnes. On a découvert avec l’expérience que les gens ont besoin d’une vraie maison, d’un lieu qui ressemble à chez eux avec une vraie cuisine; éviter les longs couloirs; éviter les grandes salles à manger pour tenir compte des difficultés qu’elles vivent», explique-t-elle. Chaque étage aura de l’intérêt pour les résidents, ajoute pour sa part l’architecte.

On y trouvera des salons, des aires de jeux, un salon de coiffure, une grande cuisine, de petites salles à manger et un cinéma maison. «On veut qu’il y a ait de l’ambiance à chacun des niveaux», dit-il.

Mme Poirier a bien l’intention de créer cette nouvelle maison à la fine pointe des connaissances.

«J’étais motivée avant, mais là, je le suis encore plus», prévient-elle en rappelant que tout cela sera possible «en prenant le risque ensemble», dit-elle.