Claude Caron
Claude Caron

Caron ne veut pas que Desaulniers soit élu

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Après avoir présidé sa dernière assemblée publique comme maire de Saint-Boniface le 2 octobre, Claude Caron tient à formuler un conseil à ses concitoyens: ne votez pas pour Pierre Desaulniers, l’un des trois candidats qui se présentent à sa succession, le 5 novembre.

Il n’existe pas d’atomes crochus entre les deux personnages. M. Desaulniers a assisté à plusieurs séances publiques du conseil municipal, surtout au cours de la dernière année. Ses questions ont parfois mis les élus dans leurs petits souliers, mais M. Caron mentionne que c’est davantage en raison de certains événements qui se sont produits dans un lointain passé qu’il outrepasse l’habituelle réserve du maire sortant pour formuler sa recommandation.

Ainsi, il accuse M. Desaulniers d’avoir donné des permis non conformes sur les rues Christ-Roi et Sainte-Marie à un entrepreneur, un ami personnel, alors qu’il travaillait comme inspecteur municipal. «Les terrains n’étaient pas assez grands», soulève-t-il. M. Caron raconte aussi qu’il avait soumissionné pour un contrat de réfection de toiture du bureau municipal alors qu’il était employé. Enfin, le maire sortant mentionne que M. Desaulniers a déjà fait parler de lui pour des activités syndicales assez musclées à l’ancienne aluminerie Alcan.

«Nous avons deux bons candidats pour la mairie, Marie-Paule Caron et Jean St-Louis», opine M. Caron. «C’est sûr que la Municipalité va perdre une bonne personne, quelqu’un de travaillant.» Rappelons que Mme Caron, cousine du maire, et M. St-Louis ont occupé un poste de conseiller dans le dernier mandat. Assurément, au moins l’un des deux ne sera pas de retour après l’élection du 5 novembre.

«En ce qui concerne le troisième candidat, avec l’envoi de son dernier dépliant, on dirait que c’est quasiment un saint», ironise M. Caron. «Mais il faudrait se rappeler que M. Desaulniers a fait certaines choses. La Municipalité de Saint-Boniface mérite beaucoup mieux que M. Desaulniers. Quand j’ai vu son papier, c’était presque trop beau. J’aurais presque voté pour lui! Mais je ne veux pas que Saint-Boniface soit prise avec cette affaire-là. Ça fait huit ans que je travaille pour avoir une municipalité qui a de l’allure. Son passé est garant de l’avenir.»

M. Caron est arrivé à la mairie de Saint-Boniface en 2009 et dans son esprit, il a toujours pensé qu’il ne ferait que deux mandats. Au cours des derniers mois, il laissait planer une mince possibilité qu’il puisse en solliciter un troisième. Il confie maintenant qu’il aurait demandé à nouveau la confiance des électeurs si personne d’autre que M. Desaulniers n’avait posé sa candidature à la mairie.

«En plus, il a déjà été président du syndicat», souligne M. Caron. «Il ne faut pas mettre le loup dans la bergerie!»

Héritage
Lors de sa dernière assemblée publique, M. Caron a remercié la population pour sa confiance. Il a également profité de la présence dans la salle de l’ex-directeur général de la Municipalité, Jacques Caron, pour souligner ses 32 années de service à l’hôtel de ville de Saint-Boniface.

Dans son bilan, le maire sortant se réjouit d’avoir ramené une «paix sociale» dans la communauté. Le dernier mandat de Gilles Bellemare, entre 2005 et 2009, avait produit des flammèches à Saint-Boniface. M. Caron relève également le résultat des négociations avec ses employés municipaux, qui ont permis l’ouverture des bureaux cinq jours par semaine.

Par ailleurs, il souligne l’amélioration du service d’approvisionnement en eau potable et des équipements du service des travaux publics, la rénovation du centre municipal, la réfection du réseau routier, la création de trois parcs, l’aménagement de trois nouveaux secteurs résidentiels, la réalisation d’un plan de mesures d’urgence et évidemment, l’appui à l’école Sainte-Marie qui a évité le transfert d’élèves de cinquième et sixième année vers Shawinigan.

M. Caron indique qu’il se soustrait également du monde municipal pour s’occuper de sa mère, presque centenaire. Mais à 57 ans, il laisse entendre qu’un retour n’est pas exclu.

«C’est avec un pincement au cœur que je quitte ma fonction sans dire adieu, mais peut-être au revoir», sourit-il.