Les deux canots ont pris le départ à La Tuque. Sur la photo: Christian Marchand, Caroline Côté, Sylvain Marchand et Samuel Ostiguy.

Caroline Côté suit le parcours de l’électricité

LA TUQUE — Partie le 4 avril de Natashquan, à l’extrémité est du réseau d’Hydro-Québec, Caroline Côté a entrepris un défi de taille. Elle va parcourir 2000 km en solo en moins de 80 jours. Celle qui va traverser le Québec dans le cadre de l’expédition électron était de passage à La Tuque, lundi. À bord d’un canot, elle a pris la direction de Grand-Mère sur la rivière Saint-Maurice en compagnie des frères Sylvain et Christian Marchand, employés d’Hydro-Québec et canotiers aguerris.

«On a des conditions ici qui nous permettent de nous pousser à l’extrême et j’avais envie de montrer aux gens que chaque jour on peut se dépasser un peu plus, même en restant au Québec. Chaque jour, on peut trouver un peu plus qui on est à l’intérieur», a lancé Caroline Côté.

«On voulait montrer, du côté d’Hydro-Québec, qu’on ouvrait la lumière en une fraction de seconde, mais c’est 2000 kilomètres qui sont parcourus d’un bout du réseau jusqu’à Montréal. De le faire à la marche, c’est là que je le constate», a-t-elle ajouté.

Durant son trajet, elle se sera déplacée en raquettes, à pied, en canot, à kayak, à la course et à vélo, et ce, sans perdre les lignes électriques de vue.

«J’ai visité des endroits que je n’aurais jamais pu visiter d’une autre manière que maintenant», a-t-elle insisté.

Elle s’est également dite beaucoup impressionnée par le côté humain de l’expédition et de la gentillesse des gens qu’elle a rencontrés, qui l’ont soutenue et conseillée…

C’est accompagné des frères Marchand, qui participent à la Classique internationale de canots depuis 2010, qu’elle a entamé la portion d’environ 120 kilomètres de son périple sur le Saint-Maurice.

«On est expérimenté sur la rivière. Pour des raisons de sécurité, c’est toujours mieux d’avoir deux embarcations. On voulait vivre ça avec elle, alors on a dit oui tout de suite», a commenté Sylvain Marchand.

Évidemment, il y a eu toute une phase de préparation, physique et mentale, avant le début de cette aventure pour Caroline Côté.

«La préparation, c’est la moitié de l’expédition. Ç’a été un travail de fond au début. […] La préparation physique était importante, mais je pense que la préparation mentale l’était encore plus».

Parce qu’il faut le dire, il y a aussi des moments plus difficiles dans une aventure comme celle-là que ce soit pour la prise de décision sur le terrain ou la solitude.

«De ne pas pouvoir partager les beaux moments parfois c’est difficile», note-t-elle.

Tout au long de son chemin, Caroline met ses talents de cinéaste à l’œuvre afin de montrer différents paysages et ses différentes rencontres.

C’est Samuel Ostiguy qui s’est occupé d’orchestrer toute cette expédition. Il a accepté de relever ce défi avec grand plaisir.

«La première raison, c’est que je suis convaincu que c’est possible d’utiliser l’aventure comme moyen de communication. […] Ce que je trouvais magnifique de ce projet-là, c’est qu’il y avait un message, une histoire. En fait cette histoire, c’est la nôtre, celle du Québec, c’est l’immensité du territoire, c’est l’ingéniosité humaine, la détermination, le courage des gens qui travaillent…»

«En collaborant avec eux, il n’y avait aucune place à l’erreur. Ça m’interpellait. C’est un peu comme la mission d’un astronaute qui part sur la Lune et qu’on doit garder en sécurité. L’idée, c’était de voir comment s’assurer que Caroline soit en sécurité même si physiquement elle était seule sur le terrain […] La force humaine qui m’impressionne le plus, c’est Caro», a ajouté M. Ostiguy.

La fin de l’expédition est prévue pour le 16 juin. Après avoir affronté le Saint-Maurice, la jeune femme de 31 ans prendra la direction de Montréal.

Hydro-Québec voulait, avec cette expédition, mettre en valeur l’aspect exceptionnel du réseau électrique, l’immensité du territoire québécois et les gens qui y vivent.

«L’expédition électron est un défi sportif unique qui met aussi en lumière le savoir-faire des Québécois à l’origine de notre immense réseau électrique. Une aventure humaine exceptionnelle qui se nourrit de notre énergie collective et qui est tournée vers l’avenir».

Caroline n’en est pas à ses premiers exploits, en plus d’être une ultramarathonienne, elle a traversé l’Atlantique en voilier et a réalisé une expédition de plus de 3200 km en canot sur la rivière Yukon.

Tous les détails de l’expédition et l’évolution de l’athlète sont disponibles au http://www.hydroquebec.com/electron