Levée du drapeau du Carnaval de Gentilly. Le Bonhomme Carnaval, Ingrid Jeanbrun, présidente de l’événement et Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour

Carnaval de Gentilly: un cinquantième anniversaire dans l’ombre d’un premier

Bécancour — Le soleil brillait au-dessus de l’hôtel de ville de Bécancour jeudi matin pour la levée du drapeau de la 50e édition du Carnaval de Gentilly. Sous le thème «L’histoire d’une communauté tissée serrée», les éléments étaient réunis pour faire un peu oublier l’autre anniversaire — celui du lock-out — qui se joue quelques rues plus loin.

En présence de quelques membres du conseil municipal, la présidente de l’événement, Ingrid Jeanbrun, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, de même que le Bonhomme Carnaval, ont procédé à la traditionnelle levée du drapeau, marquant le début des activités de la portion hivernale des festivités. Mme Jeanbrun a profité de l’occasion pour présenter la programmation des semaines à venir.

La parade de samedi prochain, dite «réinventée», défilera sans char allégorique, «ça devenait un peu compliqué», souligne Mme Jeanbrun. «Cracheurs de feu, des mascottes, le Bonhomme et quelques surprises» sont toutefois au programme, promet-elle. C’est le groupe Bodh’aktan, composé de sept musiciens «pirates», qui assurera l’animation en soirée. Cette dernière se déroulera pour la première fois sous un chapiteau chauffé — on annonce des températures avoisinant les -25 degrés.

La soirée country, qui demeure un incontournable, selon la présidente, se tiendra à la salle Yvon-Guimond, le 25 janvier. Au menu des festivités, on compte également une pièce de théâtre — une nouveauté cette année —, un rallye, le tirage d’un lot de 10 000 $ lors du spectacle de la soirée de clôture et plusieurs autres activités.

En tout, près de 100 bénévoles travaillent à l’organisation de l’événement . Cela est sans compter ceux qui mettent la main à la pâte de façon plus ponctuelle. «Un bénévole, c’est aussi sa famille et tous ceux qui peuvent venir aider lors des événements», souligne Ingrid Jeanbrun. Celle-ci se réjouit par ailleurs de voir une relève émerger, son équipe étant majoritairement composée de gens de moins de 45 ans. Elle fait valoir que cela permet d’être optimiste quant à l’avenir du Carnaval. «On espère qu’on fera encore un autre 50 ans», lance-t-elle. Événement phare de la vie culturelle à Bécancour, le deuxième plus vieux carnaval au Québec remet chaque année les revenus qu’il génère, entre 60 000 $ et 70 000 $, aux loisirs de Gentilly et dans la communauté.

L’ombre du lock-out

La levée du drapeau se déroulait alors même que les employés de l’ABI s’apprêtent à souligner le premier anniversaire de leur mise en lock-out. Pour Ingrid Jeanbrun, dont le conjoint est lui-même au nombre des travailleurs affectés, cela fait malheureusement partie du contexte dans lequel le Carnaval se déroule. «On essaye de mettre ça de côté pour ne pas être juste là-dessus», explique-t-elle, tout en soulignant que «ça touche tout le monde, ça touche l’économie».

Quant au maire Dubois, les deux anniversaires sont difficiles à réconcilier. «Il y en a un triste, puis il y en a un joyeux», mentionne-t-il. Pour le reste, le Carnaval comme la municipalité doivent composer avec ce que le maire qualifie de malaise. «On n’est pas au niveau de la cause, on est au niveau de la conséquence», déplore ce dernier. «On a l’épée au-dessus de la tête, puis on dit “on voudrait bien que ça se règle, pis on pense rien qu’à ça”, mais on est complètement impuissant dans le dossier», se désole-t-il.

Un événement sans bouteilles d’eau?

La politique récemment adoptée par la ville de Bécancour voulant que les bouteilles d’eau soient désormais bannies des événements se déroulant sur son territoire demeure au stade de projet, pour l’instant. La problématique a fait partie des discussions dans les réunions du comité organisateur, mentionne Mme Jeanbrun, mais la logistique va nécessiter que l’on se penche davantage sur la question. «Ce n’est pas évident», fait valoir le maire Dubois. «Il y a bien des détails techniques reliés à ça, il va falloir transporter notre citerne, par exemple», explique-t-il. Il assure que le conseil est à y travailler, «on aura notre équipement, parce qu’on a de l’eau coté cinq étoiles depuis cinq ans à Bécancour», conclut-il.