Le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières, René Martin (à l'avant plan), et le directeur aux opérations policières, Gilles Masson.

Cannabis: un défi pour la Sécurité publique de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Les policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières feront face à un nouveau défi de taille en octobre, dès l’entrée en vigueur de la loi rendant légale la consommation de cannabis au Canada. Un nouveau règlement qui nécessitera une attention constante et particulière dans les mois et les années à venir, a-t-on indiqué vendredi matin, à l’occasion du dévoilement du Rapport annuel 2017 de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

En fait, selon le directeur du service, René Martin, il y a maintenant deux ans que la Sécurité publique s’attarde plus particulièrement à l’adoption imminente de cette loi. Après avoir travaillé sur les zones de culture autorisées à Trois-Rivières, et plus récemment sur les lieux où l’on pourrait autoriser l’implantation de points de vente, la police s’attend à ce que l’entrée en vigueur de la loi apporte un certain désordre social.

«C’est ce que nous devons surveiller. Il y aura une cohabitation à faire, entre les gens qui voudront en consommer et les gens qui n’endureront pas cette fumée ou cette senteur. On le vit un peu avec la cigarette. Le cannabis apportera ce même genre de problématique-là, notamment au niveau de la cohabitation dans les immeubles», indique René Martin.

Par ailleurs, la réglementation municipale devra aussi être adaptée en conséquence. «On est en train de regarder l’ensemble des règlements municipaux notamment en ce qui concerne la cohabitation, où on peut en consommer. Dans les parcs ? Un peu partout dans la ville ? Est-ce qu’on applique le même règlement qu’avec le tabac ? C’est ce qu’on est en train de définir et qui devra être en vigueur en octobre, lorsque la loi entrera en vigueur», ajoute René Martin.

Devant l’inconnu qu’apportera cette nouvelle réglementation, la direction de la police dit ne pas se sentir déstabilisée. «On est un peu habitués à ça. Chaque fois qu’il y a une nouvelle loi ou un changement, on doit s’adapter. Je pense qu’au fil des années, on est assez habile au niveau de l’adaptation, on n’a pas le choix», mentionne M. Martin.

Hausse de la criminalité

Par ailleurs, une hausse de la criminalité de l’ordre de 12,7% a été notée en 2017 à Trois-Rivières par rapport à 2016. Une hausse qui s’explique principalement par une augmentation des crimes contre la personne et contre la propriété.

Toutefois, 2016 avait été une année où le taux de criminalité enregistré avait été historiquement bas. Ainsi, sur les cinq dernières années, c’est plutôt une baisse de la criminalité de 13,4% que l’on note.

L’augmentation des crimes contre la personne s’explique davantage par une recrudescence des dénonciations en matière de violence conjugale et d’inconduite sexuelle, note René Martin. Ainsi, sans dire que ces crimes sont de plus en plus commis, ils sont à tout le moins de plus en plus dénoncés.

«Des gestes qui étaient auparavant plus tolérés ou endurés font face à moins de tolérance. Nous, la résultante de ça, c’est que les gens portent plainte, ce qu’ils ne faisaient pas avant. De la violence conjugale, il y en a toujours eu. Pendant de nombreuses années, il n’y avait pas de plainte parce que c’était considéré comme une chicane de famille. Aujourd’hui, on les a, ces plaintes-là. Les gens sont plus allumés et moins tolérants», constate René Martin.

Par ailleurs, le directeur de police note encore cette année une hausse importante des dossiers impliquant des cas de santé mentale. Depuis 2012, les policiers de Trois-Rivières ont été confrontés à une augmentation de 103% de ce type de dossiers.

La totalité des policiers de Trois-Rivières ont d’ailleurs suivi la formation en désescalade à l’École nationale de police du Québec, et le service s’est également muni du pistolet à impulsion électrique dernièrement, lui donnant une arme alternative dans ce genre d’intervention, permettant d’éviter l’utilisation de l’arme à feu. Depuis sa mise en service à Trois-Rivières, le pistolet à impulsion électrique n’a été utilisé qu’une seule fois, constate le directeur de la Sécurité publique.