Cannabis: un casse-tête pour les municipalités

TROIS-RIVIÈRES — La légalisation du cannabis constitue un casse-tête pour les municipalités qui ont l’impression de se trouver face à l’inconnu concernant cet épineux dossier.

«On aurait aimé ne pas avoir à composer avec cette loi-là. C’est envoyé dans notre cour sans accompagnement. On ne sait pas les impacts que ça va avoir. Les gens nous parlent du temps de la prohibition avec l’alcool. Mais quel impact ça va avoir en 2018 avec la rapidité de l’information, avec les réseaux sociaux? Je ne le sais pas», mentionne Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet.

«On est des gestionnaires. Ce n’est pas à nous de faire ça. C’était au gouvernement d’avoir davantage de balises pour nous guider là-dedans. Parce qu’à l’heure actuelle, c’est l’imbroglio un peu partout», note Bernard Thompson, maire d’Hérouxville.

D’autres se demandent comme sera appliquée la réglementation si elle très restrictive. «Il y a une rivière dans la municipalité. Si quelqu’un fume un joint sur la rivière dans sa chaloupe, qui va l’arrêter? La Sûreté du Québec? Un moment donné, il faut que ça ait du sens. Il ne faut pas virer le monde à l’envers non plus. Si les gens ont le droit de fumer, il faut bien qu’ils fument quelque part», lance Roger Michaud, maire de Maskinongé.

Plusieurs maires sont confiants qu’il n’y aura pas de débordements. «Je ne crains pas vraiment de problèmes majeurs, sauf en ce qui concerne les logements multiples. Ça me préoccupe davantage que les autres éléments», indique Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour. «Je pense que ceux qui consommaient de façon respectueuse vont continuer de le faire. Je ne pense pas que le 17 octobre, on va en voir partout sur les trottoirs», estime Annie Pronovost, mairesse de Saint-Tite.

Pour ce qui est du Festival western, la mairesse indique qu’il n’y a pas de décision de prise.

Au Festival de la galette de Louiseville, le cannabis pourrait être déclaré persona non grata si les consommateurs exagèrent même si le maire Yvon Deshaies s’est toujours dit en faveur de la légalisation. «Si les gens me disent que c’est incommodant, je vais l’interdire sur le site. Il va y avoir un chien avec une muselière et le cannabis et la cigarette barrés, ce qui veut dire: défendu sur le site. Je vais barrer les deux. De la boucane, c’est de la boucane pour moi.»