Plus d’une cinquantaine de personnes attendaient l’ouverture de la SQDC, jeudi matin à Trois-Rivières.

Cannabis: l’engouement ne s’essouffle pas

TROIS-RIVIÈRES — Visiblement, l’engouement pour le cannabis légal ne s’essouffle pas. Après une fermeture de trois jours pour cause de rupture de stock, la succursale trifluvienne de la Société québécoise du cannabis (SQDC) a été prise d’assaut jeudi matin par des consommateurs, impatients de pouvoir se procurer de la marijuana.

À 9 h 30 jeudi matin, trente minutes avant l’ouverture, ils étaient déjà plus d’une cinquantaine à faire la file devant la porte du commerce pour espérer se procurer du cannabis. La file était d’ailleurs si longue qu’elle contournait le bâtiment commercial vers le stationnement arrière de l’immeuble.

Rappelons que la succursale trifluvienne ainsi que toutes les autres succursales québécoises ont choisi de fermer leurs portes du lundi au mercredi, victimes de leur succès et incapables de répondre à la demande.

Et bien que le produit soit désormais légal et que les clients puissent s’en procurer sans être ennuyés par personne, force est de constater que les gens se sentent encore et toujours gênés de s’afficher publiquement comme étant des consommateurs de cannabis. De toutes les personnes rencontrées jeudi matin en attendant l’ouverture du commerce, aucune n’a souhaité être identifiée dans un reportage.

L’un de ces clients, premier en ligne à attendre l’ouverture, explique qu’il consomme du cannabis en comprimés, mais pour ses vertus thérapeutiques. «Ça agit comme relaxant musculaire pour moi, car j’ai de grosses douleurs un peu partout. Pour me le procurer en prescription, il fallait que j’aille voir un médecin de Montréal, car mon médecin de famille ne prescrivait pas ça», indique celui qui se dit maintenant rassuré de pouvoir s’en procurer légalement et sans prescription.

Toutefois, la pause de trois jours imposée par la SQDC lui a laissé un goût amer. «Il était temps que ça rouvre parce que je n’en avais plus, et ça fait deux jours que je dors mal à cause de mes douleurs», indique-t-il.

Son voisin dans la file questionnait pour sa part la limite de 30 grammes imposée à chaque client. «C’est trop selon moi. Il faudrait baisser ça et ça éviterait peut-être des problèmes de ravitaillement comme ils ont eus. À 30 grammes, je peux me faire de 30 à 35 joints. Si j’en fume,
disons, deux par jour, c’est une quantité qui va me durer plus que deux semaines», mentionne l’homme.

Pour la SQDC, la limite de 30 grammes par client a été décidée pour se coller au texte de la Loi canadienne, qui stipule qu’une personne peut posséder 30 grammes de cannabis, et il n’est pas question de revoir cette limite pour l’instant. 

Le porte-parole de la SQDC, Mathieu Gaudreault, constate que les files d’attente ont diminué depuis la première semaine d’ouverture, mais ne s’attend pas à ce que le problème d’approvisionnement soit complètement réglé avant la fin du premier trimestre. «Ce n’est pas une question d’avoir sous-estimé l’engouement de la clientèle, mais bien un problème d’approvisionnement. Au total, nous avons reçu peut-être 40 % de ce que nous avions commandé. Si les producteurs
étaient capables de livrer les quantités commandées, nous n’aurions pas eu ces problèmes», indique-t-il, rappelant que l’industrie du cannabis légal est naissante partout au pays et que la SQDC s’affaire à travailler avec les producteurs afin de trouver des solutions pour les aider.

La SQDC s’attend à ce que la situation se stabilise au cours des prochains mois, mais fermera assurément ses succursales encore cette semaine pour la période du lundi au mercredi, un arrêt qui, indique Mathieu Gaudreault, demeure bénéfique pour la SQDC au niveau de la gestion des stocks disponibles et afin de pouvoir offrir un bon service à sa clientèle.