Le fondateur de Cannabis Québec, Gyno Desrosiers.

Cannabis: Desrosiers dans la mire de la Ville de Nicolet

NICOLET — Il n’est pas question pour la Ville de Nicolet de laisser Cannabis Québec vendre à sa guise de la marijuana dans son local de la rue Saint-Joseph. Une action a d’ailleurs été prise pas plus tard que mardi afin de contrecarrer les plans de l’entrepreneur Gyno Desrosiers et le forcer à respecter la réglementation municipale en vigueur.

La mairesse de l’endroit, Geneviève Dubois, reconnaît par contre qu’un changement d’usage a été octroyé en août 2017 par le département d’urbanisme de la Ville afin que M. Desrosiers puisse pratiquer d’autres activités qu’auparavant dans son local. Par contre, aucun type de vente, légale ou illégale, n’y est permis selon la mairesse. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un geste a été posé par l’administration municipale.

«Il lui est permis d’y avoir un bureau d’affaires où il peut faire de la gestion et de la comptabilité. M. Desrosiers voulait également faire du démarchage pour vendre des franchises. C’est tout ce qui lui est permis dans ce bureau-là», explique la mairesse. Elle ajoute par ailleurs qu’aucun citoyen n’a formulé de plainte relativement aux réelles activités commerciales de Cannabis Québec.

Mme Dubois rappelle que la demande de changement d’usage avait été acceptée à une époque où le scénario de la vente du cannabis après sa légalisation n’était pas encore connu.

«Nous n’avions pas encore la donne que ça serait la Société québécoise du cannabis qui aurait la distribution. Nous ne savions pas la forme que ça prendrait. Alors je pense qu’il avait comme idée d’être proactif et de vendre des franchises pour être prêt lorsque le cannabis sera légal. [...] Avec la création de la Société québécoise du cannabis, on se demandait ce qu’il pourrait faire», mentionne-t-elle.

Pour sa part, M. Desrosiers reconnaît qu’il vend présentement du cannabis à des fins thérapeutiques, et ce, même s’il ne détient pas de licence de Santé Canada. Il précise que plusieurs franchises de Cannabis Québec ont trouvé preneur au cours des derniers mois et estime que le gouvernement lui a coupé l’herbe sous le pied en créant la Société québécoise du cannabis. Il va même jusqu’à dire que la gestion de la distribution et de la vente de ce produit devrait lui revenir car Cannabis Québec, qui est un organisme à but non lucratif, a été créé avant la société d’État.

Pas d’appui du bloc pot
Ironiquement, le Bloc Pot n’endosse pas l’initiative de Cannabis Québec. Au contraire, la formation politique tient à s’en dissocier. Le candidat du parti marginal dans Nicolet-Bécancour, Blak D. Blackburn, indique que l’entrepreneur a approché plusieurs militants de sa formation, dont lui-même, afin de sonder leur intérêt à l’appuyer dans sa démarche.

«On n’a jamais collaboré avec lui. [...] Quand on a pris connaissance de son projet, on a bien vu que ça ne tenait pas la route», indique le candidat qui en est à sa sixième élection pour le Bloc Pot.

Du côté de la Sûreté du Québec, on confirme qu’on est bien au fait du dossier et que des vérifications ont été effectuées.