La légalisation du cannabis semble n’avoir eu aucun impact sur la vie dans les bars de Trois-Rivières, du moins, pas pour le moment.

Cannabis: des propriétaires de bars craignent des problèmes à l’été

TROIS-RIVIÈRES — La légalisation du cannabis semble n’avoir eu aucun impact sur la vie dans les bars de Trois-Rivières, du moins, pas pour le moment. Certains tenanciers s’inquiètent toutefois que cette réalité ne change l’été prochain, lorsque les terrasses seront à nouveau ouvertes.

«Peut-être cet été, on risque d’en voir plus dehors, près des terrasses, soulève Karine Massicotte, propriétaire du P’tit Pub. Ça risque de déranger, surtout s’il y a des enfants. Je suis aussi convaincue que mes clients n’aimeraient pas que ça se mette à sentir.

Mais peut-être que les gens seront respectueux.»

Il faut dire que la légalisation est arrivée alors que la saison des terrasses est terminée et alors que le mois d’octobre a amené avec lui un temps plus froid. Pas de risque, pour l’instant, de sentir des effluves de «mouffette» en savourant son repas ou sa bière sur la rue des Forges.

Cela dit, jusqu’à présent, les tenanciers disent ne pas avoir à se plaindre de désagréments qu’auraient pu causer les amateurs de cannabis. Les quelques propriétaires et gérants de bars rencontrés par Le Nouvelliste tiennent le même discours: la légalisation n’a absolument pas changé les habitudes de leurs clients.

«Je n’ai vu aucun changement à l’intérieur, les gens ne sont pas plus agressifs et personne ne s’est plaint que ça sentait dehors, à la sortie, indique Julie, gérante du Trèfle. On n’a pas vu non plus de gens rouler leur joint sur le comptoir.»

Les «poteux» restent discrets

Les trottoirs du centre-ville n’ont pas non plus été envahis par les «poteux» depuis le 17 octobre. Ou alors, ils sont restés particulièrement discrets.

«La journée de la légalisation, il y a une fille qui m’a dit: “je suis complètement défoncée et je peux le dire!”, raconte Gabriel Morin, gérant et sommelier au Contrebandier. Mais sinon, je n’ai pas vu de différence au centre-ville, ça ne sent pas la “mouffette” quand je me rends au travail.»

Les amateurs de cannabis restent manifestement discrets, tant à l’intérieur des bars qu’à leur sortie: aucun des tenanciers interrogés n’a rapporté avoir entendu des clients se plaindre d’avoir humé l’odeur caractéristique de la drogue désormais légale.

«On en a parlé pendant un meeting cette semaine; les employés riaient en disant que les “poteux” doivent rester chez eux, parce qu’ils n’en ont pas vu», lance Sébastien Hamel, directeur général associé à l’Archibald.

Les propriétaires rencontrés ne s’inquiétaient pas non plus des répercussions de la légalisation sur leurs employés. «On tient le même discours que d’habitude: on ne tolère aucune consommation au travail, indique Gabriel Morin. C’est comme dans tous les milieux de travail, en tant qu’employeur, tu ne veux pas avoir quelqu’un qui rentre travailler alors qu’il est intoxiqué.»

Pas de baisse des ventes

Certains propriétaires de bars se disaient cette semaine inquiets que la légalisation du cannabis entraîne une baisse des ventes d’alcool, comme l’a dit notamment l’homme d’affaires montréalais Peter Sergakis dans La Presse. Force est toutefois de constater que pour le moment, cela ne semble pas être le cas.

«Ça m’inquiète un peu, mais je n’ai pas vu de baisse des ventes pour le moment», affirme Tommy Boisvert, propriétaire de La P’tite Grenouille, au centre-ville.

Même son de cloche chez chacun des propriétaires et gérants interrogés par Le Nouvelliste. Certains indiquent toutefois que leur clientèle n’est probablement pas du genre à être attirée par le cannabis.

«Ma clientèle est plus âgée, elle n’est pas portée vers ça», croit Karine Massicotte.