La Tuque va interdire le cannabis dans les lieux publics.

Cannabis à La Tuque: «Ce sera une ville sans boucane»

LA TUQUE — Il n’y aura pas d’ambiguïté vis-à-vis le cannabis en Haute-Mauricie. Le maire de La Tuque a été clair, la seule place où il sera permis d’en consommer c’est à la maison et sur un terrain privé.

«Ce sera une ville sans boucane. Dans toutes les places publiques, aucun cannabis ne sera toléré. Pour nous, il est clair que l’objectif qu’on voulait rejoindre, c’est une ville sans cannabis. Les gens pourront le faire chez eux seulement», a affirmé fermement le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.


« Ce sera difficile d’application, mais notre politique va être connue des policiers, des agents de sécurité lors d’activités, des inspecteurs municipaux…  »
Le maire Pierre-David Tremblay

Le projet de règlement modifiant le règlement municipal régissant la paix, le bon ordre et les mœurs sur le territoire municipal a été adopté lors de la dernière assemblée publique du conseil. On y prévoit, entre autres, qu’il sera interdit de fumer du cannabis ou de consommer tout autre type de drogues dans toutes les rues, les parcs ou les places publiques de la municipalité.

Il sera également interdit dans tout lieu public d’avoir en sa possession quelque objet, matériel ou équipement servant à la consommation de stupéfiant au sens de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, dont notamment toute pipe à hasch, bonbonne et balance portative.

Ce règlement est à l’étape de projet et sera adopté officiellement à l’assemblée du 16 octobre, entrant en vigueur le 17 octobre prochain.

La Ville se dit bien consciente que le règlement pourrait être difficile à appliquer, mais fait appel à la bonne foi des citoyens.

«On compte sur leur bonne foi. Il y a des senteurs, des réactions, des symptômes, ça peut déranger. Ce sera difficile d’application, mais notre politique va être connue des policiers, des agents de sécurité lors d’activités, des inspecteurs municipaux… », a commenté M. Tremblay.

Ce sera également tolérance zéro pour les employés de la municipalité. Le cannabis sera traité au même titre que l’alcool.

«On ne pouvait pas laisser de vide à la politique. Maintenant ça englobe tout», a souligné Pierre-David Tremblay.

La Ville de Shawinigan s’est également penchée sur la question du cannabis sur son territoire récemment. Le conseil municipal de Shawinigan veut s’inspirer des balises imposées aux fumeurs de cigarettes pour mettre en application des dispositions encadrant le cannabis sur son territoire.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, avait alors expliqué que le conseil municipal avait été guidé par une volonté d’imposer des mesures réalistes. Il avait indiqué que l’un des objectifs poursuivis était de pouvoir appliquer la réglementation qui sera adoptée.

«Il serait utopique de croire qu’on va l’interdire partout», avait-il lancé.

À Trois-Rivières, on a également choisi de se coller sur la réglementation en vigueur concernant l’utilisation de la cigarette. L’usage du tabac étant déjà interdit dans les parcs, il faut donc comprendre que le cannabis sera lui aussi interdit dans les parcs. Par ailleurs, la Ville va mettre en place un comité de vigie qui sera appelé, une fois la loi en vigueur, à se pencher sur les problèmes qui surviennent en lien avec la consommation de cannabis dans des lieux publics, et à mettre de nouvelles règles en place au besoin.

Nouvelles modifications
La Ville de La Tuque a également fait des mises à jour dans sa politique sur les frais de déplacement et de séjour des élus et pour le personnel de la Ville de La Tuque.

«C’est en fait une actualisation. La politique ne tenait pas compte de certains détails et on a ajusté le kilométrage aussi […] Il y avait des frais de buanderie pour le lavage de linge, on a enlevé ça. La situation ne s’y prête plus», a indiqué Pierre-David Tremblay.

Ce dernier a également clarifié la situation quant aux conjoints et conjointes lors d’événements de représentations.

«Le soir ou les fins de semaine, lors d’activités, j’aime bien être accompagné de ma conjointe. Avant, les billets étaient gratuits, donc il n’y avait pas de frais. Moi, j’ai demandé que tous les billets qui arrivent à l’hôtel de ville soient défrayés. Ça encourage indirectement les organismes. Alors là, on se trouvait à payer le billet des conjoints, conjointes, dans des situations de représentations, de protocole, qui sont acceptés. On a rectifié ça dans un but de transparence», a conclu le maire.

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches