Alain Rayes, lieutenant politique pour le Québec du Parti conservateur, Bruno-Pier Courchesne, candidat conservateur dans Saint-Maurice - Champlain et Yves Lévesque, candidat pour la même formation dans Trois-Rivières.

Candidat conservateur dans Saint-Maurice - Champlain: Bruno-Pier Courchesne veut «sortir le Champagne»

Shawinigan — Un peu plus de 80 personnes se sont déplacées à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan, lundi soir, afin de participer au lancement de campagne du candidat conservateur de la circonscription de Saint-Maurice - Champlain en vue des élections fédérales. Bruno-Pier Courchesne ne s’est pas gêné pour viser le député sortant, François-Philippe Champagne, l’une des figures de proue du gouvernement libéral.

«Le 21 octobre, le choix est simple: on vote Parti conservateur», souhaite-t-il. «On va enfin mettre le rouge de côté et on va sortir le Champagne!»

Alain Rayes, lieutenant politique des conservateurs au Québec, s’était déplacé pour l’occasion. Les candidats conservateurs de Berthier - Maskinongé, Josée Bélanger, de Bécancour - Nicolet - Saurel, Pierre-André Émond et de Trois-Rivières, Yves Lévesque, participaient aussi à ce lancement. Bien qu’il reconnaisse qu’il en aura plein les bras dans son comté, l’ex-maire de la capitale régionale assure qu’il sillonnera toute la région au cours des prochaines semaines pour aider ses collègues.

Pendant son discours, M. Courchesne s’est attardé sur un élément que les candidats conservateurs ne ménageront pas au cours des prochaines semaines: la collection de déficits des libéraux depuis 2015.

«C’est inacceptable d’avoir un gouvernement au pouvoir qui accumule les déficits quand l’économie va bien», rappelle M. Courchesne. «Les travailleurs d’aujourd’hui auront à rembourser cette dette. C’est ma génération et celle de nos enfants qui auront la tâche de rembourser la dette que le gouvernement libéral nous laisse en héritage.»

CNVR

Spontanément, M. Courchesne souligne que l’accompagnement des entrepreneurs, le secteur agricole et l’industrie forestière attireront son attention au cours de la prochaine campagne. Mais son lancement a failli être perturbé par des représentants du Syndicat des employés de l’impôt du Centre national de vérification et de recouvrement (CNVR) de Shawinigan. Ces derniers ont finalement dû se contenter d’un entretien avec les candidats de Saint-Maurice - Champlain et de Trois-Rivières juste avant l’activité.

«Nous étions ici pour leur faire part de notre position sur le rapport d’impôt unique, comme le prônent les conservateurs», explique Patrick Bertrand, président de la section locale du Syndicat des employés de l’impôt. «Nous avons présentement plus de 1500 emplois à Shawinigan. Cinq cents embauches ont été faites au cours de la dernière année, à un salaire d’entrée de 47 300 $. Avec un rapport d’impôt unique, on perdrait ces emplois. L’Agence du revenu n’investirait plus dans nos infrastructures, alors qu’elle nous a promis un nouveau centre.»

Cette inquiétude des représentants syndicaux avait été largement diffusée en début d’année. Pariez votre plus belle chemise que les libéraux utiliseront cette carte dans la région au cours des prochaines semaines.

M. Courchesne réitère que si jamais le gouvernement du Québec rapatriait ce pouvoir, Shawinigan ne subirait aucune perte d’emplois.

«L’objectif est clair et ça a été dit par notre chef», précise M. Rayes. «Ce n’est pas de couper des emplois, mais donner un seul rapport d’impôt aux citoyens du Québec, une demande unanime de tous les partis. Nous voulons respecter cette demande. L’objectif est de procéder par attrition, par relocalisation de certains employés à la suite d’ententes, ou même d’utiliser l’expertise de certains employés pour la lutte aux paradis fiscaux, un grave fléau. Il y a moyen de travailler de façon intelligente sans créer de pertes d’emplois.»

«L’objectif est de simplifier la tâche des citoyens et des entreprises au quotidien», ajoute le député de Richmond-Arthabaska. «Nous sommes la seule province au Canada avec deux rapports d’impôt. Il n’y a aucune raison de ne pas être capable de relever ce défi ensemble. C’est une mesure administrative qui sera faite de façon intelligente.»

D’ailleurs, M. Lévesque martèle qu’il s’agit simplement de respecter une demande d’un gouvernement provincial.

«Le syndicat pointe le Parti conservateur, mais nous ne sommes pas les instigateurs de cette demande», indique-t-il. «Il ne faut pas respecter une juridiction seulement quand ça fait notre affaire. S’il y a des gens à aller voir par rapport à cela, c’est au gouvernement du Québec et chez tous les partis confondus.»

M. Rayes assure également que les investissements annoncés pour la création d’un nouvel immeuble pour le CNVR d’ici 2024 seraient maintenus avec un gouvernement conservateur.

«Rien ne change pour nous», mentionne-t-il. «Que ce soit à Shawinigan ou à Jonquière, les travailleurs traitent des demandes de partout à travers le Canada. Les craintes sont amplifiées. Mais on comprend que des gens soient nerveux, comme dans tout changement.»