Les Villes attendent toujours le feu vert de Québec pour la tenue des camps de jour.
Les Villes attendent toujours le feu vert de Québec pour la tenue des camps de jour.

Camps de jour: toujours en attente du feu vert de Québec, des organisations choisissent d’annuler

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les mesures qui devront être mises en place pour respecter les normes de santé publique dans les camps de jour cet été, si le gouvernement devait autoriser leur tenue, forcent déjà plusieurs organisations à annuler tout simplement la tenue des camps de jour. C’est notamment le cas des camps du Centre de l’activité physique et sportive de l’UQTR, de même que des camps de Technoscience Mauricie et Centre-du-Québec.

Quant aux Villes et Municipalités, plusieurs ont déjà fait savoir qu’elles avaient l’intention d’offrir des camps de jour si Québec l’autorise, mais le guide publié vendredi par l’Association québécoise du loisir municipal (AQLM) laisse croire que ceux-ci seront passablement réduits, au moins du tiers de la clientèle en raison des mesures de distanciation sociale.

Précisons d’emblée que la publication de ce guide n’autorise pas pour autant la tenue des camps de jour. Cette décision devra être approuvée ou non par Québec, ce qui devrait se faire dans les prochains jours. Toutefois, si le gouvernement Legault devait donner son aval à la tenue des camps de jour, l’organisation de ces camps serait fort probablement teintée des recommandations de l’AQLM.

Ces règles nécessitent aujourd’hui de faire passer de 15 à 10 le ratio d’enfants de 9 ans et plus par animateur. Ce ratio diminue encore chez les plus jeunes, passant de 7 jeunes pour un animateur chez les 7-8 ans à 4 jeunes pour un animateur chez les 3-4 ans.

Par ailleurs, de nombreuses mesures sont exigées quant à l’aménagement des locaux en prévision du respect de la distanciation sociale, du ratio de 15 enfants maximum à respecter dans des locaux similaires aux salles de classe, des mesures d’hygiène à privilégier, des aménagements d’horaire pour l’accueil et les repas des enfants, la création de sous-groupes qui ne pourront se mélanger les uns aux autres, etc. En tout temps, l’AQLM dit que les activités extérieures devront être privilégiées.

Dans les circonstances, le CAPS de l’UQTR a indiqué vendredi qu’il annulait la tenue pour l’été 2020 des camps Mini-Pats (anciennement le camp Multisport) et des écoles de hockey, soccer, cheerleading et volleyball des Patriotes. Même son de cloche pour Technoscience Mauricie et Centre-du-Québec, qui doit annuler ses camps Débrouillards, Génitrucs, Numérique et Explorateurs.

À l’UQTR, on explique notamment que les activités offertes ne permettent pas de croire que la distanciation sociale puisse être respectée, mais également que l’abaissement des ratios d’enfants et l’embauche de personnel supplémentaire ne pourraient pas assurer la viabilité financière des activités. En outre, l’accès au campus de l’UQTR pour l’été est encore incertain, et l’accès aux arénas a déjà été reporté au 1er septembre.

«Les activités que nous offrions se trouvaient forcément dénaturées par les mesures de distanciation sociale, ce n’était pas possible d’imaginer leur tenue. Par ailleurs, en raison de l’abaissement des ratios mais également de l’achat de matériel supplémentaire pour répondre aux exigences, on se dirigeait vers un important déficit pour l’organisation. Ce n’était pas réaliste», explique le porte-parole de l’UQTR, Jean-François Hinse, qui assure que toutes les inscriptions déjà prises seront remboursées. Environ la moitié des places de ces différents camps avaient déjà été comblées.

Pour l’équipe de Technoscience, les différents critères demandés de même que l’incertitude quant à l’accès des sites habituels ne permettaient pas d’offrir les camps. «Dans ce contexte, il nous est impossible de garantir aux parents et aux jeunes une expérience de camp optimale, à la hauteur de ce que nous offrons depuis plus de 30 ans. Nous avons longtemps hésité à annuler nos camps, déçus de ne pas pouvoir offrir ce service aux citoyens de la région. Toutefois, notre priorité est la sécurité des enfants et de notre équipe», souligne la directrice générale, Nancy Migneault.

Rappelons également que le camp de jour de l’Île Saint-Quentin est aussi annulé, cette fois en raison de la fermeture du parc pour la totalité de la saison estivale.

Camps municipaux

Du côté des Villes et Municipalités, on a bien reçu le document présenté par l’AQLM vendredi, et on en est à évaluer les différents scénarios qui permettraient de tenir les camps de jours. Toutefois, tant du côté de Shawinigan, Trois-Rivières, Nicolet et Bécancour, personne ne confirmera leur tenue tant que Québec n’aura pas donné son feu vert.

À Trois-Rivières, on réitère l’intention de tenir des camps de jour qui pourraient être différents. «En raison des règles de santé publique et de distanciation sociale à respecter, la Ville prévient que son offre de services sera différente. En effet, les mesures à mettre en place auront comme conséquence de réduire la diversité des activités ainsi que le nombre de places disponibles. Malgré tout, en se basant sur le ratio du nombre d’enfants retournés sur les bancs d’école, la capacité d’accueil pourrait suffire», estime la Ville.

Même son de cloche à Bécancour. «Nous allons évaluer nos différents scénarios pour voir comment c’est réalisable, en termes de ratios d’enfants, de ressources financières et de ressources humaines. Nous allons nous assurer aussi de répondre à tous les critères», commente Émilie Hogue, directrice des services à la communauté à la Ville de Bécancour.

Un avis partagé au Centre sportif Alphonse-Desjardins, où on se dit prêts à accueillir les jeunes, à condition que Québec l’autorise. Il restera à voir de quelle façon les activités s’opéreraient et combien d’enfants y seraient admis.

Notons par ailleurs que le document fourni par l’AQLM ne donnait aucune directive concernant les camps de vacances, comme ceux du Lac-en-Coeur par exemple. Il semble que plusieurs données devant être fournies par la Direction de la santé publique soient encore manquantes pour pouvoir émettre des directives précises pour ces organisations.