Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.
Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Camps de jour, prise deux

SHAWINIGAN — L’étonnant revirement de situation du gouvernement du Québec concernant les ratios à respecter entre les moniteurs et les enfants dans les camps de jour, mercredi, a forcé les directions des loisirs à rapidement retourner sur les planches à dessin dans les municipalités qui offrent ce service. Mais à Trois-Rivières, les inscriptions débutaient au même moment!

Le maire, Jean Lamarche, indique que le plan prévu n’a pas été modifié. Il n’exclut toutefois pas la possibilité d’accueillir un peu plus d’enfants.

Jeudi, la Direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire de Trois-Rivières a annoncé que tous les camps de jour affichaient déjà complet. Un millier de jeunes participeront à ces activités cet été, du 29 juin au 14 août. L’an dernier, la capacité d’accueil s’établissait à 1800 enfants. À noter que les frais n’ont augmenté que de 5 $ par rapport à l’an dernier.

«En moins d’une heure, les inscriptions étaient complétées», indique M. Lamarche. «Nous vérifions les doublons, mais nous savons que nous avons entre 200 et 300 enfants sur la liste d’attente.»

«Le ratio n’est qu’une partie du problème», ajoute le maire de Trois-Rivières. «L’autre partie concerne l’espace de distanciation. Je n’ai pas de promesse à faire, mais nous travaillons à voir si nous ne pourrions pas bonifier notre offre. On regarde ce qu’on peut faire.»

À Shawinigan, le conseil municipal avait décidé, lundi soir en séance privée, d’offrir à nouveau des camps de jour cet été, mais de se limiter à environ 230 inscriptions. Jeudi, le Service des loisirs, des sports et de la vie communautaire est retourné faire ses devoirs, à la suite des nouvelles directives.

La Ville de Shawinigan annonce finalement que les inscriptions débuteront le 11 juin, à 16 h 30, par téléphone ou en ligne (www.shawinigan.ca/campdejour). Puisque les mêmes ratios qu’habituellement s’appliqueront, le nombre de places passe à 330. Néanmoins, le maire, Michel Angers, exhorte les parents qui le peuvent à se prévaloir d’une alternative, afin de laisser les places à ceux pour qui il s’agit d’un service essentiel.

«C’est avec beaucoup de surprise que j’ai vu que la santé publique avait changé son fusil d’épaule», témoigne M. Angers. «Par contre, nous avons toujours les mêmes règles de locaux, de distanciation. Ça nous permet quand même d’ajouter une centaine de jeunes, ce qui fait notre affaire.»

À Shawinigan, le camp de jour se déroulera aussi du 29 juin au 14 août, aux écoles des Bâtisseurs, Dominique-Savio, Immaculée-Conception et Laflèche. Les tarifs n’augmentent que de 10 $ par enfant par rapport à l’an dernier, même si habituellement, ce camp accueille entre 550 et 600 enfants.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

«On s’attend à ce qu’il y ait des compensations», glisse le maire de Shawinigan. «On ne veut pas refiler la facture aux citoyens. Déjà, il y a suffisamment de contraintes, on ne doublera pas les frais.»

Gauche, droite

Depuis le début de la pandémie, les municipalités doivent réagir rapidement aux décisions et parfois, aux contradictions du gouvernement du Québec. L’exemple des camps de jour crève les yeux, mais celui sur les jeux d’eau, la semaine dernière, n’était pas mal non plus.

«Ce n’est pas facile», convient M. Angers. «Le premier ministre annonce les bonnes nouvelles et après, le cahier de charge nous arrive et nous devons réagir. Les gens pensent que lorsque c’est annoncé à 13 h, tout sera fait à 14 h. Ça ne fonctionne pas comme ça! Chez nous, c’est le branle-bas à chaque fois.»

M. Lamarche reconnaît que la période de déconfinement semble plus complexe que les restrictions imposées au début de la crise sanitaire.

«Mais qui peut prétendre avoir de l’expérience en déconfinement de cette ampleur?», questionne-t-il.

«On essaie de travailler le plus efficacement possible, dans le respect des mesures que nous avons prises. Par exemple, quand du personnel des loisirs aide les brigadiers et qu’on annonce qu’on rouvre les terrains de jeux, que fait-on avec nos brigadiers? On doit faire des choix et ça devient compliqué.»

Le maire de Shawinigan ne détesterait pas être mis dans le coup un peu plus en avance. Il fait remarquer que les diverses associations provinciales travaillent avec le gouvernement et la santé publique pour établir des scénarios.

«Mais les municipalités n’ont aucune idée de ces plans de match», déplore M. Angers. «Nous arrivons en bout de piste et il faut appliquer.»

À Shawinigan comme à Trois-Rivières, les maires ne tarissent pas d’éloges à l’endroit des employés municipaux, particulièrement sollicités en cette période de déconfinement.

«Je sens que nos équipes commencent à être fatiguées et je trouve ça dur», confie M. Lamarche. «C’est difficile de voir des gens mettre autant de temps et d’énergie, puis devoir reculer sur des décisions qui leur avaient été imposées.»

«Je ne condamne personne, mais il y a un constat à faire», termine le maire de Trois-Rivières. «Aux ressources humaines, il y a une dépense. À un moment donné, on va avoir besoin d’aide.»

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Une bonne nouvelle

L’annonce faite mercredi relativement au réajustement des ratios animateur/enfants pour les camps de jour constitue une bonne nouvelle, non seulement pour les responsables de ces camps, mais aussi pour les parents qui comptaient sur ces services cet été et qui craignaient de ne pas avoir de place pour leur enfant.

Du côté de Nicolet, le camp de jour pourra notamment accueillir 190 enfants, ce qui représente un nombre quasiment équivalent aux années précédentes.

«Chez nous, ce nouveau changement se traduira par l’ajout d’un deuxième site (l’école secondaire Jean-Nicolet) qui s’ajoutera à l’école primaire Curé-Brassard. Le camp étant offert aux 5-12 ans (les 4 ans ne pourront pas être admis), nous pouvons imaginer, par exemple, que les plus jeunes seront à l’école primaire et les autres utiliseront l’école secondaire avec qui nous venons tout juste de convenir d’une entente», souligne la directrice des Services à la communauté à la Ville de Nicolet, Geneviève Duval. 

Avec l’ajout d’une centaine de places, Nicolet n’aura plus besoin d’accorder une priorité aux travailleurs des services essentiels de son territoire. Par contre, les activités ne seront pas ouvertes aux non-résidents. 

Pour le camp de jour du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, cette annonce permettra de faire passer le nombre d’enfants de 70 à 133 par semaine.

«Les inscriptions pour l’été avaient été comblées en moins de deux heures la semaine dernière. Nous avons une liste d’attente de 40 enfants. Malgré tout, cela nous permet de prendre des inscriptions supplémentaires pour venir offrir un service aux parents» explique Judith Picard, responsable du camp. (MATHIEU LAMOTHE)