Jessie Petit, Benjamin Grand et leurs deux enfants, Clara, 7 ans, et Alexandre, 5 ans, devant l’endroit où se trouvait leur maison avant qu’elle ne soit détruite par un incendie, en janvier dernier.
Jessie Petit, Benjamin Grand et leurs deux enfants, Clara, 7 ans, et Alexandre, 5 ans, devant l’endroit où se trouvait leur maison avant qu’elle ne soit détruite par un incendie, en janvier dernier.

Camping Les lions d’or: après le feu, le coronavirus

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Saint-Étienne-des-Grès — Après l’incendie dévastateur qui a complètement détruit le bâtiment qui abritait leur résidence et leur pavillon d’accueil le 29 janvier dernier, les propriétaires du camping Les lions d’or à Saint-Étienne-des-Grès, Benjamin Grand et Jessie Petit, ont décidé de se retrousser les manches et de reconstruire. Les travaux devaient d’ailleurs débuter cette semaine, mais évidemment, la crise causée par la COVID-19 est venue contrecarrer les plans de ces parents de deux jeunes enfants.

«Nous sommes désormais passés à l’étape de la résilience, et bien que le contexte actuel avec le coronavirus soit une épreuve supplémentaire, nous sommes déterminés à avancer et à préparer notre reconstruction», assure M. Grand.

Comme tous les entrepreneurs, il doit jongler avec l’incertitude et toute l’inquiétude qui en découle. «La construction devait commencer hier [mardi] en fait, mais avec les nouvelles mesures qui ont été prises pour la COVID-19, ce n’est plus possible. La seule chose qu’on sait, c’est que dès que le gouvernement autorisera les entreprises de construction à reprendre leurs activités, on devrait faire partie des priorités du constructeur», explique M. Grand.

Ce dernier ignore aussi de quoi aura l’air la saison de camping. «Quand on a fait nos projets de reconstruction, on est parti avec l’idée que notre saison allait se faire normalement. Là aujourd’hui, c’est certain qu’on ne sait pas encore quelles mesures seront prises. Imaginons dans le pire des cas que nous ne pouvons pas ouvrir au niveau du camping, est-ce que des solutions pourraient être proposées par le gouvernement? Là on est un peu en attente. Je sais qu’il y a déjà eu quelques propositions qui ont été faites de la part du gouvernement, mais malheureusement, aujourd’hui, on ne rentre dans aucune des cases qui ont été proposées», déplore-t-il. Si la saison a lieu tout de même, il s’attend toutefois à une baisse d’affluence.

Cette crise est une tuile de plus qui leur tombe sur la tête après l’incendie qui leur a fait perdre tous leurs biens. «Pendant la journée [de l’incendie], tout s’est enchaîné, on ne voit pas les choses passer, on n’arrive pas à réaliser, et le soir, on commence à repenser à nos souvenirs, à tout ce qu’on a pu perdre. On a perdu tous nos souvenirs, c’est ce qui a été le plus dur», confie M. Grand.

Heureusement, l’appui de la communauté les a grandement aidés à se relever. «Nous avons reçu tellement de messages d’encouragement et de témoignages d’amour de la part des gens, toute cette solidarité nous a vraiment permis de tenir le coup moralement et psychologiquement.»

Sur le coup, ils ont envisagé de tout abandonner. Mais les messages de soutien les ont convaincus de ne pas baisser les bras. «On a mis beaucoup de temps et beaucoup d’amour dans ce camping. Ça aurait été bête de tout arrêter là. Qu’on reparte ailleurs ou qu’on reparte au camping, dans tous les cas, ça revient à refaire un début. Mais ç’a été très, très dur pour être honnête. Très dur. Complètement.»

Ils comptent investir 300 000 $ pour la reconstruction du bâtiment incendié. Y seront aménagés leur demeure, le pavillon d’accueil, le dépanneur, mais aussi un service de massothérapie qui sera offert toute l’année par Mme Petit qui était physiothérapeute en France. Des soins de massages suédois, des massages thérapeutiques, des massages pour les femmes enceintes et des massages d’initiation aux enfants seront disponibles.

D’autres investissements devront être faits pour réparer la façade de la salle communautaire qui a été endommagée lors de l’incendie et pour remplacer l’atelier qui a brûlé.

Les propriétaires, originaires de la France, ont acheté le camping en 2015. Depuis, ils ont multiplié les investissements pour en faire un véritable petit bijou. Il a d’ailleurs reçu sa classification quatre étoiles de la part de Camping Québec l’été dernier. Il a aussi été nommé deuxième camping de l’année à l’échelle provinciale en 2017, en plus d’avoir reçu plusieurs prix de la MRC de Maskinongé et de différents autres organismes.

Après avoir travaillé d’arrache-pied pour obtenir la classification quatre étoiles, ce couple pensait bien que cette année il allait récolter les fruits de ses efforts tout en profitant d’une accalmie sur le plan des travaux à effectuer. Mais c’est tout le contraire qui s’est produit.

«Ça fait cinq ans qu’on a acheté le camping et on a travaillé énormément. […] Cette année, il y avait des travaux prévus, mais d’une ampleur beaucoup moins grande que ce qu’on a fait avant. C’était une année qui devait être un peu plus cool, et je vous avoue que là, on est reparti sur le champ de bataille en quelque sorte.»

Même si le bâtiment n’est pas complété, leur saison de camping, qui débute le 10 mai, pourra aller de l’avant, si les mesures gouvernementales le permettent. Un bureau d’accueil provisoire sera mis en place.

Le retour des campeurs sera certainement un baume sur cette année difficile. «Il nous tarde de pouvoir accueillir nos clients cet été afin d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire du camping Les Lions d’or», conclut M. Grand.