La Municipalité de Saint-Boniface modifiera sa pancarte de sensibilisation à une consommation responsable de l’eau potable à la suite d’une proposition de la Ville de Saint-Jérôme.

Campagne de sensibilisation sur l’eau potable: Saint-Boniface corrige le tir

SAINT-BONIFACE — La Municipalité de Saint-Boniface modifiera sa pancarte de sensibilisation à la consommation responsable de l’eau potable à la suite de la controverse impliquant la Ville de Saint-Jérôme, qui avait mis sur pied une campagne pratiquement identique en 2017.

L’administration de la municipalité apposera sur sa pancarte un collant qui affichera le message: «Ici, à Saint-Jérôme, ou ailleurs, on économise l’eau!» Les modifications seront faites sur la pancarte dès le début de la semaine prochaine. «C’est réglé», tranche le maire de Saint-Boniface, Pierre Désaulniers.

Le maire de la municipalité a été en contact avec la Ville de Saint-Jérôme, jeudi. C’est d’ailleurs l’administration de la Ville de Saint-Jérôme qui a proposé cette solution. «On en a jasé brièvement, j’ai bien compris qu’il n’y avait pas d’intention mesquine derrière ça, c’était carrément juste de prendre une bonne idée», explique Michel Therrien, directeur des communications à la Ville de Saint-Jérome. «C’était très courtois, c’est une bonne collaboration», souligne M. Désaulniers.

Michel Therrien considère même de réactiver la campagne à Saint-Jérôme, vu l’engouement créé par cette controverse, qui a fait beaucoup jaser au cours de la semaine. Si cela arrivait, l’administration apposerait un collant semblable à celui que l’on retrouvera à Saint-Boniface, seulement, le nom de Saint-Jérôme sera changé pour celui de Saint-Boniface.

Cette solution permet d’ajouter une touche d’humour à toute cette histoire de plagiat. «C’est un clin d’oeil qu’on fait, d’une part et d’autres, à l’incident», commente M. Therrien.

Le graphiste qui est à l’origine du concept de la campagne, Éric Raymond, se dit satisfait de ce dénouement. «Même si j’ai personnellement été très froissé cette semaine, ça se termine bien», dit-il.

Ce dernier affirme que des excuses auraient été présentées de la part de la Municipalité de Saint-Boniface. «Ce que j’ai entendu, c’est que la ville de Saint-Boniface s’est excusée de cette petite maladresse-là, il semblerait qu’ils vont me faire parvenir une lettre d’excuses», indique M. Raymond.

Une erreur sincère

«C’est un manque de connaissances qu’on a eu», commente M. Désaulniers, qui rappelle que selon lui, ce sont les journalistes qui ont fait de cette situation une «tempête dans un verre d’eau».

Éric Raymond croit également que la municipalité n’était pas mal intentionnée en reprenant son concept. «Je pense que c’est surtout un manque de connaissances au niveau du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle», affirme le graphiste.

Il mentionne même que cette controverse a permis à plusieurs personnes de parler du sujet de la campagne de sensibilisation. «Le point positif, là-dedans, c’est qu’on a parlé d’économie d’eau potable, je pense qu’on n’en a jamais autant parlé que cette semaine», dit-il en riant.

Même son de cloche du côté de M. Therrien, qui voit du bon dans cette saga des derniers jours. «On place l’intérêt environnemental au-dessus de cette bataille-là», souligne-t-il.

Une campagne presque identique

Rappelons que la pancarte installée à Saint-Boniface arborait le message: «Marie-Ève sait que l’asphalte de son entrée ne pousse pas. Ici, on économise l’eau!» On pouvait lire le même slogan sur la pancarte installée en 2017 par la Ville de Saint-Jérôme, excepté le personnage qui se nommait Jérôme, et non Marie-Ève.

Plus tôt cette semaine, le maire de Saint-Boniface Pierre Désaulniers mentionnait que les deux campagnes n’étaient «pas identiques», en raison de ce changement de nom.