Marie-Claude Camirand, candidate du Parti québécois dans Trois-Rivières.

Camirand toujours visée par une enquête

TROIS-RIVIÈRES — La récente nomination de Marie-Claude Camirand à titre de candidate pour le Parti québécois dans le comté de Trois-Rivières a soulevé des questions, notamment chez certains de ses adversaires politiques, qui n’ont pas manqué de rappeler que Mme Camirand fait actuellement l’objet d’une enquête de la part d’Élections Québec au sujet d’un courriel qui avait été envoyé durant la campagne électorale municipale de 2017.

On se souviendra que Mme Camirand avait envoyé un courriel à André Bertrand, qui allait quelque temps plus tard annoncer son intention de briguer la mairie. Ayant eu vent de ces rumeurs, Mme Camirand avait pris l’initiative de contacter M. Bertrand afin de l’inviter à se rallier au candidat Jean-François Aubin. Or, une phrase inscrite dans son courriel laissait place à interprétation, soit «Jean-François peut assurément te faire une place dans son équipe et, après le 5 novembre, il ne t’oubliera pas, c’est certain».

Cette phrase avait notamment incité un électeur à porter plainte à Élections Québec, en vertu de l’article 590 de la Loi sur les élections municipales qui stipule que «Commet une infraction quiconque, par lui-même ou par l’intermédiaire d’une autre personne, obtient ou tente d’obtenir qu’une personne pose sa candidature à un poste de membre du conseil, s’abstienne de le faire ou retire sa candidature en lui promettant ou en lui accordant quelque don, prêt, charge, emploi ou autre avantage ou en lui faisant des menaces».

Une personne qui serait reconnue coupable de cette infraction commettrait, toujours selon la même loi, une manœuvre électorale frauduleuse, ce qui aurait pour conséquence l’imposition d’une amende allant de 5000 $ à 20 000 $, mais aussi l’interdiction, pour cinq ans, de se livrer à un travail de nature partisane, ce qui inclut aussi la possibilité de voter ou de se porter candidat à une élection, peu importe le palier gouvernemental, explique Élections Québec.

L’organisme ne confirme pas qu’une enquête est actuellement en cours au sujet du courriel de Marie-Claude Camirand. Toutefois, Le Nouvelliste a appris que plusieurs personnes ont déjà été contactées par le même enquêteur d’Élections Québec, dont André Bertrand, qui confirme avoir eu des nouvelles il y a peu de temps que l’enquête était toujours active.

De son côté, le candidat du Parti vert dans Trois-Rivières, Adis Simidzija, a lui aussi été contacté, alors qu’il s’était momentanément porté candidat à la mairie avant de se retirer de la course. Les enquêteurs auraient voulu savoir s’il avait lui aussi été contacté par Mme Camirand, ce qui ne s’est pas produit assure-t-il. «Pourquoi n’en a-t-il pas été question durant la course à l’investiture? Je pense que lorsqu’on est sous enquête, on ne devrait pas se présenter tant que l’enquête n’est pas terminée. En a-t-elle informé le parti», se demande le candidat du Parti vert.

Bien sûr que le Parti québécois en a été informé, réplique Marie-Claude Camirand. «Avant même de me porter candidate à l’investiture, j’ai mis carte sur table avec l’organisation, et tout le monde s’est dit à l’aise avec ça. Mon avocat et les avocats du Parti québécois se sont consultés, et ils en sont venus à la conclusion que ce n’était qu’une peccadille et qu’il n’y avait aucune raison de croire que l’enquête allait déboucher sur une déclaration de culpabilité», indique Mme Camirand.

La candidate rappelle que l’enquête devra notamment faire la démonstration qu’il y avait une intention derrière cette phrase. «Je connais ma propre intention et je n’avais aucune intention d’offrir quoi que ce soit. Cette phrase doit être interprétée et je suis très à l’aise avec ma position», commente Mme Camirand qui, par ailleurs, n’a toujours pas été rencontrée par les enquêteurs d’Élections Québec, ce qui devrait se faire sous peu.

D’ailleurs, Mme Camirand indique que s’il devait arriver qu’elle soit déclarée coupable, la sanction d’interdiction de travail ou d’activité partisane pour cinq ans ne s’appliquerait pas, étant donné qu’il s’agit d’une première offense. Toutefois, elle se dit plus que jamais confiante d’être blanchie dans cette affaire, mais ne croit pas que le résultat de l’enquête sera connu avant les élections provinciales du 1er octobre.