Une foule trop importante pour la capacité de la salle s’est présentée à rencontre d’information tenue par la STTR dimanche après-midi.

Cafouillage et frustration à la rencontre d'information de la STTR

TROIS-RIVIÈRES — Si la rencontre d’information qu’avait prévue la STTR dimanche après-midi se voulait un exercice de relation publique visant à rendre compte des changements qui s’opéreront sur son réseau à compter du 7 juillet, elle aura plutôt donné lieu à l’expression d’une grande frustration de la part des personnes présentes.

Il faut dire que la foule de quelque 200 personnes qui a répondu à l’appel de la Société de transport dépassait largement la capacité de la petite salle où était organisée l’activité. La présentation a vite tourné en échanges décousus entre Guy de Montigny, directeur général de la STTR, et des usagers qui en avaient visiblement plus pour les changements concrets qu’aura pour eux le virage annoncé que pour les études et la philosophie qui ont pu mener à la reconfiguration du réseau.

La rencontre n’a jamais pris l’allure anticipée. Aucun système d’amplification de la voix n’avait été prévu. Les gens se serraient les coudes à l’arrière de la salle, derrière les quelques places assises. D’autres étaient assis au sol. Un bon nombre de personnes n’a même jamais pu franchir la porte de la petite salle. Plusieurs ont rebroussé chemin, faute de pouvoir entrer. «S’ils voulaient vraiment nous entendre, ils auraient organisé ça mieux que ça», clamera un usager, visiblement frustré.

Les questions lancées de part et d’autre, à tout moment, étaient pour la plupart inaudibles au bout opposé de la salle, alimentant la grogne de la foule. Dans le chaos des échanges et devant l’ambiance générale, nombreux sont ceux qui ont préféré quitter la rencontre avant la fin.

Guy de Montigny aura eu beau vouloir revenir à sa présentation et reporter les questions à la fin, là où des chauffeurs avaient été mobilisés pour répondre aux usagers, rien n’y a fait. Au-delà de la frustration, l’inquiétude était palpable chez ces derniers. Et c’est celle-ci qui aura finalement dicté le rythme de l’exercice.

Au nombre des préoccupations exprimées, le déplacement du terminus du Centre commercial les Rivières vers l’entrée principale de l’UQTR aura été maintes fois évoqué. Une intervenante s’est attiré les applaudissements de la foule en criant «il y a combien d’étudiants ici?» alors qu’une seule main s’est levée.

Survoltés par moment, certains se sont permis de verbaliser leur frustration de manière très directe. «Je pense que monsieur de Montigny ne prend pas souvent l’autobus», lancera l’un d’eux. «Vous donnez plus de services aux étudiants qu’au monde ordinaire», scandera un autre.

Guy de Montigny est resté de marbre jusqu’à la fin. Faisant montre de patience, il aura répondu à toutes les questions. L’exercice, qui devait ne durer qu’une quinzaine de minutes avant que la foule ne soit redirigée vers les chauffeurs pour les questions plus pointues, s’est étiré largement au-delà de ce qui était prévu.

Au terme de la rencontre, M. de Montigny refusait de poser un constat d’échec. S’il concède que l’on avait sous-estimé l’achalandage, il maintient qu’il était nécessaire de faire un peu de didactique sur la démarche de la STTR. «C’est important de savoir d’où on vient pour dire vers où on va», soutient-il.

«Évidemment, les gens sont préoccupés», convient le directeur général. Or, il explique que la démarche de la Société de transports en est une d’accompagnement.

«On essaie de rencontrer toutes les attentes des gens, mais évidemment, on n’est pas en mesure de le faire. On essaie de combler le plus grand nombre de besoins possible», fait-il valoir.

La STTR poursuivra ses séances d’information cette semaine, dans des salles d’une plus grande capacité, souligne-t-on. Celles-ci auront lieu au Centre communautaire Jean-Noël Trudel, du secteur Cap-de-la-Madeleine, à 18 h 30 lundi, et au Pavillon communautaire de la côte Richelieu du secteur Trois-Rivières-Ouest, mardi à 18 h 30. Des «agents facilitateurs» seront déployés dans le réseau pour accompagner les usagers dans les changements qui prendront place à compter du 7 juillet, indique-t-on.