Une dizaine de millimètres de verglas sont attendus lundi.

«Ça risque d’être chaotique»

TROIS-RIVIÈRES — Il faudra chausser les crampons et faire preuve de patience au volant, une dizaine de millimètres de verglas sont attendus lundi. La région ne sera pas épargnée par la tempête printanière, mais dame nature a donné un peu de répit aux citoyens de la Mauricie durant le week-end. Certains ont profité de la situation, d’autres ont dû «composer avec».

«On attend beaucoup de verglas lundi. Ça va durer pratiquement toute la journée. On parle de plus de 12 heures de pluie verglaçante. On pourrait recevoir jusqu’à 10 mm. C’est quand même 1 centimètre de glace. C’est pas mal. Comme il n’y a pas beaucoup de neige de prévue, le verglas va tomber sur une surface dégagée, ce sera dur à gratter et ça risque d’être chaotique», a commenté Amélie Bertrand d’Environnement Canada.

Les experts d’Environnement Canada soutiennent d’ailleurs que la situation pourrait s’apparenter davantage à une fin du mois décembre ou un début de janvier. Une situation particulièrement «inhabituelle à la mi-avril».

Plus au nord, les secteurs de La Tuque et de Lac-Édouard recevront également des précipitations, mais en plus faible quantité.

Des skieurs heureux
Certains amateurs de ski ont pu prolonger leur saison à Vallée du Parc. Malgré la température fraîche et le vent, ils ont été des centaines à dévaler les pentes, avec le sourire accroché aux lèvres.

«Les conditions étaient vraiment super. Pour nous, ce n’était pas une question de rentabilité. On n’ouvrait pas pour battre un record, on voulait simplement faire plaisir aux skieurs. On trouvait que les conditions étaient vraiment super, ç’aurait été plate de s’en passer. On est super satisfait», a lancé la directrice marketing et communication à Vallée du Parc, Annik Bousquet.

Des oies blanches malgré le froid
Les oies blanches ne semblent pas incommodées par la température, elles sont au rendez-vous à Baie-du-Febvre au Centre-du-Québec tout comme les observateurs.

«Le froid ne les dérange pas. Ce sont des oiseaux qui ont une certaine endurance et ils s’en vont vers le nord. Ils voyagent moins durant la journée quand les vents sont plus fort. Ils restent plus dans les champs pour se nourrir et ils reviennent sur l’eau en fin de journée […] Depuis une semaine et demie, on estime que 175 000 oies blanches ont fait escale. C’est une estimation évidemment. Si toutefois, on avait vraiment de la très mauvaise température, il y a certaines oies qui vont quitter pour aller où la température est plus clémente, mais elles vont revenir», a souligné la responsable du centre d’interprétation de Baie-du-Febvre, Nathalie Grandmond.

Les oies blanches sont arrivées à la fin du mois de mars, et le spectacle se poursuivra pendant encore quelques semaines. Les visiteurs peuvent également profiter, en nouveauté, d’une petite boutique qui offre des produits du terroir directement au Centre.

Des annulations dans les garages
Le bonheur des uns fait souvent le malheur des autres. Si on se réjouit dans les pentes, il en est autrement dans les garages où l’on doit jongler avec l’horaire et les annulations. Le mélange de précipitations attendu a fait peur à plusieurs clients qui avaient prévu faire changer leurs pneus d’hiver.

«C’est au ralenti présentement et les gens annulent. La tempête fait peur, mais il y a des gens qui font le changement quand même. […] Quand la température va atteindre entre 8 et 10 degrés le jour, là ça va bouger et on va être très occupé», a lancé Éric Lafontaine du Garage Levesque à Shawinigan.

D’un bout à l’autre de la région, on sent que la «saison des pneus d’été» tarde à prendre son envol. On se prépare à voir arriver les clients en grand nombre dans les prochaines semaines.

«Habituellement c’est vrai qu’on est pas mal plus dans le rush à ce temps-ci de l’année», a indiqué Dominic Legendre, gérant du Garage Jean Bureau à Trois-Rivières.

Même à La Tuque, où l’affluence se fait sentir plus vers la fin du mois d’avril, on sent que les clients sont plus frileux. Par ailleurs, tous s’entendent pour dire que l’urgence de faire changer les pneus au printemps est moins importante qu’à l’automne.

«Le rush du printemps par contre est beaucoup moins pire qu’à l’automne. À l’automne, quand il commence à neiger, on sent la pression et tout le monde arrive en même temps. Au printemps, c’est moins pressant», a souligné Benoît Germain, copropriétaire du Garage Germain & Audy à La Tuque.

Pas l’idéal, mais pas la catastrophe pour les Érablières
Dame nature a fait la vie difficile aux artisans de l’érable dans la région, mais malgré tout, on pense bien s’en sortir et les amateurs ont été au rendez-vous en grand nombre pour le temps des sucres qui tire à sa fin.

«C’était trop froid. C’était de petite coulée. Il y a de grosses chances que ça se termine cette semaine. J’ai rarement vu un printemps à l’envers comme ça. On espère se rattraper un peu cette semaine. On va peut-être réussir à faire la même quantité que l’an passé aussi. […] Dame nature est difficile à comprendre ces temps-ci. Par contre, les gens sont au rendez-vous. À la fin du compte, j’ai l’impression que ce ne sera pas si pire que ça», a lancé Ginette Leboeuf, copropriétaire de la cabane à sucre Ginette et Marcel Leblanc à Saint-Prosper.

Le son de cloche est sensiblement le même au domaine du Sucrier à Saint-Boniface où l’on servira des repas jusqu’au 29 avril inclusivement.

«Au niveau de la coulée de l’érable, on commence à bouillir. On pense que ça va être bon quand même, mais reste que ça va être plus tard que d’habitude pour atteindre la quantité de sirop qu’on fait chaque année […] Il y a deux ans, les gens venaient ici en shorts et il faisait 16 dehors», a fait remarquer, Marie Berthiaume.

Au Club Odanak, on accueillait les gens de la Haute-Mauricie pour une expérience cabane à sucre pour la première fois. Là aussi la température a fait des siennes.

«Du côté de la coulée, ç’a été moyen, très moyen en raison de la température. Par contre, c’est une saison au-delà des espérances pour une première année. Ça promet pour l’an prochain, et on va juste souhaiter que dame nature nous aide un peu», a lancé Steve Lacasse, gérant du Club Odanak.