Le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos à l’ABI, Clément Masse.

«Ça ressemble au nôtre»

BÉCANCOUR — «Je trouve ça effronté de la part de l’UQTR. C’est un lock-out qui ressemble au nôtre. C’est un peu le même style, un style d’employeur qui veut se débarrasser de la responsabilité de nous avoir mis en lock-out et faire porter l’odieux aux travailleurs. Ça ressemble un peu au même cas que chez nous, un employeur qui ne veut pas négocier et qui ne respecte pas ses employés».

Voilà comment le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos à l’Aluminerie de Bécancour, Clément Masse, a commenté le conflit qui vient d’éclater à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Celui-ci juge «complètement stupide» que l’UQTR mette ses professeurs en lock-out sous prétexte de préserver la qualité de l’enseignement. «Leur communiqué ressemble à celui que notre employeur a sorti le 8 mars», fait-il remarquer.

Par contre, le président syndical ne voit pas dans le lock-out à l’UQTR «un effet Alcoa» car, dit-il, la convention collective des professeurs est échue depuis près d’un an.

«Ça fait longtemps que leur contrat est fini. Les discussions achoppaient, mais au point où l’employeur est obligé de mettre les profs en lock-out, je ne la comprends pas trop. D’ailleurs, ce sont les étudiants qui vont écoper un peu de ça. Et si leur préoccupation, c’est les étudiants et l’enseignement de qualité des étudiants, je peux dire qu’ils ont pris une drôle de décision. Leur décision n’est pas cohérente avec leurs paroles», a-t-il ajouté.

Interrogé à savoir si son syndicat ira appuyer les professeurs sur une éventuelle ligne de piquetage, M. Masse répond qu’il est trop tôt pour y penser.

«Ce n’est pas impossible. Il faut que j’en parle aux autres. On va toujours soutenir les gens qui sont en conflit, on l’a tout le temps fait. C’est sûr que là, on est en conflit. Si on règle, on va donner des appuis. Dans un premier temps, il faut régler chez nous», a-t-il expliqué.

Par ailleurs, ce dernier est en attente d’une décision du Tribunal administratif du travail pour faire cesser le recours à des briseurs de grève chez ABI. Le syndicat a plaidé sa demande, mardi, à Québec.

À la suite d’une enquête effectuée le 24 avril dernier par le ministère du Travail, accompagné de représentants syndicaux, le syndicat a constaté la présence de quatre personnes qui effectuaient du travail normalement effectué par des travailleurs en lock-out ou qui remplaçaient des cadres affectés au travail de ces syndiqués.

Cette démarche survient au moment même où le médiateur spécial, Lucien Bouchard, tente de rapprocher les parties et que l’employeur est à préparer une nouvelle proposition. Et la semaine prochaine, une délégation syndicale se rendra à Pittsburgh pour manifester en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires d’Alcoa.

Entre-temps, jeudi, le coordonnateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), David Chartrand, se rendra devant l’usine d’ABI pour soutenir les lockoutés de la section locale 9700. Pour l’occasion, il sera accompagné d’une délégation d’une quinzaine de machinistes. Ces derniers remettront le fruit d’une collecte effectuée dans les rangs syndicaux des machinistes.