«Ça nous a excessivement déçus»

La Tuque — Le maire de La Tuque a peut-être finalement eu une réponse positive concernant ses demandes à Hydro-Québec, mais le tout ne s’est pas fait sans désagrément. Mardi soir lors de l’assemblée publique, il a souligné sa grande déception vis-à-vis deux organismes économiques du milieu latuquois qui ont refusé d’appuyer ses démarches avec la société d’État. Il a même indiqué qu’il faudra, pour la SADC du Haut Saint-Maurice et la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Mauricie (CCIHSM), «rebâtir la confiance avec le Conseil de façon à devenir de meilleurs partenaires dans l’avenir».

«Je vais être prudent dans mes commentaires […] Ce sont les conseils d’administration qui ont pris ces décisions-là et non les membres. On avait de l’appui partout dans la province, mais c’est dur de l’avoir de deux organisations dans notre milieu… On pensait que ces gens-là travaillaient en partenariat avec nous autres et ça ne semble pas être le cas», a lancé d’entrée de jeu, Pierre-David Tremblay

«On ne peut pas toujours être d’accord. Mais si on veut sortir du bourbier dans lequel on est, on a besoin de tout le monde. Ça nous a excessivement déçus. Les ponts ne sont pas coupés avec ces organisations-là, je veux être clair. Par contre, vous savez, dans la vie, il faut être deux pour danser», a ajouté le maire.

Dans sa lettre, la Chambre de commerce explique que la demande a été rejetée à l’unanimité par les membres du conseil d’administration. Elle indique, entre autres, qu’aucun de ses membres ne les a interpellés face à ce sujet, que ce soit face aux conséquences d’une coupure d’électricité passée ou à venir.

«De plus, nous misons sur l’excellente collaboration de notre organisation avec Hydro-Québec afin de tout mettre en œuvre pour maximiser la rétention des retombées économiques dans notre région dès le début des travaux de réfection des barrages hydroélectriques, ce qui est grandement dans l’intérêt de nos membres», peut-on lire.

Du côté de la SADC, on indique que l’organisme reconnaît que les coupures d’électricité peuvent représenter un défi de gestion pour les entreprises du territoire, car elles doivent prévoir des moyens palliatifs pour réduire les impacts possibles sur leurs services. Mais encore là, on a indiqué qu’aucun membre n’avait manifesté de mécontentement en ce sens.

«Il est difficile pour nous de vous offrir l’appui demandé sous forme de lettre écrite. Cependant, nous demeurons à l’affût advenant le cas où des situations problématiques seraient portées à notre connaissance en lien avec des coupures d’électricité. D’ici là, nous encourageons le conseil municipal à poursuivre ses discussions avec la société d’État afin de trouver des solutions à la satisfaction des parties impliquées», peut-on lire dans la lettre du président de l’organisation, Éric Couture.

Deux lettres qui sont difficiles à digérer pour le maire de La Tuque qui soutient que la municipalité n’a «peut-être plus la même vision de ce que l’on appelle un partenariat».

«Il y a des partenaires or, argent, bronze pour ne pas dire prestige, mais tu peux aussi être collaborateur. La Ville, dans ces deux organisations-là, va être probablement un collaborateur», a-t-il lancé.

Du côté des deux organisations, on n’a pas souhaité commenter la sortie publique du conseil municipal.

«La Chambre de commerce ne s’est jamais positionnée à l’encontre de la teneur des demandes ou de l’amélioration des services, elle a seulement refusé d’appuyer formellement la ville dans le contexte et au moment où les demandes ont été formulées, pour les raisons clairement exposées dans notre lettre», a indiqué Mélanie Ricard, présidente de la CCIHSM.

De son côté, la SADC a fait savoir que son conseil d’administration n’avait pas l’intention d’émettre de nouveaux commentaires sur le sujet.

«Nous préférons parler de cette situation en privé directement avec les gens concernés», a noté Tommy Déziel, directeur général de la SADC.