Marcel Lupien

«Ça ne se termine pas comme je voulais»

Louiseville — «C’est une belle carrière et ça ne se termine pas comme je voulais. Il y a une différence entre quitter et prendre sa retraite. Je quitte. On laisse ça à d’autres personnes.»

Marcel Lupien accrochera définitivement son casque de directeur du service de sécurité incendie de Louiseville le 1er juin. Il mettra ainsi fin à une carrière de 42 ans comme pompier à Louiseville, mais il aurait préféré une sortie de scène plus joyeuse.

En fait, le directeur du service depuis les 14 dernières années a rejeté une demande émanant de la direction générale de la Ville. Yvon Douville désirait instaurer des cases horaires fixes pour le chef des pompiers. M. Lupien a refusé et a tout simplement décidé de laisser sa fonction, lui qui occupe dorénavant un poste à temps partiel chez son employeur régulier afin de jouir d’un peu plus de liberté.

«Je consacre de 20 à 25 heures par semaine comme pompier. Je fais mon travail de façon aléatoire. J’ai déjà fait des rapports chez moi, j’ai déjà complété des dossiers chez moi, j’ai fait des téléphones pour le service à partir de chez moi, on organise des réparations de véhicules. Chez Canadel (où il est responsable de la sécurité), je suis à deux jours par semaine et ça fait mon affaire. Avec un bloc horaire à la Ville, je serais obligé d’entrer à des heures fixes. M’en aller à horaire fixe, je n’ai aucun intérêt. Je ne suis pas heureux, mais pas en colère non plus. Je suis le seul sans horaire fixe, mais ça fait 14 ans que tout marche. Pourquoi maintenant?»

Yvon Douville, directeur général de la Ville de Louiseville, explique pourquoi il veut mettre en place un système d’horaire fixe avec présence au bureau.

«Étant donné l’ampleur du service, les mesures d’urgence, le schéma de couverture de risques, les exigences sont là. Il fallait, dans ma vision, installer un système plus fixe lorsqu’on allait remplacer M. Lupien. Il y a des avantages avec des heures fixes. M. Lupien est très joignable. Mais parfois, on a besoin d’accéder à des dossiers sur place. C’était la façon convenable, selon moi. Je l’ai proposé à M. Lupien. Il aime avoir un mode de fonctionnement moins encadré qui lui convient plus en ce moment durant lequel il veut plus profiter de la vie», mentionne M. Douville.

Les premières journées ayant suivi sa décision ont été difficiles, reconnaît Marcel Lupien. Mais plus le temps passe, plus il est serein à mesure qu’il s’approche de la fin d’une carrière amorcée en 1977 à la défunte Paroisse de Louiseville sous les ordres de Jean-Marie Savoie.

«Je quitte et j’y trouve mon compte. Je ne veux pas faire de tempête avec la Ville. Je veux partir la tête haute et avec la satisfaction du devoir accompli. Et à ce niveau, je suis extrêmement satisfait», indique M. Lupien, en saluant la qualité et la passion de l’équipe des pompiers de Louiseville.

Le maire, Yvon Deshaies, affirme que cette orientation prise par le directeur général relève justement du mandat de ce dernier.

«C’est une décision de l’administration. Les discussions ont eu lieu entre M. Lupien et M. Douville. Je ne touche pas à l’administration, je laisse travailler nos cadres.»

Selon M. Deshaies, il est triste de perdre M. Lupien pour une question d’horaire. Et comme ancien pompier ayant évolué sous ses ordres, M. Deshaies n’a que de bons mots à son endroit.

«Marcel Lupien a été un bon chef.»

Un comité de transition a été mis sur pied jusqu’à la nomination du prochain chef. Le comité est composé d’Alain Béland, directeur adjoint, de Sylvie Noël, conseillère municipale responsable de la sécurité incendie, et de M. Douville.