Robert Ricard demeurera le président du CA de l’UQTR pour la prochaine année.

CA de l'UQTR: le président et la vice-présidente réélus

TROIS-RIVIÈRES — Le conseil d’administration de l’Université du Québec à Trois-Rivières a réélu, lundi, Robert Ricard à la présidence et Lyne Pépin à la vice-présidence pour un nouveau mandat d’un an dans les deux cas.

Ces renouvellements surviennent alors que les professeurs sont toujours en train de voter sur l’offre globale et finale déposée par la direction, la semaine dernière et rejetée par le conseil syndical à 94 %.

Le prolongement des mandats survient aussi dans le contexte toujours difficile qui suit la fin du lock-out des professeurs. Le Nouvelliste a d’ailleurs reçu copie d’une résolution de l’assemblée départementale du département de psychologie de l’UQTR, qui a adressé une motion de blâme au Conseil d’administration de même qu’à la haute direction pour avoir
décrété ce lock-out qui a lourdement perturbé les activités universitaires.

C’est la toute première fois que le conseil d’administration est directement ciblé, dans ce dossier, par une assemblée départementale.

Selon le négociateur en chef, René Lesage, l’assemblée générale spéciale des membres tenue lundi laissait entrevoir que le vote des professeurs se soldera par un rejet de cette ultime offre. Selon le Syndicat, il s’agit en effet de la même offre déposée illégalement, il y a quelques semaines, par la partie patronale qui en avait fait parvenir un exemplaire à tous les professeurs passant ainsi par-dessus le comité de négociation.

C’est vendredi, rappelons-le, qu’une loi spéciale devrait mettre fin officiellement à la négociation. C’est du moins ce qu’avait annoncé le recteur, Daniel McMahon, après avoir eu une discussion avec le premier ministre Philippe Couillard, à la mi-mai au sujet de la levée du lock-out.

«J’ai demandé au gouvernement d’adopter une loi spéciale», avait déclaré le recteur devant les médias, une entente entre gentlemen avait-il indiqué, mais les mots «loi spéciale» n’ont toutefois jamais été prononcés par la bouche du premier ministre ou de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

Le recteur avait affirmé aux médias qu’il avait obtenu la parole de M. Couillard à l’effet que ce dernier adopterait une loi spéciale le 15 juin si les négociations n’aboutissaient pas. Le recteur avait aussi déclaré que si la médiation n’aboutissait pas à un règlement négocié «et que le médiateur atteste du manque de collaboration de la partie syndicale, le gouvernement légiférera avant la fin de la session parlementaire qui se termine le 15 juin.»

Or, c’est peut-être dans ces paroles que se trouve la porte de sortie face à cette menace de loi spéciale.

Dans un document envoyé récemment à ses membres, le Syndicat des professeur(e)s de l’UQTR signalait en effet qu’il avait nettement fait preuve de collaboration.

Le Syndicat n’a exercé en effet aucun moyen de pression et il a même annulé sa réunion visant à obtenir un mandat de grève afin de faire preuve de bonne foi et c’est l’UQTR, rappelle le Syndicat, qui a quitté la table des négociations en déposant une offre globale et finale, la semaine dernière.

Notons que les manifestations exercées au cours des dernières semaines ont été initiées de façon autonome par les professeurs eux-mêmes et non par le Syndicat.

À moins que le vent tourne et que le vote des professeurs, qui se terminera aujourd’hui, mercredi, à midi, soit en faveur du dernier dépôt global et final de la direction, les négociations n’auront finalement pas abouti dans les temps prescrits et il reste maintenant à savoir ce qui se passera le vendredi 15 juin, alors que l’eau aura fini de s’écouler de la clepsydre.

La ministre David ne veut pas commenter le dossier avant la fin du vote de professeurs, a indiqué son attachée de presse, mardi.

En attendant, les professeurs de l’UQTR continuent de recevoir des appuis de partout au Québec. L’Association des professeur(e)s à temps partiel de l’Université Concordia écrivait, le 5 juin, une lettre de soutien dans laquelle elle demande à l’UQTR «de tirer leçon de ses actes et de retourner à la table des négociations afin de négocier de manière juste et franche.»

Lyne Pépin restera la vice-présidente du CA de l'UQTR.