Louis Plamondon

Budget: déception dans la région

Pour le député bloquiste de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, le budget Morneau n'est «pas épatant et plein d'intrusions».
«Ce n'est pas un budget très innovateur. Il y a beaucoup de petites choses qui sont touchées en termes de crédit d'impôt pour les aidants naturels, les personnes handicapées. Mais il y a beaucoup d'intrusions dans des domaines provinciaux.
On veut instaurer le système de garde national hors Québec. Normalement, il y a une obligation de compensation pour le Québec. Là-dessus, on va être aux aguets. Même chose pour les congés parentaux», a-t-il fait savoir.
Tout comme il dit s'inquiéter de la refonte relative à la formation de la main-d'oeuvre. 
«Il y a une unanimité au Québec en ce qui regarde le patronat, les syndicats, le monde universitaire. On a eu des démarches très constructives et ça marche très bien la formation au Québec. S'ils s'embarquent dans cette réforme, il va falloir que ce soit par des transferts au Québec et non pas en appliquant des politiques canadiennes. Il y a beaucoup d'intrusions dans ce budget», a-t-il répété.
Comme autres déceptions, le doyen à la Chambre des communes identifie l'absence de compensation en agriculture et le dossier du bois-d'oeuvre où, dit-il, c'est la position de la Colombie-Britannique qui a été entendue.
Ruth Ellen Brosseau
«C'est une occasion manquée»
«C'est une occasion manquée de bâtir une économie équitable.» Voilà comment la députée néo-démocrate de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, a accueilli le nouveau budget fédéral.
En charge du dossier de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour son parti, elle dit avoir cherché en vain dans les prévisions budgétaires les moindres compensations pour l'industrie laitière, et ce, malgré les promesses libérales.
«Rien dans le budget là-dessus. Et j'ai rencontré des représentants syndicaux dans l'industrie du bois-d'oeuvre, car l'industrie forestière, c'est important. Encore là, rien, même pas le mot bois-d'oeuvre. Ça nous préoccupe énormément», a-t-elle confié au Nouvelliste.
Rien pour régler le problème Phénix, rien comme investissement pour réduire le travail précaire, à temps partiel «alors que le taux de chômage augmente chez nous», rien pour assurer la création d'emplois à temps plein de bonne qualité: voilà autant de doléances qui l'amènent à dire «qu'on n'est pas content».
«On accueille de façon favorable des investissements dans le logement abordable, mais c'est 11 milliards en dix ans répartis à travers le Canada. On va avoir quoi dans Berthier-Maskinongé? On ne pense pas que ça va assez loin. Ils ont pris beaucoup de retard là-dedans», fait remarquer Mme Brosseau, qui a aussi parlé d'équité salariale, d'évasion fiscale et de privatisation des infrastructures publiques.
Robert Aubin
Rien de très réjouissant pour Trois-Rivières, selon Robert Aubin
Pour le député de Trois-Rivières, Robert Aubin, le budget présenté par le gouvernement libéral ne contient rien de très réjouissant pour Trois-Rivières.
L'élu néodémocrate aurait bien aimé que le budget déposé par le ministre des Finances, Bill Morneau, contienne des mesures concrètes concernant notamment le projet de train à grande fréquence et une aide supplémentaire destinée aux victimes de la pyrrhotite.
«Il y a bien des sommes importantes accordées à Via Rail, de l'ordre d'environ 860 millions $, mais c'est sur trois ans. Je ne pense pas que ce soit suffisant pour que Via Rail se lance dans un projet de train à grande fréquence. Ça aurait pu être financé dans le programme des infrastructures, mais le budget est muet à ce sujet», mentionne celui qui se trouve présentement au Vietnam pour une rencontre de la Commission des affaires parlementaires de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
M. Aubin déplore également que le mot pyrrhotite soit totalement absent du texte du budget.
«On aurait pu espérer que le gouvernement finance au moins une étude scientifique sur la qualité des agrégats du béton pour, entre autres, éviter la tenue d'un procès pour toutes les victimes qui sont dans la zone grise [dont les fondations contiennent moins de 0,23 % de pyrrhotite] et qui vivent tous les désagréments économiques liés à la pyrrhotite, sans nécessairement avoir accès aux compensations. Il n'y a pas d'autre moyen pour résoudre cette problématique que d'établir une norme scientifique. Et ça, ça relève du gouvernement fédéral, mais il est muet à ce niveau-là aussi», poursuit le député.