La comédie musicale Le Phénix d’Amos Daragon a été conçue pour être exportée en Chine.
La comédie musicale Le Phénix d’Amos Daragon a été conçue pour être exportée en Chine.

Bryan Perro voit les négociations suspendues pour la diffusion de son spectacle en Asie

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — La crise qui secoue la Chine avec la propagation du coronavirus se répercute jusque chez Culture Shawinigan. Son directeur général et artistique, Bryan Perreault, reconnaît que tout échange pour finaliser une entente portant sur la présentation de spectacles dans ce pays en 2021 est suspendu en raison de ce contexte pour le moins particulier.

L’auteur et responsable de Culture Shawinigan a beaucoup travaillé sur le renforcement des liens avec la Chine au cours des dernières années. En 2017, il a d’abord signé une entente de distribution pour sa série Amos Daragon dans ce vaste pays. Puis, le spectacle Le Phénix, présenté au Centre des arts pour la première fois l’été dernier, a été conçu pour être exporté en Chine. Or, au moment où les négociations s’intensifiaient, le contexte politique et ce satané virus mettent du sable dans l’engrenage.

Depuis décembre 2018, l’arrestation de la directrice des finances du géant chinois des communications Huawei en Colombie-Britannique, à la suite d’une demande formulée par les États-Unis, a considérablement refroidi les relations avec le Canada. D’ailleurs, deux Canadiens sont détenus en Chine, des arrestations interprétées comme des mesures de représailles.

Puis, voilà maintenant que le coronavirus sème la panique. Plus de 200 personnes infectées sont décédées en Chine depuis le mois de décembre et environ 10 000 sont contaminées dans ce pays, sans compter les cas qui se multiplient quotidiennement à travers le monde. L’Organisation mondiale de la santé vient de décréter un état d’urgence de santé publique de portée internationale en raison de cette épidémie.

«Il y a eu des problèmes entre le Canada et la Chine avec l’affaire Huawei et l’emprisonnement de Canadiens», rappelle M. Perreault. «Ça a refroidi un peu les ententes. Et maintenant, le coronavirus arrive! La Chine est fermée!»

«La semaine prochaine, je devais signer un contrat avec un agent de spectacles chinois», ajoute-t-il. «J’aurais pu aller jouer une dizaine de fois en 2020 en Chine, mais j’ai refusé parce que c’était trop compliqué, pour dix spectacles. On regardait pour 2021. Dans mon esprit, je ne peux pas y aller en bas de 30 spectacles. Il y avait un très grand intérêt de cet agent chinois. On va peut-être finalement signer, mais je ne sais pas quand!»

L’épidémie crée donc surtout de l’incertitude pour le moment.

«Les contacts avec la Chine sont difficiles présentement», observe M. Perreault. «Ils n’ont même plus le droit de se rassembler. Dans ce contexte, les théâtres font quoi? Ça ne fonctionne plus.»

«Pour le moment, ils n’ont pas envie de jaser de ce qui va arriver en 2021», fait-il remarquer. «Ils ont envie de gérer ce qui leur arrive présentement. J’aimerais savoir ce qui va suivre, parce que les discussions allaient bien. J’avais mon plan il y a deux semaines, mais là, je ne sais plus ce qui va arriver. Plus personne n’est joignable. Ils ont tous autre chose à faire.»

M. Perreault avait intensifié ses relations avec la Chine lors d’une mission économique et culturelle réalisée avec une délégation de Shawinigan, en avril 2018. À la suite de ce voyage, il était revenu emballé, convaincu que la comédie musicale Le Phénix serait présentée en Chine un jour.