Le déversement qui avait cours du poste de pompage de la rue Notre-Dame vers la rivière Saint-Maurice devra se poursuivre encore quelques jours en raison d’un bris majeur survenu mardi soir.
Le déversement qui avait cours du poste de pompage de la rue Notre-Dame vers la rivière Saint-Maurice devra se poursuivre encore quelques jours en raison d’un bris majeur survenu mardi soir.

Bris majeur d’une conduite: des dizaines de millions de litres d’eaux usées déversés dans le Saint-Maurice

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières devra poursuivre le déversement de ses eaux usées dans la rivière Saint-Maurice pour encore quelques jours. Un bris majeur d’une conduite de refoulement est survenu mardi soir à la hauteur des terrains d’Aleris, forçant la poursuite du déversement de dizaines de millions de litres d’eaux usées dans la rivière. Dans ces conditions, la Ville lance un appel à la population afin qu’elle réduise le plus possible sa consommation d’eau, réduisant du même coup la quantité déversée dans la rivière.

On se souviendra qu’un premier bris était survenu lundi à la station de pompage principale, sur la rue Notre-Dame Est dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Ce poste fait actuellement l’objet de travaux majeurs de réfection. Le bris a entraîné le déversement des eaux usées dans la rivière Saint-Maurice pour une journée. 

Mardi soir, les équipes venaient de réparer le bris vers 20 h 20 et s’affairaient à rediriger les eaux usées vers les étangs d’épuration des eaux du secteur Sainte-Marthe. À 21 h 30, l’équipe en place a constaté une importante baisse de la pression dans le réseau, pour découvrir qu’un autre bris était à l’origine d’une fuite majeure dans une conduite principale située à la hauteur de l’ancienne usine Aleris. Pas moins de 5000 mètres cubes d’eaux usées se sont déversés sur ce terrain, avant que le système cesse l’envoi d’eau et redirige les eaux usées vers la rivière, explique Guillaume Cholette-Janson, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

«Les équipes se sont mobilisées et ont aussi eu la collaboration du ministère de l’Environnement et d’Urgence Environnement. Heureusement, le déversement est survenu sur un terrain vague et les équipes ont procédé au pompage des eaux de surface à cette hauteur», indique M. Cholette-Janson.

Une importante opération devra toutefois être réalisée afin de réparer cette fuite majeure, ce qui pourrait prendre plusieurs jours, au cours desquels les eaux usées continueront de se déverser dans la rivière.

«Puisqu’un seul entrepreneur possède l’habilité de réparer ce type de matériel au Québec, il est possible que le déversement dure quelques journées. La Ville fait tout en son pouvoir pour que le bris soit corrigé le plus rapidement possible», indique la Ville, dans un communiqué.

On suggère, pour réduire la consommation d’eau, de reporter à une autre journée les activités qui nécessitent beaucoup d’eau, tel que la lessive, le lave-vaisselle ou encore la vidange de la piscine.

La station de pompage d’où provient le déversement traite pas moins de 97 % des eaux usées du territoire de la Ville de Trois-Rivières. Chaque jour, ce sont 70 millions de litres d’eau qui y sont traités.

Environnement

Pour l’organisme Environnement Mauricie, ce déversement démontre que le développement urbain ne peut faire autrement que de mettre toujours plus de pression sur le réseau de traitement des eaux, mais que l’effort qui doit être fait pour éviter de trop grands déversements est collectif.

«On peut comprendre que les citoyens soient dérangés par le déversement. Plus le développement urbain se fait, plus il y a de la pression sur le poste de pompage. Les infrastructures sont vieillissantes. Les citoyens ont toujours le loisir de questionner la Ville sur les investissements qu’elle est prête à faire pour ces infrastructures», considère la directrice générale d’Environnement Mauricie, Lauréanne Daneau.

Cette dernière rappelle un enjeu fondamental toutefois: la Ville traite l’eau usée des citoyens. «C’est un effort collectif. Pour arriver à réduire la pression sur le poste de pompage, chacun doit collaborer afin de réduire sa consommation d’eau potable», indique Mme Daneau, qui insiste aussi sur l’importance d’augmenter et de protéger les milieux naturels en ville, réduisant l’impact du pluvial sur le réseau.

«Ces milieux humides, ces espaces verts, ces boisés, ils jouent un rôle d’éponge et retournent l’eau dans le sol plutôt que d’engorger le système. Là-dessus aussi, les citoyens ont le loisir de questionner la vision de l’aménagement du territoire pour la conservation de ces espaces», considère-t-elle.