Yves Angers, propriétaire du Sonic, met sur le compte des travaux une baisse de l'achalandage dans son commerce de l'ordre de 30 % avec, en bout de piste, une perte de revenus équivalente.

Boulevard Trudel ouest à Saint-Boniface: les commerçants accusent une importante baisse d'achalandage

Les travaux qui ont cours sur le boulevard Trudel ouest à Saint-Boniface depuis le 25 juin ne sont pas sans causer quelques maux de tête aux commerçants qui y tiennent pignon sur rue. Une migraine qui affecte le bar Le Druide, le casse-croûte H&P et le dépanneur et station-service Sonic. Ce dernier, propriété d'Yves Angers, met sur le compte des travaux une baisse de l'achalandage dans son commerce de l'ordre de 30 % avec, en bout de piste, une perte de revenus équivalente.
«Il y a tellement de détours que les gens sont mélangés. Les touristes ou les gens de passage n'arrêtent plus chez nous. Au début des travaux, le boulevard était complètement fermé à la circulation. Même la population locale ne venait pas. Maintenant c'est la clientèle touristique qui nous boude. 30 % de moins, ce n'est pas rien! On subit les travaux depuis le 25 juin. La Ville nous dit que le boulevard sera ouvert en fin de semaine, mais rien n'est moins sûr. De toute façon, pour nous, la grosse période touristique est déjà passée. Toutes ces ventes, on ne les retrouvera pas», se désole M. Angers.
«Depuis que le boulevard est débouché, on commence à remonter tranquillement la pente, affirme une salariée du bar Le Druide. Les habitués continuent de venir, mais les touristes ne s'arrêtent pas. S'il y a une baisse de clients, il y a forcément une baisse du chiffre d'affaires et, comme je suis une employée à pourboire, une baisse de mon salaire.»
Un avis partagé par Carole Saint-Germain, propriétaire du casse-croûte H&P. Le restaurant rapide a enregistré un ralentissement de son achalandage d'environ 15 %. «C'est la clientèle passante qui ne s'arrête plus chez nous. Comme le boulevard Trudel est très passant, on a de la misère à récupérer cette clientèle. Généralement, le mois de juillet est le plus achalandé. Ce n'est pas alarmant, mais nous avons dû diminuer les heures de travail de nos employés.»
Un son de cloche identique au dépanneur Service. Depuis juin, le propriétaire a réduit comme peau de chagrin l'horaire de ses employés afin d'éponger les pertes financières essuyées. «Normalement, l'été, on engage deux personnes le soir, mais là on oublie ça. Ma conjointe, qui travaille ici, a eu moins d'heures. On profite un peu plus de l'été, mais on a hâte que les travaux soient terminés.»
Aux dires de plusieurs, les commerçants n'ont pas été consultés quant à l'échéancier des travaux. «On nous l'a imposé», avoue Mme Saint-Germain. Du même souffle, ils se demandent pourquoi la Ville a décidé d'effectuer des travaux majeurs en plein coeur de l'été. «Si la Ville avait fait ces travaux au mois d'août, ç'a aurait été bien mieux, croit M. Angers. Les touristes auraient pu ainsi avoir accès à notre commerce. Au début, la Ville nous avait dit que les travaux devaient avoir lieu au mois de mai et se terminer pour la Saint-Jean-Baptiste, mais ils ont été retardés d'un bon mois.»
À la Ville de Saint-Boniface, on se montre désolé des inconvénients encourus par des travaux qu'on ne pouvait pas se permettre de remettre à plus tard, tout en rappelant que les commerçants avaient été rencontrés à deux reprises. «C'est sûr qu'il n'y a jamais de bon moment. On a rencontré les commerçants pour leur expliquer la nature des travaux. Ils s'attendaient donc à une réduction de leur chiffre d'affaires. Ce qu'on avait convenu, c'est de retarder les travaux après la Saint-Jean-Baptiste, parce que c'est une bonne fin de semaine pour eux», assure Michel Mongrain, directeur des services techniques à Saint-Boniface.
«C'est malheureux pour les commençants, mais d'un autre côté, certains commerces et résidences avaient des refoulements d'égout dans leur sous-sol à chaque année. On vient donc de régler un problème qui était récurrent.»
Les travaux de réfection devraient être complétés dès le 1er août, le pavage de la chaussée ayant lieu le 29 juillet.
Comme les infrastructures d'une partie du boulevard Trudel ouest étaient désuètes, accusant plus de trente ans d'âge, la Ville de Saint-Boniface a procédé au remplacement des conduites d'aqueduc et d'égout sanitaire. Additionné à l'asphaltage de la voie publique, ce remplacement est estimé à un peu plus de 1,2 M$, un montant que la Ville remboursera sur une période de 15 ans. Bien que la comptabilité ne soit pas encore complétée, on s'attend à un dépassement de coût situé entre 15 000 $ et 20 000 $.