Le boucher Henrick Moisan invite les chasseurs à être généreux.

Boucher recherche chasseurs généreux

La période de chasse au gros gibier arrive à grands pas dans la région. Serez-vous un chasseur généreux? Pour une deuxième année consécutive, les chasseurs sont invités à donner une partie de leur butin aux plus démunis partout dans la province.
Les bouchers participants au programme Chasseurs généreux transforment la viande, l'emballent, la congèlent et la redonnent aux banques alimentaires. C'est le cas du Latuquois Henrick Moisan.
«C'est très valorisant autant pour moi que pour les chasseurs. Quand ils arrivent, ils sont fiers de leur prise et lorsqu'on parle du projet, ils trouvent ça très intéressant. C'est une bonne cause», lance d'entrée de jeu Henrick Moisan, propriétaire de la boucherie de gibier.
Chasseurs généreux est un programme de don de viande de gibier destiné aux personnes dans le besoin à travers la province. L'initiative a été inspirée d'un projet mis sur pied en 2013 dans le Bas-Saint-Laurent. 
Le déploiement provincial de Chasseurs généreux s'est fait l'an dernier par la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) qui coordonne, fait la promotion et assure la pérennité du programme. Le tout en collaboration avec le réseau des Banques alimentaires du Québec qui assurent la logistique, recueillent les dons et les acheminent aux bénéficiaires.
«On a recruté des bouchers, on a fait des trousses d'information. Ils ont reçu du nouveau matériel pour cette année. Maintenant qu'on a outillé nos bouchers comme il faut, on est rendu à sensibiliser les chasseurs. On veut les inciter à donner. Il va y avoir des campagnes cet automne pour cibler les chasseurs», a mentionné Hélèna Baron porte-parole de la FédéCP.
Ce sont d'ailleurs des membres de la FédéCP Mauricie qui ont parlé du programme à Henrick Moisan. Ce dernier n'a pas hésité. Il faut dire que ses installations lui permettaient de participer à un tel projet.
«Mes installations sont adéquates. Je suis capable et je veux faire ma part pour la société. Tout le monde passe par des hauts et des bas dans la vie. J'ai déjà eu des bouts difficiles moi aussi alors si je suis capable de convaincre les gens de donner juste un paquet, je me dis que c'est peut-être le paquet qui va permettre à quelqu'un de se sortir la tête hors de l'eau», soutient le boucher latuquois.
Il faut dire que c'est un programme volontaire. Le client décide lui-même de donner ou non. Le Latuquois met les affiches informatives de chasseurs généreux dans les vitrines, à l'entrée, dans l'espace de travail... partout où les clients sont susceptibles d'en prendre connaissance.
«Quand ils les voient, ils se questionnent. Ça me permet de leur en parler, sans mettre de pression», note M. Moisan.
L'objectif est fort simple, on veut permettre à des gens démunis, particulièrement les familles, d'avoir accès à de la viande de qualité. Les dons amassés dans la région sont redistribués dans la région.
«C'est une façon aussi de faire découvrir la viande sauvage. Il n'y a pas plus bio que de la viande d'orignal», estime le Latuquois.
L'an dernier, environ 40 % des clients de l'entreprise ont donné. Henrick Moisan s'attend toutefois à plus cette année pour plusieurs raisons.
«La température a beaucoup affecté la chasse l'an dernier. La dernière semaine dans la zone locale a été morte. [...] Cette année, tout est ouvert, le buck, la femelle et le veau. Ça va certainement changer les données. Si la météo est favorable, ça va être une très belle année. L'objectif, c'est de dépasser l'an dernier», souligne Henrick Moisan.
L'an dernier, ce sont quelque 400 livres de viande qui ont été reçues en Mauricie selon la FédéCP.
C'est Moisson Mauricie-Centre-du-Québec qui reçoit la viande récoltée par les différents bouchers participants.
«Ces actions-là pour nous sont grandement bénéfiques. Pour nous c'est important et ce qui est intéressant c'est que les personnes qui ont recours à l'aide alimentaire ont accès à des viandes qui sont moins communes. Ce sont des produits non disponibles sur le marché, mais au-delà de ça, la viande c'est un produit qui est très cher. Quand les gens coupent dans le budget, ils coupent dans la nourriture et encore plus dans les produits qui coûtent cher comme la viande», a souligné Geneviève Marchand de Moisson Mauricie-Centre-du-Québec.
Cette dernière n'a pas manqué de souligner que chaque mois, c'est 23 000 personnes en Mauricie et au Centre-du-Québec qui ont recours à l'aide alimentaire, dont 7000 enfants. 
D'autres bouchers ont également tenté l'expérience en Mauricie et au Centre-du-Québec. C'est le cas de Méchoui R. Caron & Fils à Saint-Luc-de-Vincennes.
«Je dois dire que jusqu'à maintenant ça ne fonctionne pas beaucoup ici, mais je ne les achale pas avec ça. On a décidé de l'essayer, et on va le réessayer cette année. On continue de l'afficher. [...] Avec plus de publicité, ça va peut-être nous donner une chance», a lancé le propriétaire Robert Caron.
À Grand-Saint-Esprit, Multicoupe Houlec Inc. a aussi emboîté le pas et invite les chasseurs à être généreux.
«On fait le test cet automne et on pense que ça devrait fonctionner. On trouve ça bien comme projet et normalement les chasseurs sont assez bons», a lancé Simon Houle.
En 2016, les dons des chasseurs ont dépassé 5300 livres ce qui représente 24 000 portions de viande de première qualité qui ont été distribuées.
Il est possible d'avoir plus de détails sur Chasseurs généreux et de consulter la liste complète des bouchers participants au http://chasseursgenereux.com.